Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 302 du 28 septembre 2003 - p. 7
Traditions
par Michel de L’Hyerres
Où allons-nous ? (2)

« Lorsque l’homme, se déifiant lui-même, se sera mis à la place de Dieu, nous pourrons dire en toute assurance que le règne antichrétien approche. »(1) (p. 175).

Le génie prophétique de Mgr Jean-Joseph Gaume aura donc consisté à décrire le cours de l’abaissement, de la décadence de l’Eglise et de la Chrétienté, un siècle et demi avant qu’ils n’apparaissent clairement.

A savoir, hormis une providentielle renaissance catholique à l’appel de Mgr Lefebvre, une effroyable montée de toutes les horreurs morales possibles, de tous les blasphèmes alliant à la fois :

- l’effondrement de l’Eglise romaine à la suite de Vatican II ;

- une diminution insigne des vocations sacerdotales ;

- la fermeture d’une majorité d’églises françaises ;

- l’esclavage sexuel de nos jeunes filles à partir même des établissements "d’enseignement" de la République apostate ;

- l’officialisation, par le mariage, de l’homosexualité.

« Ne soyez pas si fiers de quelques conquêtes de la science sur la nature. Ces conquêtes n’ont de prix qu’autant qu’elles rapprochent l’homme social de Dieu. Toute civilisation qui n’aboutit pas à un acte d’adoration et à une morale est un avortement, ou un pas de plus vers la barbarie savante, mille fois pire que la barbarie sauvage. » (p. 92).

Autrement dit, l’état affreux dans lequel nous vivons aujourd’hui ; celui de l’abondance dans une société égalitaire fait coïncider :

- une situation d’hygiène corporelle avec une misère spirituelle ;

- un confort matériel, scientifique et industriel avec une insécurité croissante.

Nous vivons, de fait, les deux barbaries décrites par Mgr Gaume, la savante et la sauvage, masquées par le discours lénifiant au nom des « Progrès ! Liberté ! Emancipation ! » (p. 22).

Mais venons-en à l’hypothèse majeure de l’auteur, qui a trait à la fin des temps : « Le règne de cet esprit d’orgueil et de révolte générale contre Jésus-Christ, sera le règne antichrétien. L’homme que cet esprit diabolique aura préparé, et qui en sera le châtiment, s’appellera l’Antéchrist. » (p. 34).

Or, il suffit à un chrétien fidèle et lucide d’ouvrir les yeux pour apercevoir que ce « règne antichrétien » est présent parmi nous, dans toute sa puissance maléfique, en conséquence de l’apostasie de celle qui fut la Chrétienté : sans « en vouloir déterminer l’époque avec une précision mathématique, l’empire antichrétien... sera de courte durée ; il apparaîtra vers la fin des temps, dont il sera un des signes précurseurs... que celui qui a des yeux pour voir, voie » (p. 36).

Tout en conservant la prudence et l’humilité de Mgr Gaume, la question formidable se pose de savoir si l’Antéchrist ne serait pas déjà parmi nous, non pas sous un aspect individuel mais collectif, en la personne morale de l’empire siono-américain qui en manifeste tous les caractères sataniques(2) :

- l’orgueil le conduisant à la révolte ;

- l’obstination dans la logique de la révolte ;

- le raisonnement impeccable sur une base fausse ;

- sa prévarication le conduisant à sa propre ruine.

C’est ainsi que le monde éberlué a pu observer :

- l’orgueil de l’Amérique se révoltant contre la volonté internationale clairement exprimée par les Nations-Unies pour mener sa guerre contre l’Irak ;

- son obstination à la poursuivre en tentant de rallier le reste du monde ;

- sa propagande consistant à arguer de la présence alléguée "d’armes de destruction massive" qui n’existent pas ;

- sa prétention de se prévaloir d’une mission divine tout en affichant une mauvaise foi évidente qui ruine son crédit et son honneur.

L’obstination siono-américaine plonge l’Occident et la France dans une confusion inextricable ; car nous ne distinguons pas, actuellement, ni qui de l’islam, de l’Amérique ou du sionisme est notre principal ennemi, ni quelle puissance amie, quelle nation bienfaisante pourrait nous sauver.

La conclusion de Mgr Gaume : « Priez et ne vous lassez pas de prier » ne nous interdit pas de faire appel, telle Jeanne d’Arc, à notre propre force et de nous faire renaître de nos cendres !


(1) Mgr Jean-joseph Gaume, "Où allons-nous ? », Editions St-Rémi.
(2) Jean Vaquié, "Abrégé de démonologie", Ed. Ste-Jeanne-d’Arc.
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