Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 299 du 22 juillet 2003 - p. 14
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L’Armée française,
ses animaux et ses hommes

Le Quatorze Juillet a mis les animaux à l’honneur : chien décoré de la brigade cynophile (pour s’être jeté devant son maître menacé par un assassin) et bélier laineux des troupes coloniales.

Avec un sens curieux des rapprochements, les concepteurs de ce même défilé ont voulu aussi célébrer les anciennes troupes coloniales.

Des jeunes qui ne cachent pas leur indifférence pour la Ce-Fran ont donc, intermittents du spectacle militaire, été revêtus des tenues de tirailleurs, chasseurs d’Afrique et autres spahis sous prétexte de rappeler l’héroïsme de leurs congénères dont le sang fut versé pour une métropole trop souvent oublieuse ou ingrate.

On a ainsi revu les chéchias, ces bonnets rouges auxquels, après la première guerre mondiale, on fixa trois bandes noires en souvenir des trois chefs de corps tombés à la tête de leurs hommes...

C’était l’époque aujourd’hui révolue où, pour un Cyrard, le rêve était de sortir dans un rang ouvrant à l’honneur d’un commandement dans une troupe coloniale ou à la Légion Etrangère et l’accès immédiat à l’élite des officiers français, fantassins, méharistes ou cavaliers.

Nombre de ces officiers passaient alors des heures, reconvertis en scribes, à enseigner l’écriture à leurs hommes illettrés voire à écrire, pour eux, à leur famille.

Combien de donneurs de leçon font aujourd’hui pour les immigrés ce que ces "brutes de la coloniale" faisaient pour leurs hommes ?

Cette armée d’Afrique avait su, dès le début, donner à ces régiments des caractères signant leur origine.

La chéchia des Chasseurs, le turban des Tabors, le fez des Tirailleurs étaient une marque de considération et il n’était pas besoin de Conseil de l’Islam de France pour manifester le respect des croyances de ces troupes.

Même leurs défilés respectaient la coutume.

Ainsi, marchaient-ils derrière El Kabbach, la tête (la caboche) comme on appelait traditionnellement, dans le maghreb, le mâle conducteur du troupeau.

L’un de mes plus forts souvenirs de petite enfance remonte aux funérailles du Maréchal De Lattre de Tassigny, le 11 janvier 1952.

Deux heures durant, écrasé contre une barrière, sur une avenue près des Invalides, j’ai vu défiler tout les uniformes rutilants et colorés des troupes coloniales françaises.

Brusquement apparut un détachement de Goumiers. Il était précédé d’un bélier aux cornes énormes, couvert de tapis et de pompons de laine multicolore, l’animal, avenant comme un vieux juteux, devait être tenu à deux longes.

Et là, juste sous mes yeux émerveillés, arrêtant net le défilé qui le suivait, El Kabbach compissa longuement le pavé parisien...

Quarante ans plus tard, les Chasseurs devaient renouer avec cette tradition en choisissant une mascotte dans le cheptel de la Bergerie Nationale de Rambouillet. C’était un superbe Bélier mérinos qui fut nommé Messaoud (le bienheureux).

Son "petit fils" a défilé lundi, cornes dorées, dos couvert d’un tapis bleu aux armes du régiment où brillait sa première décoration, le Premier-Jus Messaoud III sera bientôt caporal selon l’usage chez les mascottes.

Le retour aux traditions régimentaires ne s’est pas limité à cela.

L’aubade traditionnelle du début du défilé a été donnée cette année par le bagad de Lhann Biouet et ses cornemuses... et la nouba !

Formidable nouba des tirailleurs avec tambours, cuivres et chapeau chinois orné de queues de cheval qui ne se voyait plus qu’à la Légion Etrangère !

Que de souvenirs ! Que d’émotion !

Jusqu’au moment où l’on comprend que cette exaltation de l’armée d’un Empire disparu ne vise qu’à valider le mensonge d’un hexagone métis.

Ce que confirmait, complaisamment filmée par la propagande d’état, la beurette de service (femme et immigrée) qui, sous l’uniforme d’un de ces régiments d’Afrique d’opérette, assimilait, justement, les femmes et les immigrés en expliquant que l’Armée ne pratiquait pas l’exclusion.

L’armée comme facteur d’assimilation des peuples colonisés, cela n’a rien d’original et mérite effectivement d’être rappelé et salué : toute l’histoire militaire française témoigne de la réussite de cette mission et l’on se demande, une fois de plus, comment Chirac peut à la fois se vanter d’avoir maintenu cette mission et se flatter d’avoir supprimé la conscription...

A moins que l’armée ne soit plus aujourd’hui qu’un outil de normalisation de l’immigration-invasion.

Si c’est le cas, si la Grande muette n’est plus qu’un moyen de retarder le communautarisation qui menace de faire exploser la société française, alors il ne faut pas se limiter aux immigrés.

L’année prochaine, on pourrait par exemple coupler la Gay Pride et la revue du Quatorze Juillet en faisant défiler ces messieurs-dames au son du succès de Sardou "la folle du régiment".

C’est pour le coup que l’intégration serait achevée...

Saint-Plaix
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