Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 302 du 28 septembre 2003 - p. 6
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Osera-t-on démasquer le "Monsieur X"
qui a monté l’affaire Baudis ?

L’affaire Dominique Baudis est morte, comme nous vous l’avons laissé prévoir dès le premier jour, étouffée sous le ridicule.

Reste maintenant l’affaire Alègre. L’affaire X. serait plus exact.

Car si l’on tente de répondre à la vieille question "A qui profite le crime", il est évident que ce répugnant montage politico-médiatique n’a pas servi ses acteurs visibles.

Ni Alègre qui porte aujourd’hui plainte contre Karl Zero pour abus de confiance (le pitre l’aurait abusé en ne versant pas les quinze mille euros promis en échange de la lettre accusatrice qu’il lut en direct dans son dégoûtant Vrai Journal.) Ni "Patricia", prostituée devenue mère maquerelle qui, avant de se rétracter piteusement, avait, la première, accusé le président du CSA et ancien maire de Toulouse de participation à des "soirées barbares". Ni, évidemment, le travesti "Djamel", mort mystérieusement dans une clinique au moment où, si l’on comprend bien son avocat, il allait parler pour "s’expliquer" sur les raisons qui l’avaient poussé à se faire le complice des mensonges de deux putains et d’un assassin multirécidiviste.

Alors qui ?

Qui avait les moyens d’acheter la complicité de gangsters et de prostituées et de leur inspirer assez de terreur pour s’assurer de leur silence ?

Pas Douste-Blazy, qui paiera sans doute de son fauteuil de maire son comportement ignoble face au drame vécu par son "ami" Baudis. Comportement qui a écoeuré ses administrés toulousains et n’a sans doute pas été pour rien dans le torrent d’imprécations et d’accusations qui a submergé Douste lors de la cérémonie commémorative du drame d’AZF (voir à ce propos notre article en page 10). Pas les magistrats, les gendarmes et les policiers toulousains qui se sont mêlés de cette affaire ou y ont été mêlés au prix de leur réputation et de leur crédit.

Même pas la presse locale, même si, à force d’allusions, de fausses révélations, de scoops douteux, elle a réalisé des ventes record.

Et même si le propriétaire d’un gros titre local a dû trouver quelques satisfactions au spectacle des conséquences de cette affaire sur la carrière de deux magistrats locaux, qui, à de nombreuses reprises, au mépris des solidarités maçonniques et des conventions mondaines, l’avaient sévèrement condamné, et sur la vie de Baudis, à qui il voue une vieille haine brûlante...

Mais cela ne suffit pas à expliquer la véritable terreur qu’inspire ce dossier, terreur qui paralyse la langue du tueur Alègre, impose silence à la maquerelle Patricia, musèle les policiers et a fini par tuer le travesti Djamel.

Un nom est dans toutes les cervelles à Toulouse, mais personne n’ose le prononcer.

Parce que l’homme est à la fois puissant, ivre de pouvoir sans partage ni contrôle et capable de la plus grande violence.

Deux anecdotes illustrent ces travers.

L’ivresse du pouvoir : au temps de Mitterrand, envoyé en mission touristique dans un pays exotique connu pour les charmes de ses jeunes habitantes, il convoqua le personnel de l’ambassade et, sans l’ombre d’un complexe, annonça :

- Bon, je ne suis pas venu ici pour m’emmerder, vous m’organisez une petite partouze avec quelques beautés locales pour ce soir !

La violence : ayant vainement exigé la démission d’une collaboratrice devenue gênante, il se rendit chez elle un soir et passa la malheureuse à tabac jusqu’à ce qu’elle signe. La victime, sérieusement amochée, voulut porter plainte. Les policiers affolés par la personnalité de l’accusé l’envoyèrent au procureur qui ordonna une enquête (il allait le payer cher).

Une semaine plus tard, la jeune femme se désistait, ne cachant pas qu’elle avait été suffisamment dédommagée par la riche mère de son tortionnaire.

C’est une compensation que Djamel ne connaîtra pas...

Le Libre Journal
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