Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 319 du 4 avril 2004 - p. 3
Parlons franc
Bonheur, joies simples, petits plaisirs,
bilan paradoxal et apologue du taxi

D’abord le bonheur. Bonheur de voir la surprise, l’humiliation, la colère, la rage impuissante effacer les sourires arrogants, l’insupportable morgue, le contentement de soi, le mépris de la "France d’en bas" qu’affichent habituellement les figures en derrière de jésuite du pandémonium chiraquien.

Ensuite, la joie simple et quasi enfantine de voir l’escroc se faire botter le train, le menteur bafouiller et le bonimenteur remballer son baratin dérisoire sculpté dans le bois de cercueil.

Et le petit plaisir de savoir que ces donneurs de leçon, ces éternels moralistes de pissotière, ces voyous aux mines de chanoine ont enfin reçu la monnaie de leurs fausses pièces. Ah, on n’oubliera pas de sitôt les gueules en biais des Copé, des Juppé, des Robien, des Rohan, des Gaudin, de tous ces invertis, ces avertis, ces pervertis pour une fois remis à leur place. Tout juste aura-t-on une seconde de compassion pour Raffarin, personnage de Flaubert croqué par Daumier et que le sort aurait égaré dans un roman-photo cochon.

Ensuite la désolation (mais pas l’étonnement) de constater, une fois de plus, l’abrutissement des meilleurs. Y compris ceux qui, ayant eu le courage, au premier tour, de voter pour leurs idées, ont marché pour le second dans la vieille arnaque du vote utile, confondant scrutin uninominal et scrutin de liste et oubliant que chaque voix donnée au FN était une garantie de plus d’avoir des élus FN ; et non pas comme les menteurs professionnels de l’UMP et des médias l’ont répété pendant toute la semaine, une voix perdue.

Mais le destin des imbéciles n’est-il pas de servir de gibier aux voyous ?

Après cela, le bilan.

On nous dira qu’il est tragique pour la France de retomber ainsi, obstinément, dans les stupides et sales utopies socialistes. Que ce pouvoir sans partage conféré sur toutes les régions de France aux vieux pourris du PS, aux vieux salauds du PC, aux vieux abrutis Verts, aux mégères féministes, aux vieilles tapettes du lobby homo, aux tripoteurs, aux tripatouilleurs, aux tricheurs, va faire reculer la France de vingt ans et relancer le processus de pourrissement des institutions et des moeurs.

On débouchera peut-être sur un chaos ingérable où la France des Régions, en rébellion contre la France des Institutions, jouera contre ses voyous nationaux pour les voyous apatrides acharnés à démembrer les nations pour imposer la dictature mondialiste.

C’est possible. Mais est-ce bien sûr ? Est-on bien certain que ce sera pire avec les socialistes du PS qu’avec les socialistes de l’UMP ? Après tout, depuis un demi-siècle, qui a fait le plus pour détruire la France ? La fausse droite ou la vraie gauche ?

Qui a bradé l’empire en promettant de le sauver ?

La fausse droite ou la vraie gauche ?

Qui a organisé l’immigration pour offrir une main-d’oeuvre à bas prix au capital apatride ?

La fausse droite ou la vraie gauche ?

Qui a détruit l’armée ?

Qui a pourri l’enseignement ?

Qui a voté les lois Pleven et Gayssot ?

Qui a libéralisé puis remboursé le génocide par avortement ?

Qui a remplacé le doit du sang par le droit du sol ?

Qui a naturalisé des millions d’étrangers ?

Qui a fait venir leurs familles pour une colonisation de peuplement ?

Qui a livré nos libertés essentielles à la police de la pensée ?

Qui a cumulé une dette évaluée à l’équivalent de cent mille francs par Français du berceau au tombeau ?

Qui se prosterne devant les exigences les plus intolérables du petit peuple le plus arrogant et le plus raciste de la planète ?

Qui, en obéissance à ces exigences, a ostracisé un quart des Français, les plus patriotes, rendant impossible l’indispensable gouvernement de salut public qu’exigerait la catastrophe qui se profile ?

La fausse droite ou la vraie gauche ?

En somme qui a fait le plus de mal à notre pays ?

La fausse droite ou la vraie gauche ?

Qu’avons-nous à redouter de la vraie gauche, nous autres parias nationalistes, que nous n’ayons pas à craindre autant sinon plus encore de la fausse droite ?

Intoxiqués par le poison démocratique, nous croyons que la bêtise de l’électorat est la cause du dysfonctionnement du système. C’est faux.

La démocratie parlementaire n’est pas devenue le régime institutionnel en France parce que les Français sont stupides. C’est le contraire. Les Français sont devenus stupides à force de vivre dans l’imposture de la démocratie parlementaire.

Rappelons-le jusqu’à la nausée : dès le 8 juillet 1789 , le premier acte de la Constituante a été d’abolir le mandat impératif.

Les élus privaient ainsi à jamais leurs électeurs du droit de les contrôler.

Comme un chauffeur de taxi qui nierait au client le droit de choisir non seulement son itinéraire mais même sa destination. Piégé, le peuple s’est finalement résigné à changer de taxi à tous les feux rouges dans l’espoir qu’on finirait par le conduire où il veut.

C’est ce qui explique que, depuis deux siècles et demi, les majorités électorales ne cessent de changer, d’être portées au pouvoir puis chassées, puis réélues avec des intermèdes autocratiques tempérés par l’émeute ; quand l’électeur, vraiment énervé, flingue le chauffeur avant de monter dans un autre taxi.

Attendons donc le prochain feu rouge...

Serge de Beketch
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