Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 301 du 17 septembre 2003 - p. 19
Tombeau pour une royaliste
par Saint-Plaix
Comme vous nous manquerez Madeleine !...

Madame Duvielbourg n’est plus...

Pour beaucoup de monarchistes c’était, et cela restera simplement Madeleine !

Victime comme tant d’autres de la canicule, du moins on peut le supposer, Madeleine s’est éteinte à l’hôpital après trois jours de coma le vendredi 8 août au soir...

Madeleine était une grande cardiaque et sa santé fragilisée par les années et de très graves opérations voici deux ans, n’a pas dû supporter les fortes chaleurs parisiennes depuis la fin juillet...

Descendant de chez elle le mardi, elle s’est effondrée à la suite d’un énième malaise cardiaque dans l’escalier de son immeuble parisien... où elle a sans doute dû rester plusieurs heures avant qu’un voisin ne la découvre... Transportée à l’hôpital dans le coma, elle allait lutter trois jours encore contre la mort sans prendre connaissance...

Tous ceux qui l’ont connue, ou simplement aperçue, garderont de Madeleine l’image d’une haute silhouette mince étonnamment gracieuse et d’une élégance stricte qui contrastait avec sa fermeté de caractère.

Madeleine avait mené une difficile vie de quête spirituelle qui l’a conduite après des expériences ésotériques diverses vers une spiritualité des plus rigoureuses qui la rendit à une foi catholique ardente, à une conviction monarchiste avérée et qui la poussa vers la recherche du prince légitime.

Depuis qu’elle était veuve, elle s’était donc jetée à corps perdu dans la promotion de l’idée monarchique et, à la suite d’une rencontre fortuite, dans le combat survivantiste.

Comptable de métier, elle mit la rigueur de sa formation professionnelle au service de l’Institut Louis XVII en lequel sa demeure était transformée. Elle en fut à la fois l’âme, l’administratrice et la cheville ouvrière. Son petit appartement de la rue des Moines était devenu une bibliothèque, un temple rare, où chacun pouvait venir consulter à n’importe quelle heure, tant sa disponibilité à la Cause était grande...

Travailleuse infatigable elle assumait seule, chez elle, le secrétariat et la permanence de l’Institut : elle vivait dans, de et par cet institut. Une somme quotidienne de travail énorme !

Peu au fait de ces problèmes au départ, elle avait accumulé, en parfaite autodidacte, une documentation considérable sur l’affaire Louis XVII. Madeleine ne vivait plus que pour cela... Certains en ricaneront bien à tort...

Elle était l’expression vivante du militantisme. Pour elle, « le service du Prince, c’est une évidence » et malgré son âge, son dynamisme communicatif était sans faille.

Certains se rappelleront sa controverse avec Philippe Delorme à la suite de la publication de son ouvrage. Celui-ci tint à rendre hommage à sa foi en la cause et à son militantisme, entre autres, sur le forum Vexilla Regis. Aujourd’hui, Madeleine a trouvé le terme de sa quête : seule parmi nous elle seule connaît enfin, privilège insigne, le secret de l’énigme Louis XVII !

Elle est partie lors d’un beau service à St-Nicolas, entourée de tous ceux qui avaient tenu à l’accompagner, et en premier lieu du Prince Charles Edmond de Bourbon qui ne pouvait dissimuler sa légitime émotion... Son cercueil était drapé dans le drapeau de l’Institut... "Son" drapeau dont elle avait porté toujours et partout si haut les couleurs, transcendée par ce combat au-delà de ses propres forces. Je garderai pour ma part l’image de cette militante du trône et de l’autel, debout sous une pluie battante, durant la messe, un 21 janvier place de la Concorde, où certains, trempés, avaient fini par se réfugier dans leur véhicule... Madeleine était restée stoïque jusqu’au bout son étendard en main.

Assistant le célébrant, en costume liturgique, je me souviens cette année-là, que ma soutane avait mis trois jours à sécher !

Elle avait accueilli avec enthousiasme l’année dernière l’idée du rassemblement royaliste unitaire de Versailles dont elle préparait déjà hardiment la réédition en ce début d’été... Que sa famille, le Prince Charles Edmond et tous les survivantistes comme tous les autres royalistes convaincus et militants, qui l’estimaient et la respectaient, trouvent ici l’expression de nos condoléances les plus attristées.

Que de là où elle goûte un repos si mérité et la Félicité Suprême, elle nous insuffle sa foi, son sens de l’engagement, son courage sans faiblesse dans le combat, son sens indéfectible du service du Prince, sa "vision d’évidence" de la monarchie.

Vous étiez un modèle militant, une leçon vivante, Madeleine. Comme vous allez nous manquer...

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