Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 306 du 8 novembre 2003 - p. 12
Autres nouvelles
Le consistoire voit des antisémites partout

On n’a pas fini de rire, décidément, avec cette histoire grotesque de Lila et Alma Lévy, les deux filles d’un avocat du MRAP qui ont décidé de militer pour le port du voile islamique en jouant les provocatrices dans leur lycée Henri-Wallon d’Aubervilliers (93).

Dernière en date de leurs sottises : interrogées sur TF1, elles se sont déclarées favorables à la lapidation des femmes adultères et prêtes à la subir si elles fautaient.

Ce n’est pas la première boulette de ces islamistes aussi emblématiques que bizarroïdes.

Interviewées par Thierry Ardisson, elles avaient reconnu (LLJ n° 305) qu’elles "existaient" beaucoup plus avant leur conversion à la religion mahométane que depuis. Autrement dit, du propre aveu de ces converties, l’islam est une religion de coercition.

Mais les collaborateurs de Tribune Juive qui, pour des raisons évidentes, sont plus attentifs que la moyenne à cette affaire aux allures de pilpoul sépharade, ont entendu bien d’autres choses.

Notamment la question de Thierry Ardisson : « Le nom de Lévy ne vous dérange pas ? » et la réponse des gamines : « Mon frère aîné aime bien ce nom. Pour le banquier, pour obtenir un prêt. »

Il est évident que si n’importe quel non-juif (en clair : n’importe quel antisémite) avait tenu ce genre de propos, c’était la XVIle chambre correctionnelle direct sans passer par la case départ.

Seulement voilà : quand deux demoiselles Lévy reprennent carrément à la télé le vieux cliché selon lequel s’appeler Lévy c’est mieux pour obtenir un prêt de la banque, il est assez difficile, sauf à se prendre les pieds dans le tapis, de les taxer d’antisémitisme, même si elles sont converties à l’islam.

Du coup, le vice-président du Consistoire Israélite de Paris, GiI Taïeb, qui ne veut pas laisser passer cette occasion de saler un peu plus la tchorba de l’antisémitisme-qui-ravage-la-France mais qui ne peut pas, sans ridicule, faire porter le chapeau aux demoiselles Lévy par-dessus leur foulard islamique, se voit-il contraint, dans un billet à Tribune Juive, de se livrer à des contorsions pittoresques.

Les coupables ne sont donc pas les demoiselles Lévy qui disent des bêtises mais Ardisson qui leur a donné la parole et dont l’émission a été, du coup, l’occasion d’un « nouveau scandale » parce qu’il a « posé la question vicieuse de savoir si le nom de Lévy ne les dérangeait pas ». Vicieuse, cette question ? Mais comment ne pas demander à des jeunes juives si dans les milieux islamiques qu’elles fréquentent, leur origine ethnique ne leur vaut pas une haine raciale dont même leur ralliement à l’islam ne les protégerait pas ? C’est évidemment la question qui vient à l’esprit.

Mais non. Ardisson se voit déclaré vicieux pour avoir imaginé qu’un nom juif puisse valoir des ennuis à une islamiste.

L’autre coupable, c’est notre ami Mouloud Aounit, président du MRAP, qui, figurez-vous, devant la réponse des gamines a « osé sourire » se faisant ainsi, à en croire ce bon monsieur Taïeb « le complice volontaire des pires antisémites » après avoir « laissé crier "mort au Juifs" dans les rues de Paris. »

On peut se demander si Monsieur Taïeb, sauf le respect, n’a pas laissé un peu longtemps la cafetière sur le feu.

D’une part, on voit mal comment Aounit aurait pu empêcher les milliers d’arabes défilant "en soutien à la Palestine" de crier des slogans antisémites.

D’autre part, si c’est être "violemment antisémite" et "dire l’inacceptable" que de donner la parole à des juives islamisées qui avouent que leur nom aide dans les affaires et si c’est "se faire le complice des pires antisémites" que de sourire quand cette réponse maladroite mais rigolote vient aux lèvres de deux gosses évidemment manipulées, alors on peut être rassuré sur la gravité de la "peste antisémite" en France.

Si c’est ça le "pire", Monsieur Taïeb et ses amis n’ont vraiment pas grand souci à se faire. On est encore assez loin du génocide.

En fait, ce qui devrait plutôt inquiéter c’est cette aggravation insensée de la paranoïa et de la susceptibilité des responsables communautaires.

D’ici que la police de Sarko embarque, à la sortie du Théâtre Rive Gauche, les spectateurs qui auront ri aux vieilles blagues du comique juif Popeck, il n’y a qu’un pas.

Le Libre Journal
Sommaire - Haut de page