Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 303 du 8 octobre 2003 - p. 3
Parlons franc
Cantat-Trintignant : 2e round

Les gros médias ne vous permettent pas d’ignorer que dans un palace de Vilnius (Lituanie), fin juillet dernier, le chanteur "antifasciste" Bertrand Cantat est "présumé" avoir tué à coups de poing sa "compagne", l’actrice féministe Marie Trintignant...

Pour sa part, Le Libre Journal ne boit pas de "sang à la une" ni ne mange de pain de fesse.

Nous sommes restés discrets sur cette sordide bataille de chiffonniers du showbiz. Il nous semblait que nos lecteurs n’avaient pas besoin qu’on leur expliquât l’évidence : la complète pourriture des histrions perdus de vices que tous les siècles et toutes les civilisations méprisent, fors l’anarcho-libéralisme triomphant, qui prétend aujourd’hui nous imposer (par ses écrasants "mass médias") les saltimbanques à ses gages comme maîtres de morale !

Morale antiraciste, antifasciste métisseuse, francophobe, caritative, sanitaire... Vous connaissez la musique aigrelette des chanteuses essoufflées et des acteurs bègues.

Mais quand la mère éplorée de la boxeuse knocked-out de Vilnius monte sur le ring à son tour, en tel équipage qu’elle donne un tour industriel à l’affaire, nous ne pouvons plus nous taire. Deux mois après la mort abjecte de sa fille Marie, Nadine Trintignant, 68 ans, a terminé le téléfilm qu’elle tournait à Vilnius. Elle a aussi pondu un livre entier ! 167 pages ! Quel sang-froid ! Quelle puissance de travail ! Pour Nadine, les grandes douleurs sont mouettes.

Mais elle ne mourra ni de chagrin, ni d’épuisement. Elle a l’habitude de commercialiser ses chagrins intimes : la mort de sa fille Pauline a fait un film en 1969, la mort de son frère Christian Marquand a fait un livre en 1997.

Cette fois, elle est rodée : elle n’a donné aucun entretien à la presse depuis deux mois, et maintenant que son livre est en librairie elle multiplie les interviews. Et son "plan médias" est nickel : Elle, la semaine dernière, et le lendemain Paris Match. Deux titres qui appartiennent au groupe Hachette-Lagardère, comme Studio Universal (producteur de son téléfilm) et comme Fayard (éditeur de son livre).

Rassurez-vous, en face on ne se laisse pas faire. Les héroïques contestataires de Noir Désir (le gang pseudo-rock de Cantat) réservent leurs confidences émues à Canal+, propriété de leur patron Vivendi-Universal (via Barclay, depuis 15 ans). Leurs disques se vendent bien, merci. C’est d’ailleurs Vivendi qui assure le transport en "jet" privé des proches de Cantat à Vilnius (notamment à l’occasion de l’orgie commémorative du 6 septembre). Et qui a fourni au taulard un des meilleurs avocats de France.

... Et puis, coup de théâtre, c’est Vivendi qui vendra le 14 octobre un disque du père éploré, Jean-Louis Trintignant : "La Valse des adieux". Hachette-Lagardère le trouve invendable, son pudique chagrin à lui ?

Et le veuf éploré, il va pas se faire un peu d’oseille avec sa douleur ? Mais si. Comment vous avez deviné ? Le célèbre Samuel Benchetrit (prédécesseur immédiat de Cantat dans le claque Trintinette) affiche déjà partout un film magistral "avec Marie Trintignant" (et Jean-Louis !) qui va agglutiner tous les nécrophiles du pays comme des asticots dans une charogne bien avancée. Une déjection anal+, encore.

Vous saviez que le showbiz était pourri. Vous ne saviez pas à quel point. Vous ne le savez toujours pas, vous ne le saurez jamais : on ne peut pas tout vous dire ! Il y a des lois pour protéger les hors-la-loi.

Patrick Gofman
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