Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 301 du 17 septembre 2003 - p. 23
L’humeur de Patrick Gofman
Lettre ouvert à Mme ***, à l’Elysée

Chère Madame,

Je reçois une lettre odieuse des incapables (70 milliards de déficit) de "france telecom" (sic), lâchement datée d’une boîte postale dans le département du Nord.

On y accuse réception de ma lettre, « transmise par la présidence » de la République, et des « plaintes » que j’y formule pour avoir perdu le téléphone après un retard de paiement de quelques jours, et mon refus de payer une rançon de 400 zeuros.

Les voyous de "france telecom" (incapables et malhonnêtes, puisqu’on apprend en un seul jour (13/9) qu’ils volaient en facturant la "liste rouge", et qu’ils ont été condamnés à une amende de plusieurs millions d’euros pour leurs trafics de listes d’abonnés) me resservent ensuite leurs exigences insupportables. Appuyées par un flot de menaces de leurs huissiers Simon-Rameil de Bonnières (78).

Chère Madame, je reviens vers la Présidence, en votre personne, et publiquement, pour solliciter non pas une "transmission" de ma juste demande à "france telecom", mais une intervention impérative auprès de l’entreprise publique qu’elle constitue encore.

De quel droit ? Parce que je me trouve férocement sanctionné pour mon civisme. Alors que je n’ai de ressources que quelques misérables expédients, au point de jeûner souvent dans ma mansarde (je suis très qualifié, mais même La Croix ne veut pas de moi, même comme correcteur), j’ai investi, au bénéfice principal de "france telecom", plusieurs milliers d’euros (sans parler de mon temps de créateur littéraire reconnu), en deux ans, dans la défense d’Edouard Limonov, citoyen français injustement emprisonné en Russie, et abandonné par nos autorités au profit d’un Zacharias Moussaoui, terroriste avéré.

Grâce à l’appui (moral et rarement financier) de quelques centaines de personnalités et institutions (Pen clubs notamment) du monde entier, j’ai ainsi suppléé nos autorités, et avec succès. J’ai sauvé l’honneur de notre pays. Limonov est libre. Et moi je n’ai même plus de téléphone à donner aux employeurs que je sollicite désespérément !

Je puis encore consulter ma boîte électronique via les ordinateurs d’amis, mais à en croire Wanadoo (filiale "france telecom", comme l’indique son nom en argot étranger) tous mes correspondants se seraient donné le mot, tous, pour "mal formater" leurs messages, et aucun n’est lisible. Aucun. N’est-ce pas étrange ?

Dois-je croire les individus qui me disent que nous vivons sous le règne d’un "totalitarisme soft", qui est en train de me tuer doucement pour me châtier de mon civisme non autorisé ? Détrompez-moi, je vous en prie, chère Madame, en ordonnant que le téléphone me soit rendu immédiatement, avec le même numéro et un compte remis à zéro pour pretium doloris.

Et puis, s’il manque un jardinier à votre palais, sachez que je suis aussi humble que le président Dubcek...

Agréez mes respectueux hommages.

Patrick Gofman
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