Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 300 du 4 septembre 2003 - p. 2
Lettres de chez nous
Une époque dangereuse

Lorsque nous étions enfants, nous nous promenions en auto sans ceinture de sécurité ni airbags.

Nos chambrettes étaient peintes de couleurs vibrantes au plomb. Il n’y avait pas de couvercle de sécurité sur les bouteilles de médicaments.

A bicyclette, on roulait sans casque homologué. On circulait même en ville sans couloirs réservés. On buvait de l’eau directement au tuyau d’arrosage.

On se faisait des petites voitures (boîte à savon) avec des vieux patins à roulettes et des vieilles roues de voiturette et on se laissait aller dans les pentes pour s’apercevoir qu’on avait oublié de mettre des freins. On s’arrêtait dans les buissons et on laissait les égratignures guérir sans vaccination.

Même en hiver, on partait de la maison le matin à pied et on revenait souvent au moment où les lampadaires de la rue s’allumaient. Imaginez donc ça : on n’avait pas de téléphones portables, personne ne pouvait nous joindre de la journée.

On jouait à des jeux dangereux et souvent, on se faisait mal, il y avait des accidents, il y avait des coupures et aussi des os cassés, mais nos parents n’avaient pas l’idée de faire un procès au maire ou au curé qui faisait le caté.

A l’école, si on recevait une gifle, on avait droit à une réédition si on se plaignait le soir en rentrant.

On se battait, on avait des bleus, mais on savait ou était la bouteille d’arnica. On mangeait des gâteaux, du pain et du beurre et on n’était même pas obèses... Il faut dire qu’on jouait presque toujours à l’extérieur et qu’on n’avait pas le droit de s’asseoir sur le canapé du salon pour regarder la télé qui, d’ailleurs, ne marchait que le soir. On buvait à quatre ou à cinq d’une même bouteille et on n’a jamais perdu un copain à cause de ça.

Quand on s’ennuyait, tout ce qu’on avait à faire, c’était de sortir et se rendre chez un copain, de sonner et d’entrer.

Imaginez donc ça : sans même demander la permission à nos parents !

On inventait des jeux, on se battait en duel avec des bâtons, on faisait des batailles rangées à coups de cailloux, on mangeait toute sorte de saletés, mais malgré les avertissements solennels des parents, on ne voyait que rarement un gamin éborgné, assommé ou empoisonné.

Et pourtant, certains écoliers n’étaient pas aussi futés que les autres. On le leur disait, les instituteurs leurs collaient des mauvaises notes et s’ils manquaient leur année et devaient recommencer la même classe.

Et personne ne criait à l’injustice sociale. Les examens n’étaient pas ajustés pour compenser.

Nos actions étaient les nôtres. Nous en supportions les conséquences. Personne pour nous cacher. L’idée de se faire protéger par nos parents si nous commettions une infraction était impensable. Nos parents étaient du côté de l’autorité.

Et cette génération a produit les meilleurs preneurs de risque, les meilleurs entrepreneurs, les meilleurs inventeurs.

Le demi-siècle écoulé a été une explosion d’innovation et d’idées nouvelles. On avait la liberté, le succès, la responsabilité ainsi que la défaite.

Quand vous aurez cinq minutes, essayez de couper le courant pour raconter ça à vos enfants pendant que la télé ne marchera pas.

A. B. (courriel)
Lettre ouverte à Cantat, tueur de dame...

Mon pauvre Bertrand. Je t’ai vu complètement défoncé sur la scène de l’Olympia il y a déjà quelques années. Comme beaucoup, je t’ai écouté des centaines de fois dans ma voiture, en CD ou à la radio. J’ai suivi l’actualité musicale de ton groupe, tes engagements, tes prises de position, ton militantisme anti-national, etc. Noir Désir était pour moi le symbole d’un groupe qui avait réussi. Je t’ai vu faire le "chaud-bouillant" aux Victoires de la musique... Je t’ai vu balancer des interviews insolentes et cracher dans la soupe du showbiz...

Jeune, engagé, dans l’air du temps, tu as été avec Noir Désir un vrai produit marketing pour ta maison de disque. Toujours les mêmes discours rappés dans la série « Messier = salaud, Vivendi = salauds, Universal = salauds », mais bon, merci quand même pour le contrat de production. Je ne vais pas te jeter la pierre, puisque moi aussi, j’aurais signé à ta place. Mais aurais-je eu ton comportement après ça ? Va savoir...

En attendant, tes leçons de morale sur la violence, sur l’amour des uns et des autres, sur le respect, sur la tolérance et j’en passe, m’ont toujours un peu ennuyé. Tu sais, si nous, électeurs de la Droite Nationale, nous étions aussi intolérants que ça, eh bien cela ferait longtemps que nous serions tous en prison.

Tu as toujours craché sur l’ordre, sur les institutions et sur les gouvernements. En fait, sur l’intégralité du Système Français. Toi qui as toujours joué les gros bras, te voilà à pleurer comme un gosse parce que tu as fait une grosse bêtise. Et que tu vas être puni loin de tes racines... Tu vois que c’est important, les racines. Tu es parti depuis quelques semaines, et tu pleures déjà tes racines françaises. Ton droit français, tes institutions françaises, ta famille française, tes amis français... C’est dingue, hein, cette notion d’identité qui te semblait si absurde. N’est-ce pas toi qui chantait avec ces gros naves de Tête Raides : « Que Paris est laid quand il se croit Français » ?

Et moi, électeur de la Droite Nationale (FN, MNR, etc.), comme tous mes amis, je suis libre. Libre parce que je vaux plus que toi. Parce qu’à force de recevoir des coups de la part du Système, de la part de gens comme toi, j’ai la peau tannée et le cuir dur. Je sais qu’il est important de vivre et de respecter l’autre. Et l’autre, ce n’est pas forcément "l’immigré"... c’est avant tout sa femme, sa compagne, sa famille...

Et quand tu apprends à respecter ta famille, ton peuple et ta nation, tu apprends en même temps à ne pas péter les plombs comme un enfant gâté.

X. S. (Paris)
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