Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 299 du 22 juillet 2003 - p. 12
De Nice à Lyon...
Un faux frère contre Perben

Dans la série de prosternations maçonniques qui, fin juin, a marqué le pseudo-deux-cents-soixante-quinzième anniversaire de l’arrivée de la franc maçonnerie en France par des réceptions solennelle des grands mamouchis des diverses obédiences par Chirac à l’Elysée, par Raffarin à Matignon et par Sarkozy au ministère de l’Intérieur, la plus directement efficace, la plus scandaleuse et la plus discrète tient sans doute au geste de Dominique Perben garde des Sceaux, ministre de la Justice.

Le 27 juin, en effet, c’est-à-dire après toutes les cérémonies évoquées plus haut, Perben a fait exécuter un ordre sans précédent dans l’histoire de la magistrature française.

Ses services ont publié sur Internet le texte intégral d’un rapport établi par l’Inspection générale des Services judiciaires (IGSJ) commandé deux ans plus tôt par son prédécesseur dans le gouvernement de cohabitation Jospin, Marylise Lebranchu militante d’extrême gauche liée à la franc maçonnerie.

Ce document de 140 pages présenté par les médias comme un réquisitoire contre les méthodes du procureur Eric de Montgolfier ne contient en réalité que des considérations sur la gestion administrative du Tribunal de Nice et rien qui soit de nature à jeter le doute sur l’intégrité du magistrat.

Mais le traitement médiatique de l’affaire a visé à accréditer le contraire auprès de l’opinion publique qui, bien entendu, n’a eu ni l’envie ni les moyens de vérifier sur pièces la nature réelle des reproches adressés au procureur.

La clef de cette affaire bizarre est tout entière dans le pouvoir que les mafias maçonniques détiennent sur le milieu politicien.

En l’occurrence, d’une part, les loges ont résolu d’avoir la peau du procureur Montgolfier qui, dès son entrée en fonction à Nice n’a pas hésité à déclarer la guerre à la mafia maçonnique qui, de son coté, a donc résolu de l’éliminer et, d’autre part, le Garde des Sceaux qui brigue la mairie de Lyon sait qu’il ne parviendra jamais à ses fins sans l’appui des loges.

Le geste sans précédent de Perben avait donc toutes les allures d’un sacrifice propitiatoire aux puissances des ténèbres.

Pour expliquer ce geste, d’aucuns prétendent que Perben serait un des cinq ministres de Raffarin que Bauer, chef Ayatollah de la secte Grand-Orientiste a publiquement revendiqués comme frères après avoir déclaré : « Chirac est plutôt philomaçon (...) en ce qui nous concerne, sur les valeurs essentielles, il n’a jamais manqué. »

La chose n’est pas avérée mais elle possible sinon probable, le propre frère du ministre, étant réputé appartenir à la secte.

D’autres soutiennent que c’est parce qu’il vise la mairie de Lyon à laquelle jamais personne n’a pu accéder sans être maçon ou sans bénéficier de l’appui de la maçonnerie.

Cela dit, rien n’est gagné.

L’opération de commando de Perben contre Montgolfier a en effet échoué pour trois motifs.

Le premier est la résistance de l’intéressé. Montgolfier a catégoriquement refusé de démissionner comme le ministre l’en sommait. Il a dénoncé les pressions et les menaces dont il avait été la cible et il a exigé d’être limogé si son dossier le justifiait et si Perben en avait le courage.

Perben a reculé.

Le second est le refus du Grand Orient de s’associer à la fatwa maçonnique contre Montgolfier. Les cibles de ce dernier étaient en effet presque uniquement des frères de la Grande Loge Nationale Française contre qui le Grand Orient mène une guerre sans merci (et parfois sanglante) depuis des années pour des motifs essentiellement liés a l’argent.

Le troisième est le rôle du maire de Nice Peyrat qui a joué la fable du pavé de l’ours en s’associant bruyamment aux ukase des francs macs exigeant le limogeage de Montgolfier.

Du coup, en obtempérant, Perben aurait eu l’air d’obéir non seulement à la secte tablière mais, ce qui est beaucoup plus grave à un politicien sur lequel pèse à jamais, bien qu’il ait bruyamment renié ses attaches avec Le Pen et le Front national, le soupçon d’avoir conservé des liens avec la Baîte immonde.

C’est un compagnonnage que Perben, déjà très embêté de devoir passer par l’incontournable Fillon s’il veut vraiment la mairie, ne peut vraiment pas prendre le risque de s’offrir.

En somme, si demain le Garde des Sceaux rate son examen d’entrée à la mairie de Lyon parce qu’il n’aura pas su séduire les loges, il pourra se prétendre victime de la vindicte de l’extrême droite.

La vie est compliquée, décidément...

Le Libre Journal
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