Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 309 du 9 décembre 2003 - p. 6
Autres nouvelles
SOS Mamans !

Pendant qu’à l’Assemblée Nationale les élus grassement payés gesticulent et vocifèrent autour du statut du foetus, du droit des femmes à donner la mort, de l’interruption involontaire de grossesse qui serait un délit quand l’interruption volontaire serait un droit, SOS Mamans poursuit son combat désespéré. Extraits du carnet de campagne...

Lundi 24 nov. 2003

Deux nouveaux cas ! Nous sommes déchirés puisque nous ne pouvons plus prendre en charge financièrement d’autres mamans, étant une association privée sans aucune aide publique. Véronique, Paris, 25 ans, 2 mois enceinte, pas encore bien déterminée à accueillir son bébé. Léa l’a rencontrée près du magasin Tati, voyant que Véronique cherchait désespérément de l’argent dans son porte-monnaie vide. Léa lui a parlé, l’a encouragée, rassurée... L’autre maman est Tatiana, russe, 22 ans. Elle se prostitue sur les boulevards de Paris depuis trois ans. Enceinte depuis un mois. Elle veut "s’en sortir". Quel appel ! Mais où l’amener ? Il faudrait que ce soit loin de Paris.

Nous avons une idée pour un logement provisoire chez des amis en Normandie. Que Dieu nous vienne en aide !

Mardi 25 nov. 2003

Ce matin nous avons apporté à Sarah, une maman de 35 ans, abandonnée par son mari, pour son bébé de 9 mois un lit d’enfant et quelques autres affaires qu’elle avait demandées. Nous étions étonnés de sa générosité. Depuis des mois nous demandons à nos 500 adhérents et amis une possibilité de stocker et ranger nos affaires de bébé (layettes, chaussures de bébé, etc.) à Paris intra muros, sans réponse. Et cette femme, dès que nous avons parlé de ce souci, se propose spontanément : « Vous voyez, je n’ai qu’une pièce de 10 M2 pour moi et mon petit garçon, mais il y a la cour - elle loge au rez-de-chaussée d’un immeuble - dont j’ai seule l’accès. Si vous pouvez installer un petit toit là-bas, on pourrait y stocker vos affaires de bébé ! »

C’était la première proposition que nous avons reçue. Malheureusement ce projet est irréalisable, puisqu’il faut un endroit sec pour stocker les layettes, mais nous l’avons vraiment remerciée. Bouleversante, cette générosité des pauvres !

Mercredi 26 nov. 2003

Une vieille dame de 83 ans nous écrit « J’admire votre travail. Pour l’instant je n’ai plus que 7 euros, et il faut tenir jusqu’au 12 décembre. Mais je ferai tout pour vous envoyer, dès que je le pourrai, 50 euros pour vos actions auprès des mamans qui attendent un bébé. Que Dieu vous bénisse ! »

Jeudi 27 nov. 2003

Terrible nouvelle : Véronique que nous avons connue par hasard dans la rue il y a trois jours, s’est suicidée ! C’est sa mère qui nous l’a tout de suite annoncé hier soir par téléphone, avec ce reproche à peine dissimulé : « Si c’est cela votre aide, merci ! »

Elle est tombée des nues quand nous lui avons annoncé que Véronique était enceinte de deux mois. En fait, nous l’avions rencontrée dans la rue, à bout de nerfs. Léa l’a abordée : « Vous avez un problème ? » Et voilà : enceinte depuis 2 mois, foyer désuni, ne sait pas quoi faire. Nous lui donnons tout ce que nous avons sur nous : 10 tickets de restaurant et 25 euros, mais sans promesse ferme d’assistance mensuelle et systématique, faute de réserves. On ne peut promettre ce qu’on n’a pas. Apparemment ce n’était pas assez pour lui donner courage et espérance. Deux jours plus tard elle a avalé deux boites de somnifères d’un coup et elle est morte. Dans sa poche sa maman a trouvé notre carte de visite, c’est comme cela que nous avons su ce qui s’est passé.

Terrible nouvelle ! Quelle accusation ! Jésus nous a demandé : « Si tu as deux chemises, donnes-en une ». Lui-même n’a pas seulement donné sa chemise (la Tunique, distribuée au sort au-dessous de la Croix), mais Sa Chair et Son Sang. Et nous ? Nos armoires regorgent d’affaires, et pas seulement de chemises ; nos repas ont "trop de calories" ; nous ne savons plus où ranger les choses, où placer l’argent... Nous sommes loin de Jésus. Autour de nous les gens se meurent, affamés, assoiffés, pauvres, malades, nus, inconsolés, désespérés... Ils meurent de manque d’amour. Sommes-nous des chrétiens ? Avons-nous le droit de nous appeler ainsi ? Nous prions pour Véronique et son bébé... morts hier.

Le Libre Journal
Sos Mamans (UNEC)
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