Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 307 du 20 novembre 2003 - p. 3
Parlons franc
Gribouille à l’Elysée

« Les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes. » Chirac l’a dit en personne à Philippe de Villiers, qu’il recevait l’Élysée à l’occasion de sa consultation fantoche des dirigeants politiques sur l’opportunité d’un référendum à propos de la future (?) constitution européenne.

C’est évidemment une imbécillité, une de plus de ce stupéfiant malfaiteur dont l’inculture, la saleté morale et la médiocrité intellectuelle ne suffisent pas à expliquer le comportement de fossoyeurs de deux mille ans d’Histoire de France.

Prétendre que les racines de l’Europe sont "autant musulmanes que chrétiennes" parce que les Arabes ont poussé, voilà treize cent ans, des rezzous jusqu’à Poitiers après avoir été les prédateurs d’une partie de l’Espagne pendant huit siècles et parce que les Turcs ont envahi, occupé, terrorisé à force de massacre et asservi les populations chrétiennes des marches orientales de cette Europe entre 1453, date de la chute de l’Empire Byzantin et 1683 date de l’abandon du siège de Vienne, revient à dire qu’un enfant devrait quelque chose de son éducation au voyou qui a violé sa mère dix ans avant sa naissance.

Même ce calamiteux ahuri de Chirac ne peut pas prêter le moindre crédit à ses propres paroles.

Pourquoi, donc profère-t-il un mensonge aussi énorme, aussi évidemment dénué de fondement.

Farce qu’il veut finir d’imposer aux Français l’idée mitterrandesque que « les immigrés sont chez eux chez nous » en lui donnant l’habillage d’une réalité historique et culturelle.

Et parce qu’il veut museler toute opposition à cette idée, interdire tout débat sur cette question par le terrorisme judiciaire qui érige une "phobie" en délit.

Ce seul point, d’ailleurs, démontre le caractère stalinien de la méthode.

En droit français, tout crime ou délit perpétré en état d’aliénation est exonéré de poursuites. De deux choses l’une : ou la xénophobie, la judéophobie et l’islamophobie sont réellement des phobies, c’est-à-dire des "peurs déraisonnables", et elles devraient être traitées comme les autres signes de déraison, hors des prétoires.

Ou elles sont des opinions et la Constitution garantit qu’elles sont libres tant qu’elles ne portent pas atteinte à l’intégrité physique des individus.

Or, la Justice asservie traite ces opinions comme des actes criminels et les punit avec une sévérité dont le Pouvoir se vante à tout propos. Il s’agit donc bien de supprimer par la terreur toute velléité de résistance à l’invasion et à la colonisation.

Le chroniqueur du Figaro Ivan Rioufol, qui ne passe pas précisément pour un fanatique, le reconnaît dans son billet du 7 novembre dernier : « Jacques Chirac veut faire comprendre que les musulmans ont toute leur place en Europe, et singulièrement en France où ils représentent la plus importante communauté de l’Union. Mais il va plus loin. Il dédramatise une immigration importante qui poursuit son implantation. Surtout, son analyse semble légitimer les nouveaux venus dans l’affirmation de leurs particularismes, notamment religieux. Reconnaître des origines musulmanes à l’Europe ne revient-il pas, en effet, à rendre superflue l’intégration des hôtes ? »

Et constatant chez Chirac « un tropisme musulman qui peut dérouter des Français soucieux de voir préserver - par une immigration plus contrôlée et une politique plus exigeante d’intégration - la culture de leur pays, vieille terre chrétienne malgré tout » Rioufol ajoute que « La phrase du président s’inscrit en fait dans la continuité de son éloge du métissage, dressé en décembre 2002 à l’occasion du transfert des cendres de Dumas au Panthéon. » Et de conclure que cette « audace visionnaire » de Chirac consiste à croire qu’il pourra « vaincre l’islamisme en s’ouvrant à l’islam et en l’aidant à se moderniser au contact de l’Occident. »

Gribouille aussi était un imbécile qui, pour éviter la pluie, se jetait à la rivière.

Mais à la différence de Chirac, lui au moins n’entraînait pas un peuple entier dans la noyade.

Serge de Beketch
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