Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 303 du 8 octobre 2003 - p. 23
Chers frères
"J’en fait jabot"

Le caractère enjoué de Sainte-Thérèse traversera toutes les crises psychologiques et morales de son enfance et ne sera jamais englouti dans les dernières et longues souffrances physiques et spirituelles. Au mois d’août 1897, un mois avant sa mort, soeur Marie de la Trinité témoigne : « C’était, à peu près, un mois avant sa mort. Toute la communauté était très triste, et moi je ne le cédais certainement à personne en chagrin. Voulant la voir à l’infirmerie, j’aperçus, au pied de son lit, un gros ballon rouge qu’on lui avait donné pour la distraire. Ce ballon excita mon envie et je ne pus m’empêcher de lui dire : "Que je voudrais jouer avec !" Elle sourit, mais comme sa faiblesse était si grande qu’elle ne pouvait supporter aucun bruit, elle me dit : "Mettez-vous derrière moi pendant qu’il n’y a personne, et puis jouez avec, je vais fermer les yeux pour ne pas que cela m’étourdisse." »

Au mois de mai, la sainte notait le secret de sa joie : « Je vois toujours le bon côté des choses. Il y en a qui prennent tout de manière à se faire le plus de peine. Pour moi, c’est le contraire. Si je n’ai que la pure souffrance, si le ciel est tellement noir que je ne voie aucune éclaircie, eh bien ! J’en fais ma joie... J’en fais... jabot ! Comme des épreuves de papa qui me rendent plus glorieuse que reine ».

(à suivre)

Abbé Guy Marie
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