Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 310 du 19 décembre 2003 - pp. 4 et 5
Dernières nouvelles du Marigot
Dix révélations du patron des R.G.
sur l’islam qui est en France

« Promotion de l’islam dans notre pays de vieille tradition chrétienne », selon Jean-Marie Le Pen ou « promotion détournée du communautarisme islamique » selon le président du MPF Philippe de Villiers, la loi portant interdiction des signes "ostensibles" d’appartenance religieuse dans "l’espace citoyen" que Chirac pourrait décider de faire voter, sera conçue sur la base du rapport de la commission Stasi.

Directeur central des Renseignements généraux, Yves Bertrand(1) est l’un des experts consultés pour la préparation de ce rapport.

Or, à cette occasion, ce "grand flic" a donné sur les islamistes de l’UOIF mis en place par Sarkozy et sur leur stratégie des révélations stupéfiantes qu’aucun média n’a reprises(2).

Première révélation, et de taille : le directeur des RG lui-même avoue son impuissance à chiffrer la communauté musulmane en France : « 4,5 millions, 5 millions, davantage ? On n’en sait trop rien, parce qu’il y a les musulmans de nationalité française, ceux de la deuxième, voire troisième génération. Nous avons une idée approximative du chiffre, mais il s’agit d’une fourchette. »

Deuxième révélation, en forme d’aveu alors que, jusque dans les années 80, la communauté algérienne encadrée par l’amicale des Algériens en France et l’amicale des Algériens en Europe, associations laïques contrôlées par le gouvernement algérien, ne pratiquait pas, « on a pu observer à partir de 85 (...) l’affaiblissement de la communauté algérienne et de la Mosquée de Paris, et la montée en puissance d’associations inspirées surtout par la confrérie des Frères musulmans. »

Troisième révélation : C’est l’étranger qui dirige l’Islam de France. « Ce qui se passe aujourd’hui n’est que la suite logique de cette gestation progressive (...) UOIF et FNMF (liée, elle, au Maroc - NDLR) contrôlent quasiment les 9/10e des directions régionales du CFCM, c’est-à-dire les conseils régionaux du culte musulman, la Mosquée ne contrôlant qu’une seule mosquée, celle de Lyon, dont l’imam n’est même pas d’accord avec le recteur de la Mosquée de Paris. »

On mesure la gravité de cette déclaration qui revient à accuser implicitement Sarkozy d’avoir légitimé comme représentant unique de l’islam en France, une section de l’internationale islamiste.

Devant les mosquées, les R.G entendent maudire "chiens de chrétiens" et "chiens de juifs"

Quatrième révélation : Les chefs d’un prétendu "islam modéré" tiennent un double langage : « celui destiné aux institutions françaises, sans aucun dérapage, et celui à l’adresse de leurs jeunes adhérents ou militants, légèrement différent. »

Et ce langage-là est celui des égorgeurs du GIA : les salafites, « Algériens qui ont fait des stages en Afghanistan, voire au Pakistan et qui, pour certains, ont participé à des combats en Bosnie ou sur d’autres champs où les musulmans ont eu à se battre militairement. Ils ont donc acquis une formation militaire et idéologique. Ils ne se réclament plus de la doctrine des Frères, mais d’un courant bien plus radical venu, lui aussi, d’Arabie Séoudite. »

Au passage, d’ailleurs, Yves Bertrand confirme ce que le commandant Pierre-Henri Bunel avait pour la première fois révélé dans Le Libre Journal et que nous n’avons cessé de répéter : « AI-Qaida est presque une appellation de référence car, en fait, on ne sait pas trop ce que recouvre ce mouvement. Ce sont les Américains qui l’ont inventé. »

Cinquième révélation : Si, dans les mosquées, les agents des R.G. présents lors des prêches du vendredi ne relèvent aucun propos qui ressemble à un appel à la djihad, après le culte officiel et public, « on entend des discours qui n’ont rien à voir avec le prêche de l’imam (...) ce sont les "chiens de chrétiens" et les "chiens de juifs" (...) Je dis la réalité telle qu’elle est. Il est évident que ce discours antisioniste, antichrétien, haineux, anti-américain qui dépasse les bornes n’apparaît pas publiquement mais est tenu en permanence entre eux. »

Au passage, encore, Yves Bertrand apporte des précisions originales sur l’antisémitisme en France : « Eux (les islamistes) ne se disent pas antisémites. Jamais. Ils se disent antisionistes. C’est un discours, je dois le rappeler, que nous avons entendu en France quand l’extrême gauche type Action directe commettait des attentats. Elle ne parlait pas d’antisémitisme non plus. L’antisionisme était le discours véhiculé chez nous par l’extrême gauche, l’extrême gauche radicale. Certains mouvements d’extrême gauche altermondialiste aujourd’hui ne font pas mystère de leur antisionisme, mais n’emploient jamais le terme d’antisémitisme. »

A l’évidence le directeur des R.G sait à quoi s’en tenir sur la fable d’un antisémitisme violent d’extrême droite. Il n’y fait pas la moindre allusion...

