Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 300 du 4 septembre 2003 - p. 3
Parlons franc
"Génération Noir Désir"

Un ivrogne mégalo, drogué à l’héroïne et remonté aux amphétamines, abandonne sa concubine enceinte pour une mère de quatre enfants, tous de lits différents, et finit par tuer à coups de poing sa nouvelle maîtresse, évidemment déjantée elle aussi, parce qu’elle a téléphoné à son précédent concubin.

C’est le drame qui a occupé les médias d’août. Chaque époque a les tragédies qu’elle mérite.

Dans un pays normal, en des temps normaux, l’affaire Trintignant-Cantat aurait fait une page dans Détective : "Le coup de trop de la bête humaine" ; avec photos du couple maudit, lui en col à manger de la tarte avec la raie au milieu et la "malheureuse victime" en tablier de calicot.

Le tout agrémenté de considérations bien pensées sur les dangers de l’infidélité, de la licence sexuelle, de l’alcool et de la drogue.

En Hexagonie 2003, ça donne des dizaines de pages dans la presse citoyenne. On salue "l’immense actrice" (à quarante ans, Marie Trintignant avait participé comme figurante, second rôle ou doubleuse à une quarantaine de pelloches et téloches qui n’ont pas laissé la moindre trace dans les mémoires).

On s’émeut du drame vécu par le tabasseur, Bertrand Cantat, chanteur "charismatique" (ne pas oublier "charismatique") du groupe "Noir Désir" (les branchouilles écrivent "nwar dez") forcément innocent puisqu’il a été un des principaux agitateurs de la campagne anti-Le Pen entre les deux tours de la présidentielle. Et Le Monde glose sur : « La génération Noir Désir face au drame de Vilnius ».

La "Génération Noir Désir", voilà une trouvaille ! C’est elle qu’on a vu cet été sur les plages. La Génération Noir Désir c’est cette tourbe chaque jour plus négrifiée, plus métissée, plus loqueteuse, plus dévêtue, plus pouilleuse, plus malodorante, plus tatouée, plus imbécile et plus bruyamment vulgaire.

La Génération Noir Désir se coiffe façon étoupe de coprah à l’exemple des cannibales des îles Aléoutiennes. La femelle souvent se rase la tête. Peut-être afin que subsiste dans la tribu l’illusion d’une population mâle. Le mâle chauve, au contraire, tresse les rescapés en une maigre et grisonnante queue d’âne qu’il pince dans un bracelet de caoutchouc pour faire pendant aux boucles d’oreilles. Celles-ci, d’ailleurs, ont perdu leur nom en même temps que leur monopole. La Génération Noir Désir les appelle "piercing" et s’en vrille non seulement les lobes mais aussi les ailes du nez, les paupières, les lèvres, les joues, le nombril, voire ces zones de plus en plus rares et succinctes que le textile soustrait encore au regard.

La Génération Noir Désir pratique le tatouage. Dans le genre animalier : dauphins douteux à l’épaule, aigles approximatifs aux omoplates, toiles d’araignées improbables aux coudes.

Mais personne ne remarque ces tags sur peau humaine puisque chacun en porte, y compris les enfants que l’on accoutume à ces peintures de guerre en les affublant de fausses parures au henné.

Le soir, la tribu, ameutée sur la place du village, remue les fesses, regard perdu, sur l’obligatoire "tube de l’été", que ses fabricants talmudiques appellent entre eux un "saucisson". Cette année, ça a été Chihuahua, qui se pratique en rang, par paquets, les adeptes faisant le beau, façon chien-chien à sa mémère, dressés sur leurs pattes de derrière, langues tirées et papattes pendouillant au bout des bras repliés.

Le souci de la Génération Noir Désir, c’est la sape. Le ticheurte se veut provocant et identitaire. Des crevettes grisâtres arborent sur leur poitrine étriquée un menaçant "Emmerdez pas l’homme !" Le maillot de bain a disparu, remplacé par une ficelle d’ailleurs invisible pour raison anatomique.

La Génération Noir Désir scrute l’étiquette des yaourts au supermarché pour vérifier qu’ils ne contiennent pas d’OGM, avant d’avaler une pilule d’ecstasy pour la rave party organisée par Sarkozy.

La Génération Noir Désir regarde la téloche : "L’île de la tentation", fausse partouze à épisodes où des images truquées accouplent des crétins. "Kola-Anta", fausse aventure dans les îles qui cultive la haine entre des abrutis. "Qui veut gagner des millions", faux quitte ou double pour analphabètes béats. "Fort Boyard", aventure à préservatif qui ramène les handicapés verticaux au rang de monstres de foire. Et "Le maillon faible", bien sûr, où une grosse mère fouetteuse popularise les délires de Sade et Masoch.

La Génération Noir Désir est citoyenne.

Elle vote escroc contre facho, aime le postier au minium à tronche d’idiot du village, Olivier Besancenot, et prépare une rentrée chaude en cherchant du boulot au noir pour continuer à toucher le RMI.

La Génération Noir Désir s’informe.

Elle apprend en écoutant Franc Sphincter qu’on n’a « jamais vu pareille canicule depuis un demi-siècle ».

Elle trouve que le gouvernement « a rien fait par rapport aux vieillards », proteste contre cet "assassinat" et va se faire avorter aux frais de la Sécu.

Mais laisse la mémé crever toute seule et refuse de payer les frais d’enterrement.

Bref, la Génération Noir Désir est à l’image de son idole répugnante.

Le Libre Journal
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