Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 316 du 3 mars 2004 - p. 18
Autres nouvelles
Quel mauvais procès on a fait à Le Ribault !

Commencé en retard eu égard à la présence de Perben à Bordeaux où une manif de l’Association des jeunes avocats l’attendait, le procès Le Ribault a mobilisé journalistes et utilisateurs du G5.

Dès l’ouverture des débats, le tribunal (trois femmes dont la présidente Martre du Syndicat de la Magistrature et le procureur Vignau, ignorant tout du dossier et tenant des propos dignes d’un mauvais élève de sixième en sciences naturelles) menace du huis-clos le public, jugé trop chaleureux.

Inculpé d’exercice illégal de la pharmacie et de la médecine, de commerce de produit sans autorisation de mise sur le marché (AMM), et de tromperie, Le Ribault affronte officiellement l’Ordre National des Pharmaciens et l’Ordre régional des Médecins. Officieusement c’est la richissime et puissante mafia de l’industrie pharmaceutique qui veut sa peau.

Toute la journée, le tribunal va invectiver le prévenu, lançant en rafale des questions en forme d’invectives qui se veulent ironiques mais ne sont que la marque d’une ridicule incompétence et d’une scandaleuse méconnaissance du dossier.

- Les analyses, les tests, où sont-ils ?

- Dans le dossier. La non-toxicité est certifiée par un rapport de l’agence du médicament daté du 16 décembre 96.

- Pourquoi ne pas avoir vendu ce brevet à un laboratoire ?

- Pour qu’il ne soit pas enterré. On m’a proposé dix millions pour ça.

- Il n’y a eu aucun essai clinique !

- J’ai mille deux cents lettres d’utilisateurs. De nombreux médecins qui attestent avoir prescrit du G5 et constaté son effet bénéfique chez les patients ont fourni les preuves sous forme d’analyses de sang, de radios... Le G5 aide l’organisme à se restructurer, à réagir...

- Pourquoi vous n’avez pas demandé d’AMM ?

- Cela coûte une fortune. La prise en charge est hors de portée (100 millions de francs).

- Dans le dossier, il n’y a rien...

- Il y a un dossier de 160 pages.

- Vous avez touché 2 millions en chèques, les clients n’ont pas été servis...

- J’ai renvoyé tous les chèques quand je n’ai plus pu fabriquer en janvier 96.

- Comment se fait-il que vous soyez parti, on vous avait pris votre passeport ?

- On gagne les îles anglo-normandes sans problème avec son permis de conduire et sa carte de crédit... Il n’existe pas de carte d’identité en Angleterre. Par la suite, j’ai obtenu un passeport de l’ambassade de France à Dublin.

La Présidente, sans voix, sursaute, la salle rit.

- Et en Irlande, comment travailliez-vous ?

- J’ai une petite unité de fabrication, avec 25 personnes, et je travaille avec des médecins.

- Faites-vous la publicité de votre produit ?

- Le bouche à oreille suffit. Pour la Hollande, la Belgique, l’Allemagne, la Suisse aussi...

- Dans votre notice du produit, vous dites qu’il "peut aider". C’est la définition même du médicament par sa fonction ! Il n’y a pas d’AMM en Grande-Bretagne ?

- Non, il suffit de mentionner sur le conditionnement "ce produit n’est pas un médicament". Comme dans les autres pays d’Europe.

A ce moment le procureur lance son attaque sur deux fronts : « Le prévenu est un charlatan. Son produit est fait de 99 % d’eau plus un grain de sable ! » et « le produit est dangereux »

Pour rassurer les amateurs de bains de mer, l’avocat de Loïc le Ribault avale un grand verre de G5.

Eclats de rire dans la salle. Mais la colère de Me Raymond Bret n’est pas apaisée. Il toise le procureur : « Il est inadmissible de profiter de vos fonctions pour vous moquer du prévenu qui a été encensé pendant des années ici même à Bordeaux. C’est blessant pour l’inventeur de l’exoscopie. C’est un scandale vis-à-vis d’un docteur ès sciences.

Il y a des paroles qui tuent plus que des actes. Je ne souhaite à personne de subir ce qui est imposé à mon client en ce moment.

Pendant votre réquisitoire, j’ai regretté d’avoir convaincu Loïc Le Ribault de venir aujourd’hui vous entendre le traiter de charlatan après l’avoir placé, une fois extradé, dans la même prison où, en 1996, il recevait des menaces de mort de codétenus qui, eux, n’ont pas oublié qu’il expertisa des centaines de dossiers de la police judiciaire... Cet acharnement judiciaire doit cesser !

Dans le même temps, soixante-dix laboratoires diffusent en France un produit copié sur le G5 sans être poursuivis. »

Finalement ridiculisé, le Tribunal a présenté l’addition à Le Ribault : un an dont six mois ferme. Et l’a fait maintenir en prison trois jours de plus pour couvrir la préventive.

On ne peut vraiment pas dire que la justice est sortie grandie de cette guignolade.

Le Libre Journal
Sommaire - Haut de page