Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 303 du 8 octobre 2003 - p. 7
Traditions
par Michel de L’Hyerres
La Saint-Michel
à Neuvy

« Le nom de Michel signifie "pareil à un Dieu". Saint Grégoire dit que, chaque fois que Dieu veut faire un acte de résistance, c’est l’archange saint Michel qu’il charge de le représenter. C’est lui, en effet, comme dit Daniel, qui, au temps de l’Antéchrist, se lèvera pour défendre les élus... c’est lui qui tuera l’Antéchrist au mont des Oliviers ; c’est à sa voix que les morts ressusciteront ; et c’est lui qui, au jour du jugement dernier présentera la croix, les clefs, la lance et la couronne d’épines. »

***

La fête du Cercle national des combattants, en sa maison-mère du château de Neuvy-sur-Barangeon, suit providentiellement notre étude, sommaire, sur l’oeuvre de Mgr Gaume, d’autant que cette année, le ton général de la journée, l’ambiance, était celui de la gravité, du recueillement que j’ai aussitôt constatés lors de la messe dite par monsieur l’Abbé Philippe Guépin, aumônier du C.N.C.

Ce sentiment de gravité allait clairement s’exprimer au cours des deux temps forts de cette réunion : l’homélie du Père Guépin et le discours de Roger Holeindre, président du Cercle, qui allait lui succéder. D’abord donc, la messe célébrée dans la chapelle Saint-Louis par un prêtre remarquable au physique par sa taille, sa minceur accentuée par une longue soutane et au moral par sa charité, sa rigueur, son éloquence. Seule une moitié, tout au plus, de l’assistance nombreuse, connaissait le rituel de Saint Pie V et répondait à l’officiant comme il convenait. La seconde moitié participait, émue, à cette cérémonie avec une bonne volonté, une ferveur évidentes en dépit d’une méconnaissance de la liturgie : c’est dire l’importance de cette journée en vue d’une nécessaire oeuvre de conversion chez ses meilleurs enfants.

Le Père Guépin mit l’accent, dans son homélie, sur le caractère guerrier de saint Michel qui en a fait le patron des paras tout en exhortant les fidèles à la pratique des vertus chrétiennes, marquant le lien entre ces dernières et le devoir d’Etat de donner son coeur et d’offrir son sang pour la défense et la gloire de la Patrie.

C’est ainsi que Roger Holeindre a réussi, avec le concours de ses glorieux briscards et de leurs officiers, le prodige de la fondation de cette maison qui réunit, dans cet ancien séminaire Saint-Louis, du nom de ce roi mort pour sa foi, l’Eglise et l’Armée au service de la Patrie.

Tout naturellement à la sortie de la messe, se déroula la cérémonie des couleurs dans un ordre militaire impeccable, sous le commandement du colonel Cuignache, secrétaire général du C.N.C., suivie de l’allocution de Roger Holeindre, discours d’une gravité crépusculaire où furent d’abord énumérés les mensonges permanents de la propagande médiatique, y compris ceux de l’Etat républicain, parmi lesquels cette perle : la dramatique inondation de Bab-el-Oued à Alger, en l’absence de son maire retenu en France pour "palper" son RMI ! Cet épisode comique, témoin dérisoire du délabrement de la République, servit de transition avec le constat fulgurant que notre patrie vit pleinement à Neuvy, dans ce splendide domaine et qu’à l’extérieur de ses limites « La France est en train de mourir ! ».

C’est pour témoigner du rejet de la pestilence institutionnelle, pour son abandon des grandes vertus chantées par Du Bellay « France, mère des arts, des armes et des lois... », en réponse à "l’année de l’Algérie en France", qu’aura lieu samedi 25 octobre, l’inauguration d’un monument aux morts, un calvaire, portant cette inscription « A tous les soldats de l’Armée française de toute race et de toute religion, trahis par ceux qui les avaient envoyés au combat ! »

Tout est dit.

A noter le bon déroulement de la journée par un temps demeuré clément malgré d’inquiétants nuages : d’abord le repas en plein air suivi d’un bal avec attractions, de nombreux stands, librairies dont celle de France-Livres, le champagne Gaston Révolte, les vins Jaboulet-Vercherre, une heureuse innovation, l’étalage du Libre Journal tenu par Patrick Gofman, une très riche exposition à l’entresol du château, une démonstration de chasse à courre avec meute, cavaliers et sonneurs de trompe, bien dans l’ambiance nobiliaire du lieu, enfin l’ultime descente des couleurs.

L’absence du discours traditionnel de Jean-Marie Le Pen explique, pour une part, cette année, une moindre assistance.

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