Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 301 du 17 septembre 2003 - p. 18
Autres nouvelles
Autant en rapporte le racisme...

Des racistes les producteurs Cohen et Attia ("Les dix commandements"), le compositeur Gérard Presgurvic ("Romeo et Juliette") et le metteur en scène Kamel Ouali ?

On a peine à le croire...

C’est pourtant ce que sous-entend la menace proférée contre leur nouvelle comédie musicale "Autant en emporte le vent" adaptée du roman de Margaret Mitchell et qui devrait être jouée au Palais des Sports à partir du 30 septembre.

A moins de quinze jours de la première, un "Collectif Citoyen de Veille Active" et des associations militant pour la "Mémoire des Victimes de la Traite Négrière et de l’Esclavage des Noirs" demandent purement et simplement l’interdiction de ce spectacle au motif que « l’on ne peut pas laisser proliférer des comédies musicales sur le thème de la colonisation et de l’esclavage des nègres ».

Et les animateurs de ce mouvement de protestation d’ajouter dans un tract qui est un curieux mélange de petit-nègre, de pil-poul mercerisé et d’erreurs de droit : « Une nouvelle "Comédie" intitulée "Autant en emporte le vent" se propose de revisiter sans notre accord, en prenant la liberté d’édulcorer les faits (pour ne pas heurter la sensibilité du public) et en créant un poste fictif de "chef des esclaves" (chose qui devrait faire quand même plaisir aux nègres) le roman raciste de l’écrivain américain Margaret Mitchell.

Pourquoi est-ce totalement illégal ?

1 - Le roman de Margaret Mitchell est officiellement classé "oeuvre raciste". En France, une loi interdit ce type de pratique. Le producteur même de la comédie musicale a d’ailleurs reconnu ouvertement que le roman était raciste.

2 - La comédie musicale s’inspire du roman (texte de l’affiche) donc fait la promotion d’une oeuvre raciste.

3 - L’esclavage est un thème classé "crime contre l’humanité" donc ne peut souffrir en France d’une banalisation sous l’angle d’une comédie.

4 - Les Français ne connaissent pas vraiment ce crime, donc il n’est pas installé dans les mémoires pour le "Plus Jamais ça" et on en fait déjà une "Comédie".

5 - Le révisionnisme historique (création du poste de chef des esclaves) est proscrit en France. »

Et les censeurs de conclure : « comme l’envie de rigoler ne fera dorénavant plus partie de nos habitudes lorsqu’il s’agira de ce type de sujet, nous avons décidé de saisir un cabinet d’avocats de grande renommée pour défendre notre position et dissuader les prochains producteurs. C’est le prix de notre respect.

Nous comptons donc sur vous tous, pour que nous arrêtions de parler dans le vide et que nous commencions à nous faire respecter dans ce pays. »

On est tenté de dire que si ces gens ne se sentent pas respectés dans "CE" pays, ils peuvent toujours retourner se faire respecter dans le leur.

Mais on comprend mieux toute cette agitation quand on lit la suite du message que ces vaillants défenseurs de la mémoire font circuler :

« Nous demandons à la communauté de soutenir notre démarche. Il nous faut absolument 200 000 soutiens... il sera demandé à tous ceux qui soutiennent le collectif, un don minimum de 15 euros pour couvrir les frais de procédure.

Nous vous communiquerons bientôt les coordonnés du compte bancaire où envoyer vos dons. »

Deux cent mille fois quinze euros, ça fait trois millions d’euros, soit presque vingt millions de francs.

Pour ce prix-là, en effet, on peut s’acheter le respect, la collaboration d’un cabinet d’avocat "de grande renommée" et s’offrir une sacrée coupe de champagne pour célébrer la victoire contre le racisme rampant... Bah, pour une fois qu’une comédie musicale montée à Paris rapportera de l’argent !

Le Libre Journal
Sommaire - Haut de page