Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 310 du 19 décembre 2003 - p. 24
Un (vrai) conte de Noël
Le secret de la petite maison bizarre


Les contes de Noël racontent bien souvent des vérités profondes et solides sous une couleur de fantaisie charmante. Cette histoire n’est pas seulement vraie, elle est toute récente. Quelques détails ont été changés pour protéger le secret d’une belle famille...

Chacun sait qu’après avoir été couvert de trésors par les Rois Mages, la Sainte Famille fut obligée de s’enfuir vers l’Egypte en pleine nuit. Elle laissait derrière elle ces cadeaux immenses, préparés depuis des siècles et qui l’aurait mise à l’abri du besoin.

À Bethléem, le massacre des saints Innocents allait pouvoir commencer.

Dans le salon d’une famille contemporaine, trônait, et trône toujours, un tableau qui représente cette fuite. Conduits par saint Joseph, on voit la Mère et L’Enfant s’échapper dans la nuit. A l’époque où l’histoire se passe, nos amis habitaient un petit logement dans un immeuble plutôt vétuste. De temps à autre, un espoir sans résultat leur faisait espérer un déménagement. Les déceptions s’accumulaient. Cris des enfants, fatigue des parents, c’est le lot très ordinaire de beaucoup de gens. A tour de rôle, et tous ensemble, ils priaient.

La prière de cette famille ordinaire se tournait vers le tableau de saint Joseph. Chacun avait pris l’habitude des Petites Soeurs des Pauvres : un papier portant l’intention était glissé derrière saint Joseph. Un jour où l’appartement s’était montré encore plus inconfortable, chacun des trois (premiers) enfants s’est mis à dessiner la maison qu’il rêvait. Le plus petit avait copié sur un frère la cheminée fumante au dessus d’une fenêtre. Un arbre fruitier portait des cerises grosses comme des citrouilles. Sept marches montaient le perron. Le troisième enfant faisait alors preuve d’originalité en traçant le plan d’un rez-de-chaussée, où un train électrique pourrait s’étendre à son aise, perçant sous l’escalier. Les demandes étaient pressantes et bien précises. Les dessins furent glissés derrière le tableau de saint Joseph. Et il ne se passa rien. Absolument rien. Les parents avaient gagné une soirée calme avec des dessins. C’était beaucoup. Les années passèrent, beaucoup de petits papiers de prière étaient passés derrière le tableau de saint Joseph.

Un déménagement subit fut un jour possible. Un petit pavillon de la banlieue de cette métropole ouvrait ses portes. Les meubles, les habits, les objets et le tableau montèrent en camion. C’est alors que les trois dessins sont tombés du cadre où ils étaient glissés entre la planche de la peinture et un carton. Le pavillon bizarre était exactement dessiné. Un cerisier à gauche porterait des gros fruits rouges. Sept marches attendaient les déménageurs. Le plan étrange permettait le circuit du chemin de fer. La cheminée s’élevait au dessus d’un conduit en coude. Il faut reconnaître que les enfants avaient un peu compliqué la tâche du grand saint Joseph, celui qui a toujours exaucé sainte Thérèse d’Avila pour sa fête, le 19 mars. Un catalogue de constructeur aurait peut être permis à saint Joseph de répondre plus vite...

L’immense saint Jean de la Croix pourrait donner la leçon de ce vrai conte : « Dieu exauce la prière des faibles pour qu’ils ne se découragent pas de prier ».

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