Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 301 du 17 septembre 2003 - p. 16
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Les R. G. victimes de la laïcité

Ecoutes téléphoniques, fichage, les Français s’y sont faits depuis des décennies : de la Sûreté Nationale tant combattue par Léon Daudet à la cellule de l’Elysée mitterrandien en passant par les mouches omniprésentes des Renseignements Généraux que le moindre rassemblement de plus de trois personnes attire comme un pot de miel, notre pays est aussi fliqué sinon plus que la Russie stalinienne.

Et aucun domaine n’y échappe. Même pas le religieux alors que la neutralité laïque devrait interdire toute immixtion de la puissance publique dans le domaine strictement privé de la Foi.

Or, c’est au contraire un des sujets de curiosité favori des RG.

Exemple vécu : lors des funérailles de Monseigneur Lefèbvre, une des fidèlesles plus éplorées dans le train pour Ecônes (où elle partageait, par hasard, le compartiment des journalistes), était une commissaire des RG...

C’est que les Renseignements Généraux ont toujours fiché systématiquement les membres des minorités religieuses et autres groupes décrétés "sectaires". Cette curiosité n’était en rien justifiée par des faits précis, mais par la simple appartenance réelle ou supposée des personnes fichées.

Pour agir ainsi, Les RG se fondaient sur une clause de la loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978 relative aux fichiers « intéressant la sûreté de l’Etat » ce qui, en outre permettait de refuser la communication aux personnes des fichiers les concernant. Communication pourtant dûment exigée par la Loi.

Chacun peut vérifier son dossier aux R.G. ... en principe !

Pour autant, les R.G. ne se gênaient pas, bien sûr, pour communiquer ces mêmes pièces aux associations dites anti-sectes qui, à leur tour, s’en servaient pour constituer des dossiers transmis aux journaux "amis".

Ce petit trafic, généralement pratiqué sous le maillet (les flics, les anti-sectes et les journalistes appartenant aux mêmes obédiences maçonniques) constituait un puissant moyen de pression sur les personnes.

Or, voici que par un arrêt du 30 juillet 2003, le Conseil d’Etat a donné raison à un adepte de la scientologie qui avait jusque-là vainement réclamé l’accès aux informations conservées à son propos par les Renseignements Généraux.

Les R.G ayant justifié leur refus par l’argument de la "sécurité publique", le Conseil d’Etat a d’abord demandé à ce service d’étayer cet argument par des éléments objectifs opposables au demandeur d’accès, ce que le ministre de l’Intérieur a été incapable de faire.

Estimant alors qu’aucun élément versé au dossier ne justifiait l’argument de "sécurité publique" la haute juridiction a ordonné la communication du dossier au demandeur, créant ainsi une nouvelle jurisprudence.

Désormais, chacun peut savoir s’il est fiché aux Renseignements Généraux, vérifier le contenu des informations le concernant et, devant l’évidence que ce fichage ne concerne nullement la "sécurité publique", exiger que les informations soient détruites et que toutes les associations, personnes morales ou physiques qui en auraient reçu et gardé copie s’en défassent immédiatement.

Reste à savoir à présent comment le Conseil d’Etat va s’assurer du respect de ces nouvelles dispositions...

Le Libre Journal
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