Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 309 du 9 décembre 2003 - p. 3
Parlons franc
Quand l’enfant à naître vaut moins qu’une paire de collants déchirés

On ne peut décidément rien attendre de bon de ce gouvernement ni de cette assemblée.

Les Français ont appris que Perben, garde des Sceaux, avait donné l’ordre à la majorité (depuis quand un ministre donne-t-il des ordres aux élus de la représentation nationale, représentants, même en Ripoublique, du peuple souverain ?) de retirer, en deuxième lecture, l’amendement Garraud créant un délit d’interruption involontaire de grossesse.

Et ce pour "ne pas entraver le droit des femmes à l’avortement" ?

Mais où a-t-on vu l’extermination du foetus inscrite dans la loi comme un droit ?

La loi Veil le dépénalise. La loi Roudy le fait rembourser par la Sécurité sociale. La loi Aubry en prolonge le délai légal. La loi Neiertz oblige les médecins à le pratiquer.

En somme, toutes ces lois arasent pratiquement les ultimes et très légères digues que Simone Veil avait prétendu établir contre l’autogénocide des Français.

Mais à ce jour, pas un ministre, pas un garde des Sceaux n’avait osé soutenir, avec les folles féministes, que la mise à mort de l’enfant à naître par sa propre mère était un droit absolu, un droit sacré auquel nul ne pourrait porter le plus léger ombrage, fût-ce de façon imaginaire. Ainsi Dominique Perben qui, voilà un mois, rappelait à l’occasion des obsèques de son père qu’il appartenait à une famille élevée dans la tradition catholique, se fait le promoteur d’une nouvelle avancée de la culture de mort.

Sa capitulation devant la secte mortifère parachève l’évolution de la loi sur l’avortement qui est passée de l’interdiction à la tolérance, de la tolérance aux mesures facilitant la mise à mort de l’enfant à naître.

Reste à espérer que l’ultime étape ne sera pas celle de l’obligation comme dans la Chine communiste...

Les avortueuses revendiquaient un droit.

MM. Perben, Raffarin, et Chirac les ont investies d’un droit sacré plus sacré que tous les autres.

Ainsi, n’importe qui peut porter atteinte à la propriété d’autrui, vilipender la Patrie, siffler son hymne, piétiner son drapeau, offenser la pudeur des enfants, mais nul ne peut émettre l’amorce du commencement du début d’une réserve quant au droit sacré à l’avortement !

On ne saurait dire plus cyniquement à toutes les femmes enceintes qu’elles n’ont rien dans leurs entrailles. Que si le malheur et le deuil les frappent par la mort prématurée de l’enfant qu’elles portent, elles n’auront pas le droit de s’en plaindre puisqu’elles n’auront rien perdu. On les indemnisera si dans un accident un vêtement s’est déchiré, un ongle a été retourné, mais si elles perdent l’enfant qu’elles portent avec amour depuis des mois, ce sera comme si elles n’avaient rien perdu.

La Cour de Cassation avait eu la folie de tenir ce raisonnement, contraire à toutes les lois, tirant argument de l’inexistence d’un statut de l’embryon et du foetus et demandant implicitement à la représentation nationale d’en formuler un.

La cohérence n’étouffant pas la Cour de Cassation, ces magistrats n’ont pas songé que l’embryon et le foetus ont déjà un statut en droit civil, puisque selon le Code hérité de la Loi romaine, « L’enfant conçu est tenu pour né toutes les fois qu’il y va de son intérêt » et qu’il peut hériter dès l’instant de sa conception. Ils n’ont pas songé qu’il a déjà d’autres droits. Celui, dès le sixième mois, d’avoir, s’il meurt in utero, un acte de naissance (suivi immédiatement d’un acte de décès) et d’être inscrit sur le livret de famille. Celui de recevoir une sépulture décente, de donner à sa mère des droits à congé de maternité et même de figurer parmi les trois enfants donnant droit à congé de maternité prolongé.

Le Planning familial a été fondé, Le Libre Journal le rappelle plus loin, dans l’intention de saper l’autorité des églises chrétiennes et d’éliminer autant que possible les "inaptes" (handicapés et gens de couleur).

Faudra-t-il, pour complaire aux successeurs de la monstrueuse harpie que fut sa fondatrice, supprimer toutes ces lois, obliger la maman éplorée à retourner au travail dès qu’elle se relèvera, laisser l’enfant posthume sans héritage ?

Y a-t-il enfin quelque chose qui soit plus "de l’intérêt" de l’enfant conçu que de vivre ?

Comment peut-on supporter, du simple point de vue humain, de voir que l’enfant non encore né vaut moins qu’une paire de collants déchirés, laquelle sera, elle, scrupuleusement comptée dans l’indemnisation due à la victime d’un accident ?

Anne Merlin-Chazelas
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