Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 306 du 8 novembre 2003 - p. 18
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On a retrouvé le Minotaure...

On se souvient de la légende de Minos, héros crétois, fils de Zeus et d’Europe, roi de Cnossos, qui fonda un immense empire maritime crétois. Epoux de Pasiphaé, il fut le père de Phèdre et d’Ariane...

On sait moins que, s’il eut une vie sentimentale tumultueuse (Procris, Dyctinna, Scylla, entre autres), son épouse se serait consolée avec un dénommé Tauros qui lui donna plusieurs enfants.

De là est née la légende de l’union de Pasiphaé avec le taureau blanc vénéré en Crète... dont le fruit a été le Minotaure, être hybride, homme à tête de taureau, qui aurait été enfermé par Minos dans le Labyrinthe construit tout exprès à cette fin par Dédale...

La tradition rapporte qu’on lui donnait en pâture chaque année sept jeunes gens et sept jeunes filles d’Athènes...

Les archéologues, sur les ruines de Cnossos, s’en donnent à coeur joie...

Mais il faut croire que la mythologie grecque hante aussi les scientifiques grecs... et en particulier les généticiens.

C’est ainsi qu’un illuminé américain, Panaylotis Zavos (visiblement d’origine grecque !), directeur de l’Andrology Institute of America et directeur associé du Centre de Médecine de Reproduction et de Fécondation Artificielle du Kentucky vient de faire savoir « qu’il avait réalisé, dans une réelle perspective de reproduction, des embryons d’hommes-bovins ! »

Certes le processus utilisé est l’inverse, si l’on peut dire, de la légende du Minotaure : il s’agit d’ovules de vaches énucléés dans lesquels ont été introduits des caryotypes humains !

Le "professeur" Zavos a indiqué, lors d’une conférence de presse, que plusieurs centaines de zygotes ont été ainsi fabriqués et qu’ils ont atteint sans difficulté le stade d’embryons de plus de cent cellules...

Après quoi, ils ont été congelés...

Pour Zavos, rien n’empêcherait le développement ultérieur de ces embryons ! Sa technique est simple : pour obtenir un embryon femelle, il fusionne le noyau d’une cellule de la granulosa (paroi folliculaire) qui abrite l’ovocyte avec un ovocyte de vache énucléé : la granulosa est effectivement toujours composée par nature de cellules "féminines".

Pour obtenir un embryon mâle, il utilise des cellules fibroplastiques de la peau masculine.

On attend sa recette pour les hermaphrodites...

Si l’on en reste à la théorie chromosomique stricte de l’hérédité, dont nous avons déjà souligné les limites lors d’un article sur le clonage d’un mulet, le patrimoine génétique intervenant dans ces fusions serait purement humain. Or, nous savons bien que les ovules contiennent un autre type d’ADN, dit mitochondrial ou de type voisin, parce qu’observé dans ces organites cellulaires cytoplasmiques que sont les mitochondries, les "usines à énergie" de la cellule...

On ne peut donc pas nier l’existence d’une présence d’ADN d’origine purement bovine dans ces embryons !

Mais ce fou furieux a l’intention de poursuivre l’expérience... et a effectivement déclaré dans une conférence de presse en septembre qu’il avait réalisé au mois de juillet l’implantation d’un embryon de ce type dans une mère porteuse et que l’enfant s’il parvenait à terme serait une fille !

On eut s’interroger sur les motivations de la mère porteuse "volontaire" !

Il revendique d’avoir ainsi obtenu 200 embryons bov-humains, et souligne qu’il a observé un taux de réussite remarquable de 40 % de "fécondation".

De son propre aveu, le déroulement de la grossesse aurait rencontré certaines complications... et ce premier essai serait interrompu, mais il confirme qu’une nouvelle implantation, si elle se trouve effectivement retardée, est toujours programmée d’ici la fin de l’année !...

Bien entendu, ce délire s’abrite derrière une intention médicale et altruiste : pour Panaylotis Zavos, ces expériences sont définitivement à but reproductif ! Il s’agirait d’offrir aux femmes stériles la possibilité d’accéder à la maternité par ovule de vache interposé !

Saint-Plaix
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