Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 303 du 8 octobre 2003 - pp. 16 et 17
Les grosses bourdes de la grosse presse
"La Passion" : cinglante mise au "Point"

S’engageant après La Vie, Libération, L’Express, dans la campagne de mensonges actionnée contre le film de Mel Gibson "la Passion", Le Point a publié un tissu d’à-peu-près, d’erreurs et de jugements téméraires auquel Daniel Hamiche, directeur fondateur du Légitimiste et patron d’émission à Radio Courtoisie, a répondu. L’article est une vilenie. La réponse d’Hamiche un élégant coup de pied au cul.

Le Libre Journal
L’article du Point

Intitulé "Mel Gibson antisémite ?"

« Six mois avant sa sortie, voilà une "Passion" qui déchaîne déjà... les passions. Elle est signée Mel Gibson. Pour son troisième opus en tant que cinéaste, l’ex Mad Max a reconstitué les douze dernières heures du Christ. Mais la polémique enfle.

Déjà, en avril, la Ligue antidiffamation (ADL), association américaine de lutte contre l’antisémitisme, qui avait obtenu le script, avait poussé les hauts cris. La confirmation est arrivée le 13 août : unique membre de l’ADL invité à la projection du film, le rabbin Eugène Korn a déclaré que "cette Passion serait aimée par les antisémites", car elle rendait le peuple juif et les autorités juives seuls responsables de la Crucifixion. Gibson, qui a investi 30 millions de dollars dans ce projet, a réfuté toute accusation d’antisémitisme et insisté sur le réalisme d’une oeuvre où Jim Caviezel (Jésus) et les apôtres s’expriment en araméen. Mais la polémique dépasse le film et vise aussi Mel Gibson. Dès le mois de mars, le New York Times avait enquêté sur la Sainte Famille, dissidence traditionaliste catholique à laquelle l’acteur d’origine australienne appartient depuis qu’il a surmonté son alcoolisme. On y apprenait que Gibson avait payé la construction d’une église près de sa maison de Malibu et que la messe y serait célébrée en latin. En effet, la Sainte Famille refuse de reconnaître le concile de Vatican II, qui, soulignait le magazine, rejetait la notion de responsabilité collective des juifs dans la mort du Christ. Hasard ou coïncidence ? Gibson avait, peu auparavant, expliqué que le scénario s’inspirait en partie de textes mystiques du XVIIIe siècle, dont ceux de la soeur Augustine Anne-Catherine Emmerich. Or celle-ci prétendait que, pour la Crucifixion, les Romains étaient moins coupables que les grands prêtres israélites. Autre sujet de controverse : le père de l’acteur, Hutton Gibson, 84 ans, auteur d’un article intitulé "Le pape est-il catholique ?" et qui a émis des réserves sur la Shoah. La sortie du film, qui a trouvé à grand-peine un distributeur (Ce sera la 20th Century Fox) est prévue pour le prochain mercredi des Cendres. Si Hollywood le veut ! »

François-Guillaume Lorrain
La réponse de Daniel Hamiche

1. Ce n’est pas en "avril" que l’Anti Defamation League (ADL) s’est manifestée relativement au film "La Passion" de Mel Gibson (travail en cours de montage à cette date), mais le 24 mars, date de la lettre officielle d’Abraham Foxman, national director de l’ADL, à Mel Gibson.

2. Comment l’ADL avait-elle donc "obtenu le script" ? L’article ne le dit pas. En fait, le "script" (sans doute daté du 2 octobre) avait été "volé" ou "dérobé" chez Icon Productions, l’entreprise de Mel Gibson. Ce "script" était une étape préalable du travail de Gibson qui réfléchissait à ce film depuis plus de dix ans. Pour information, le "premier tour de manivelle" (si l’on peut s’exprimer ainsi) fut donné le 4 novembre 2002.

3. Ce n’est pas le 13 août, mais le 8 que les rabbins Eugène Korn (de l’ADL) et A. James Rudin ont assisté, à Houston, à une projection du "rough cut" (pré-montage du film d’une durée d’environ deux heures). Ces deux personnes, d’après mes informations (puisées à une excellente source) n’ont pas été "invitées" à cette projection, mais s’y sont "invitées", frauduleusement.

