Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 315 du 21 février 2004 - p. 6
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France 2 cache ce que tout banlieusard sait

Un choc, l’émission "Envoyé spécial" du 12 février sur France 2 consacrée à l’islamisation de Trappes et des communes avoisinantes ? Pas pour les habitants de nos territoires occupés. Il y a longtemps qu’ils ont compris que chez eux (?) une femme non voilée est l’exception, la norme étant la burkah, informe vêtement noir masquant jusqu’au visage et porté avec des gants noirs.

Comme des centaines de quartiers ou de villes de France, Trappes est aujourd’hui terre d’islam et France 2 n’en a montré que l’aspect puritain, cachant la réalité des gangs ethniques qui, contrairement aux blagues sans cesse ressassées, cohabitent sans heurts avec les musulmans "vertueux". Mères de famille voilées et pères barbus n’hésitent pas, quand leurs rejetons sont arrêtés et condamnés comme voleurs, dealers ou violeurs, ou après des attaques de boutiques, de cabinets médicaux, de commissariats de police ou des agressions contre des jeunes filles insuffisamment voilées, à se mobiliser pour les soutenir, calomnier les victimes, insulter police et justice, voire rosser à l’occasion les plaignants, témoins, policiers et même les juges qui ont l’audace de condamner leur progéniture.

C’est dire le sentiment qu’inspire aux Français d’en bas la satisfaction quasi unanime affichée par l’UMP après le vote de la loi sur le voile dont François Baroin a pu conclure, sans rire, qu’il s’agit d’un « point de départ », une relance de la politique de laïcité, d’intégration.

Même le PS se montre plus réservé, qui reconnaît déjà, prudent, qu’il s’agit au mieux d’un pis-aller à réexaminer dans le temps.

Au final, en tout cas, ce sera une grande désillusion pour ceux qui ont cru ainsi vaincre l’intégrisme. Il en sortira justifié et renforcé. Quant à ceux qui imaginent que ce texte favorisera l’intégration des musulmans en France, ils doivent se préparer à une très mauvaise surprise.

Avant même que la loi soit votée, elle a en effet montré son inutilité et même, dans sa rédaction définitive, sa nocivité.

L’après-midi du vote, l’inspecteur d’académie de Strasbourg décidait, au mépris d’ailleurs des rodomontades de Luc Ferry sur l’interdiction certaine des bandanas islamisants et autres barbes supposées religieuses, de réintégrer au collège de Thann deux élèves expulsées. A l’issue de longues palabres, elles ont accepté de porter « un bandana couvrant les cheveux et les oreilles » (définition même du voile islamique) qui a donc été immédiatement exonéré de l’imputation de "signe ostensiblement religieux".

En somme, il suffit aux fondamentalistes de baptiser (si l’on ose écrire) "bandana" tout voile (même assez grand pour dissimuler cheveux et oreilles) pour qu’il devienne un accessoire de mode aux yeux de la loi. Demain, une grande robe noire informe descendant aux pieds et recouvrant les mains gantées sera considérée comme "branchée" et la nourriture hallal sera appelée "régime maghrébin" comme il y a un "régime crétois". Après tout, le vilain mot de "viol collectif" est bien devenu une "tournante", ce qui confère à cet acte bestial on ne sait quoi de chorégraphique...

Comme l’écrit Alain Besançon dans Valeurs actuelles du 13 février, « A terme, on peut craindre que certains milieux ne s’islamisent sans même s’en rendre compte et que cette évolution ne prépare un basculement de la société tout entière. Ce ne serait pas la première fois. Au VIIe siècle, les sociétés chrétiennes du Moyen-Orient, de l’Égypte à l’Anatolie en passant par le Levant, solidement installées dans leur foi mais éclatées en églises ou sectes multiples, se sont ralliées du jour au lendemain à un islam qu’ils prenaient pour une secte chrétienne un peu plus "moderne", un peu plus militante ».

Un beau coup d’épée dans l’eau alors qu’il aurait été si simple, comme le suggérait Maurice Druon, de faire une loi (puisqu’une loi était nécessaire, compte tenu de l’arrêt du Conseil d’État et de la jurisprudence des tribunaux administratifs) précisant que « les élèves se présentent tête nue en classe » et que « les exigences gastronomiques des élèves ne seront satisfaites que dans la mesure où elles n’entraînent ni obligation pour l’ensemble des élèves non demandeurs d’y souscrire et de manger le même menu, ni surcoût pour la collectivité ».

Mais cette pensée académique française est évidemment d’une clarté trop cristalline pour satisfaire les ressortissants d’une culture ataviquement liée à la palabre et à la chicaya.

Anne Merlin-Chazelas
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