Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 307 du 20 novembre 2003 - p. 10
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Une cagnotte secrète pour les Chirac

On se demande parfois à quoi servent nos élus. Eh bien depuis deux ans, le député socialiste René Dosières, spécialiste des finances locales, tente de percer le secret du budget de l’Elysée.

Tâche énorme, mais dont il espère visiblement qu’elle débouchera sur un nouveau scandale.

Depuis cinquante ans, "l’escroc", comme l’appelaient ses électeurs de mai 2002, vit de la fonction publique et de ses avantages occultes comme un pou sur la tête d’un pouilleux.

On ne reviendra pas sur ses innombrables affaires de fonds spéciaux, de pots-de-vin, de trafics louches, de tapis de grand prix, de mallettes de gros billets offertes par des promoteurs, de nuits dans des palaces payés en gros billets craquants dont personne ne connaît l’origine. Pas plus sur ses dossiers privés comme cette histoire de fils naturel qui se balade quelque part au Japon, ce qui expliquerait pourquoi Chirac y a fait plus de cinquante voyages payés en espèces à concurrence de cent vingt mille francs l’unité.

On ne reviendra même pas sur les vingt millions de francs de frais de bouche dépensés par les Chirac à la Mairie de Paris entre 1987 et 1995, soit 4 000 F par jour hors frais de réceptions, avec factures falsifiées et paiements en liquide effectués par Bernadette et absous par la justice.

A tous ces mauvais procès, on connaît l’excuse toujours ressassée : "il n’y a pas eu d’enrichissement personnel".

Et puis, si vous n’êtes pas content, c’est le même prix : le Chef de l’Etat est protégé par une immunité totale. D’ailleurs, comment Chirac pourrait-il s’enrichir, puisqu’il ne perçoit même pas quarante mille francs par mois au titre de la présidence ?

Même si on ajoute sa retraite mensuelle de la Cour des comptes (25 000 F) et de l’Assemblée nationale (30 000 F), ça ne fait même pas cent mille francs par mois.

C’est-à-dire que quand Chirac passe quinze jours dans un hôtel de l’île Maurice à vingt-cinq mille francs la nuit et qu’il rapporte de son séjour un tapis de cinq cent mille francs, il a dépensé, en deux semaines, l’équivalent de huit mois de revenus.

Sérieusement, qui peut croire une chose pareille ? Alors, d’où vient le fric ? Eh bien l’enquête de Dosières a au moins le mérite d’ouvrir une piste. D’abord parce qu’elle fait apparaître qu’au cours du septennat, le budget de l’Elysée a été multiplié par... sept. De 4,5 millions d’équivalents-euro en 1995, il est passé aujourd’hui à 31 millions d’euros. Encore les fonds secrets (cinq millions et demi d’euros en 2002) ont-ils été supprimés, ce qui revient à dire qu’en fait, l’augmentation du budget est de plus de 800 %. En clair : chaque jour qui passe, le séjour du couple Chirac à l’Elysée coûte près de cent mille leuros.

A ce compte, on préférerait qu’ils s’installent à l’année à l’île Maurice. Même avec les tapis, on ferait des économies.

Mais là n’est pas le plus grave.

Parce que selon Dosières, il existe à l’Elysée une cagnotte secrète dont les fonds à hauteur de huit millions d’euros sont placés à 3 % soit 250 000 leuros sans que l’on sache ni d’où vient cet argent, ni où il est, ni à qui sont versés les intérêts.

Ces informations sont en effet impossibles à obtenir, puisque, la Cour des Comptes l’a signalé, il n’existe aucun texte sur le vote, l’exécution, le contrôle du budget, ce qui permet à Chirac de fixer lui-même sa rémunération réelle.

Il prélève simplement, en dehors de tout contrôle et de toute justification, les sommes qu’il veut sur la dotation globale et ce sans qu’aucune distinction puisse être faite entre ses dépenses personnelles et ses frais de représentation.

Bien entendu, en dehors de la taxe foncière symbolique, il ne paie rien. Encore cette taxe est-elle ridicule au regard de la somptuosité des lieux.

A l’Elysée, Chirac a fait réaménager entièrement pour lui l’appartement présidentiel privé de 400 m2, et Bernadette s’est installée dans le délicieux appartement du roi de Rome, qu’elle a fait redécorer aux frais de l’Etat par son vieux pote, le décorateur de la Mairie de Paris, Alberto Pinto.

A la vérité, la situation du couple présidentiel au regard des finances publiques n’existe nulle part au monde sauf, peut être en Corée du Nord. Qui, on le sait, est comme la France, une démocratie.

Populaire, même.

Le Libre Journal
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