Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 303 du 8 octobre 2003 - p. 22
Théâtre
"Signé Dumas"

Février 1848. Alexandre Dumas est à son apogée. Il s’affaire à la construction de son "château" Monte-Cristo à Marly tout en revenant au théâtre en adaptant ses romans pour la scène.

Son collaborateur (oh le vilain mot... mais c’est mieux, paraît-il, que "nègre") Auguste Maquet travaille dans la morosité.

Une querelle éclate entre les deux hommes... Quelle est la part de chacun dans la réussite d’Alexandre Dumas ?

Cyril Gely et Eric Rouquette, partant de cette idée, ont ciselé un vrai chef-d’oeuvre. C’est de la qualité du "Souper" de Brisville.

Francis Perrin, excellent acteur, capable du meilleur comme du pire, est ici dans le supérieur. C’est un Dumas comme on l’attend : joyeux, batailleur, gourmet-gourmand, bretteur et spirituel. Bravo au costumier et au maquilleur. Perrin est physiquement Dumas.

Face à lui, Thierry Frémont est un Maquet travailleur, besogneux, frileux, râleur et jaloux. Il faut beaucoup de talent pour tenir ce rôle ingrat. Frémont en a à revendre. C’est un grand. Les deux comédiens sont en parfaite harmonie dans la mise en scène de Jean-Luc Tardieu, grand faiseur apprécié tant des acteurs que du public.

La définition de l’auteur qui passe à la postérité, donnée par Dumas, est émouvante.

Dans le mouvement, les deux auteurs nous montrent un Alexandre Dumas inconditionnel de Louis-Philippe, puis défenseur acharné de la Duchesse de Berry et enfin... républicain convaincu, opportuniste par souci de son oeuvre...

Croisant après le rideau Anne Brassié et Arnaud Guyot-Janin, nous sommes tombés d’accord pour vous encourager vivement à aller voir "ce" Dumas.

P.S. : Au cimetière du Père Lachaise, la tombe d’Auguste Maquet vient d’être restaurée. On peut y lire, à nouveau, gravés dans la pierre, les titres des oeuvres d’Alexandre Dumas.

Jérôme Brigadier

Théâtre Marigny, salle Popesco. 01 53 96 70 20.
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