Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 300 du 4 septembre 2003 - p. 23
L’humeur de Patrick Gofman
Biaggi le héros - EdF les zéros

Maître Jean-Baptiste Biaggi est un de ces héros de la guerre (1940 et 44), de la Résistance et de la Libération que certains "chanteurs" drogués, alcooliques et tueurs de dames, traitent de nazis... ce qui leur fait une décoration de plus.

Les incroyables exploits de Biaggi, je viens de les découvrir dans l’allocution d’Alain Griotteray, quand Bapt’ est enfin devenu Commandeur de la Légion d’honneur. Pourtant, j’ai passé une semaine chez lui, en Corse... Mais s’il m’a détaillé les performances de son antique pressoir à olives, Biaggi ne m’a pas lâché un mot de ses faits d’armes.

Ménageons donc la modestie du héros authentique, et examinons plutôt les exploits douteux d’EdF : 112 728 employés. 26 milliards d’euros de dettes ! (A comparer au trou de 68 milliards de France Télécom - LLJ 299).

***

Le 18 août, vers 14 h, avec trois autres usagés, je me présente à l’agence EdF de l’avenue d’Italie, Paris XIIIe. Mon modeste dessein est de payer ma facture d’électricité. En espèces, car mon compte en banque est à découvert (oui, comme d’hab’).

Porte close ! Sous verre, quatre affichettes invitent à revenir en septembre, ou à payer à la Poste. Nous béons devant ces stupides placards, quand soudain deux fonctionnaires (obèses) surgissent, arrachent les affiches et ouvrent les portes ! En plus de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, car elles ne sont que deux...

- Bonjour, Mesdames. La caisse est ouverte ?

- Ah non ! La direction nous avait dit de fermer, et pis maintenant elle nous dit d’ouvrir, mais pour payer c’est la Poste ! Suit un petit prêche cégétriste pour m’avertir que je me repentirai de la privatisation en marche...

Est-ce que ce sera pire que la nationalisation ? Probablement, hélas. Mais on affectera de s’en réjouir, et d’appeler "modernisation" les prochaines malversations. En attendant le "black-out" qui s’en suivra fatalement... Comme à New York cet été ! Quelle classe !

Patrick Gofman
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