4. Les commentaires des deux rabbins, relayés par Abraham Foxman le jour suivant, ne prétendent en aucun cas que le film rendrait "le peuple juif et les autorités juives seuls responsables de la Crucifixion". C’est là un commentaire personnel de M. François-Guillaume Lorrain qui s’éloigne, de manière sensible, des déclarations des deux rabbins et d’Abraham Foxman (une visite sur le site internet de LADL vous le confirmera). Mel Gibson ne soutient absolument pas la thèse d’une "responsabilité collective" des Juifs quant à la crucifixion de Jésus. Il a, au contraire, rappelé des dizaines de fois, que ce sont les péchés passés, présents et à venir de toute l’humanité, qui ont crucifié le Messie. En outre, et du point de vue de la Sainte Écriture, le Christ a précisé que personne ne pouvait lui prendre sa vie, mais que c’est lui qui la donnait. Il est "librement entré dans sa Passion". Un détail (et peut être un "scoop" pour vos lecteurs) : dans la scène de la crucifixion du Christ, au Golgotha, c’est la propre main de Gibson qui tient le clou dont on va transfixer la paume du Christ sur le patibulum de la croix. Le réalisateur indique ainsi, me semble-t-il, que lui comme nous sommes tous responsables de la mort du Christ.

5. Le pigiste Christopher Noxon a très peu enquêté, dans son article du magazine du New York Times du 9 mars 2003, sur la "Sainte Famille", chapelle fondée, en Californie, par Mel Gibson, pour la bonne raison qu’à cette époque (et encore aujourd’hui) les travaux n’étaient pas achevés. La chapelle dont il parle surtout, est celle de "St. Jude Shrine", qui se trouve au Texas, et à laquelle se rend le père de Mel, Hutton Gibson. Dans la chapelle de la Sainte-Famille, la messe ne "serait" donc pas célébrée en latin, puisque cette chapelle n’est pas encore ouverte au culte. Mais, quand elle le sera, il est certain que le messe y sera célébrée suivant le missel de saint Pie V.

6. Mel Gibson n’est pas d’origine australienne ! Il est né le 3 janvier 1956 à Peekskill (État de New York) de parents et de grands-parents américains. La famille de Gibson n’est partie en Australie qu’en 1968.

7. Il est sûr que Mel Gibson a lu et médité "La douloureuse Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ" d’Anne-Catherine Emmerich laquelle, déjà déclarée vénérable par le Saint-Siège, est en voie de béatification, un miracle dû à son intercession ayant été reconnu le 7 juillet par S.E.R. le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour la cause des saints. Mais il est scandaleux de prétendre que la vénérable Anne-Catherine estimait que "les Romains étaient moins coupables que les grands prêtres israélites". Je n’ai pas lu une telle chose dans ses visions (qu’elle n’a, d’ailleurs, pas écrites elle-même).

8. Si une chose est sûre, c’est que ce n’est précisément pas la 20th Century Fox qui distribuera le film. Cette dernière ayant déclaré, le 28 août dernier, qu’elle renonçait à son droit de préemption, et qu’elle ne distribuerait donc pas le film.

9. Le Saint-Siège soutient le film de Mel Gibson. Venant après le soutien de nombreux cardinaux, archevêques et évêques des États-Unis, le Vatican soutient "La Passion". S. Exc. John P. Foley, ancien archevêque de Baltimore, président du Conseil pontifical pour les communications sociales (dépêches d’agences de presse du 13 septembre), a déclaré : « Il s’agit là d’une excellent film Je ne pense pas que les critiques de ce film soient bien fondées, car tout ce qu’il y a dans ce film, vient des récits évangéliques ».

De son côté, S.E.R. le cardinal Darlo Castrillon Hoyos, préfet de la Congrégation du clergé (et président de la Commission pontificale Ecclesia Dei), qui a vu, à Rome, dans les premiers jours de septembre, le "rough cut" du film, a déclaré : « Tout prêtre de l’Église catholique devrait absolument voir ce film La nourriture, pour la méditation des souffrances du Seigneur, qu’offre ce film, en fait une grande bénédiction pour tous les prêtres catholiques. » Un entretien du cardinal sur "La Passion" devrait prochainement paraître dans le quotidien "La Stampa".

A noter également, que ce film a reçu le soutien, aux États-Unis, de l’écrasante majorité des dénominations évangéliques et protestantes.

Daniel Hamiche
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