Sixième révélation : Dans leurs conversations privées, les islamistes « expriment une conception de la société qui n’est pas la nôtre. » Ils visent à obtenir, quitte à l’imposer, « qu’à partir d’un certain âge, les femmes aillent dans des écoles séparées, voire n’aillent plus à l’école, que soit mis fin à la mixité ou que les piscines soient réservées aux femmes d’un côté et aux hommes de l’autre. »

Septième révélation : Dans les 1 534 mosquées officielles répertoriées (sans compter les salles de prière) dont douze dépassent le seuil des mille pratiquants, les imams formés à l’école de Saint-Léger dans la Nièvre (certains partent ensuite pour l’étranger) diffusent la tactique des islamistes : « Le contournement administratif : quand on sent une résistance, on recule, quitte à vérifier les points faibles pour reprendre l’attaque en essayant de toucher des catégories de population considérées comme pouvant être fragilisées et susceptibles d’être plus facilement converties. »

Dans un tel contexte, « La loi pourrait effectivement radicaliser le combat. Il y aurait un adversaire, une loi à transgresser, et ce pourrait être l’occasion pour eux de se donner plus de publicité. Jusqu’à présent, ils ne transgressent que des principes. Une loi est-elle ou non une bonne chose ? Est-ce que ce ne sera pas une bonne occasion pour eux de partir en combat contre la République ? »

Il est significatif, à cet égard, d’entendre le descendant du fondateur des Frères musulmans, Tarik Ramadan se féliciter que la commission Stasi ait adopté une « attitude générale sage » et que sa proposition de loi soit « plus une démarche de clarification que d’exclusion, qui évite la stigmatisation ».

D’ailleurs, l’UOIF a aussitôt donné raison à Yves Bertrand en réagissant à la publication du rapport par la menace.

Feignant d’appeler « les musulmans de France à la sérénité dans l’expression de leur inquiétude face à la tournure que prennent les événements, et à la stigmatisation de leur pratique religieuse » son secrétaire général a tempêté : « c’est une restriction d’une liberté fondamentale : la liberté religieuse (...) Quand ils disent dans le quatrième chapitre que "la société française ne peut accepter les atteintes à la liberté des sexes et à la mixité" c’est les musulmans qui sont visés, c’est la pratique religieuse musulmane qui est attaquée. »

Les plus dangereux : les Français convertis à l’islam, nouveaux "porteurs de valises"

Huitième révélation : l’infestation des gangs ethniques par l’idéologie islamique constitue une véritable bombe à retardement. « Le danger vient principalement de la troisième génération. C’est là que se situe le vrai noeud du problème. Le recrutement se fait à ce niveau. » D’où la radicalisation de l’islam des banlieues qui est alimentée par un mélange de pressions, de terreur et de corruption des familles. « S’ils ont décidé de s’en prendre aux jeunes filles caissières dans les supermarchés, c’est parce qu’elles ont entre dix-huit et vingt-quatre ans. Elles appartiennent à la troisième génération (...) Il s’agit vraiment d’un petit noyau dur de jeunes convertis. »

Neuvième révélation : islam et criminalité sont étroitement liés. « Ce sont surtout les vrais convertis, c’est-à-dire les convertis européens qui sont les plus dangereux. Les convertis jouent le rôle que jouaient les Français dans le FLN, les "porteurs de valise", comme on les appelait. En fait, ils étaient bien plus importants que de simples porteurs de valise (...) A l’occasion d’une affaire qui s’est déroulée dans le Nord, à Roubaix, nous avons également découvert les liens entre la délinquance et l’islam. (...) Cette découverte nous a permis de prouver qu’il y avait une redistribution des rôles au sein des réseaux, la France devenant le support logistique, avec trafic de faux papiers et financements. »

Dixième révélation : Il s’agit bel et bien d’un complot. Certes, Yves Bertrand fait semblant d’affirmer le contraire puisqu’il déclare : « Je ne voudrais pas que l’on retienne dans le procès-verbal l’idée qu’il puisse y avoir un complot. Je n’en ai pas parlé. Complot, cela fait penser à la Cagoule, etc. »

Mais c’est pour ajouter aussitôt : « Je parle d’associations organisées qui poursuivent une stratégie. »

Or si l’on lit bien les déclarations du directeur des R.G, on constate qu’à ses yeux, les associations en question sont des organisations disposant d’un appareil officiel et d’un appareil clandestin qui, dirigées depuis l’étranger, appliquent une stratégie occulte dont l’objectif est de soumettre le gouvernement français en le contraignant à modifier les institutions.

Ce qui est très exactement la définition du complot.

Serge de Beketch

(1) Yves Bertrand quitterait la direction des RG début 2004, pour l’Inspection générale de l’administration. Ce serait le prélude d’une fusion RG/DST...
(2) A l’exception de "Faits et documents" d’Emmanuel Ratier qui en publie également des extraits. (F&D, BP 254-09, 75424 Paris cedex 09).
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