Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 300 du 4 septembre 2003 - p. 23
Chers frères
L’humour de sainte Thérèse

« Je n’aime que la simplicité,
j’ai horreur de la "feintise".
 »
(Juillet 1897)

Tout n’a-t-il pas été dit sur sainte Thérèse de Lisieux, sur sa vie et son message ?

Le centre de sa doctrine est bien connu ainsi que les détails de sa vie. Déclarée docteur de l’Eglise par le pape Jean-Paul II, sa popularité n’a cessé de grandir. Mais pour beaucoup de personnes encore, Thérèse souffre d’une réputation d’ennui et de naïveté. Cette idée n’est pas infondée.

Les plus grands écrivains français du XIXe ne sont-ils pas parfois eux aussi ennuyeux et naïfs ? Comment la lecture de quinze cents pages de son oeuvre écrite ne nous ferait-elle pas de temps en temps bâiller ?

Mais quelle doctrine ! Quel style aussi ! Et quelle joie presque toujours, jusqu’au bout de ses 24 ans. Nous resterons donc à la périphérie du personnage, aux abords de sa pensée, à cet aspect secondaire, ne serait-ce que pour aller au-devant des hésitants. Venez voir ! elle est agréable à lire. Voici donc un court essai sur l’humour de sainte Thérèse de Lisieux dans son autobiographie, ses lettres et ses Derniers Entretiens.

Je dis bien : Thérèse de Lisieux. Son nom de sainte est Thérèse de L’Enfant Jésus de la sainte face. Nom de sainte et de docteur de l’Eglise. Mais elle est d’abord Thérèse de Lisieux, car cette sainte est française, normande ; elle appartient à un certain milieu social ; elle est catholique de ce catholicisme du XIXe, celui de Lisieux, celui d’Alençon où elle est née : Thérèse d’Alençon, Thérèse de Lisieux.

On souligne aujourd’hui, non sans raison, l’étonnante nouveauté de son message spirituel. Mais cette doctrine n’a pas surgi spontanément, comme à partir de rien. Elle a été suscitée par la grâce de Dieu dans une "terre" précise : son sang, son éducation, son instruction, sa culture, son environnement. Les Manuscrits autobiographiques, la correspondance et les Derniers Entretiens ne sont évidemment pas un recueil d’histoires drôles ou une mosaïque de calembours. C’est au contraire une littérature sérieuse. Mais le lecteur ne peut pas ne pas apprécier la vivacité de cette intelligence ainsi que cet humour qu’elle conservera jusqu’à la fin. C’est dans son tempérament. C’est aussi par vertu. Car, par charité, elle veut être joyeuse, agréable à vivre, "faire plaisir" comme elle dit souvent. Connaissez-vous beaucoup d’oeuvres mystiques où l’on rit ? Pourtant l’humour est déjà très présent dans l’Ecriture, et dans l’Evangile en particulier. Il est un aspect de la joie évangélique.

(à suivre)

Abbé Guy Marie
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