Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 303 du 8 octobre 2003 - p. 23
L’humeur de Patrick Gofman
Qu’est-ce qu’elle me dit, la Marine ?

Les abonnés du Libre Journal ont le droit d’en savoir un peu plus. De jeter un coup d’oeil dans les coulisses de l’émission "Serge de Beketch reçoit Marine Le Pen", le 1er octobre dernier, sur Radio Courtoisie.

Nous aurions dû être simplement flattés de recevoir le chouchou des grands médias, de n’en être point dédaignés. Mais nous ne sommes pas si simples, et nous faisions une drôle de tête en attendant notre invitée, boulevard Murat. Nous avions peur d’apparaître comme les vieux réactionnaires ratichons, à la solde de Bernard Antony (qui fait carrément de l’opposition dans le n° de septembre de sa revue Reconquête), qui reçoivent mal l’Espoir du Parti. Mais nous ne pouvions pas non plus ne pas l’interroger sur tant de déclarations controversées...

Notre inquiétude était telle que nous avions longuement préparé l’émission, et même rédigé soigneusement son "conducteur". Pour ma part, j’étais bien décidé à réclamer à Marine la contredanse promise dix ans plus tôt, chez des amis communs (très). Si, si, rue La Trémoille, rappelez-vous, Madame, consultez votre conscience et votre carnet de bal.

En guise de contredanse, je n’avais eu qu’un long discours philosémite, en tête-à-tête, qui m’avait horriblement vexé, quoique je ne sois guère antisémite.

Mais ce 1er octobre 2003, rien ne s’est passé comme prévu. Quand Marine est arrivée, immense, assurée, avec un quart d’heure d’avance très pro, et suivie du plus petit garde du corps du monde, j’ai renoncé à mes revendications personnelles : est-ce qu’elle n’allait pas me casser la gueule, si je lui réclamais ma danse ?

Lancé ironiquement à la tête de la Jeune Garde, "Le rap de Beketch" ne la troubla pas. Et maints auditeurs crurent à une interférence de Skyrock. Après vingt minutes d’émission, je ronchonnais in petto qu’elle avait bien de la chance, la dame, de n’être pas extrémiste et de pouvoir clamer son respect de l’islam, de faire une croix sur la révolution nationale... tandis que moi, le sale facho, je ne pouvais que la fermer.

De son côté, Serge était visiblement charmé, au point de secourir vivement la fille du chef contre un auditeur agressif. Bientôt il me fit signe de rayer du "conducteur" le renvoi à un document bien salé sur les dangers d’un flirt trop poussé avec la presse ennemie...

L’assurance de Marine allait croissant. Ses réponses brèves et simples montraient moins l’habitude du prétoire que des champs clos de l’audio-visuel hostile, où l’on est toujours bousculé, interrompu, abrégé. Marine laisserait même entendre à notre assistante Victoria qu’elle n’avait pas été assez bousculée ! Serge :

- Ça n’a pas été trop pénible ? Vous reviendrez ?

- Très agréable. Bien sûr.

Mais c’est à la révolution qu’il faut revenir, Madame la vice-présidente ! En renonçant au modernisme, au pragmatisme, au réalisme, en reprenant vos distances d’avec les médias de l’adversaire... Et sans oublier ma contredanse !

Patrick Gofman
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