Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 327 du 8 juillet 2004 - p. 15
Le journal des Dames
par Marie-Claude Monchaux
I.V.G.

Je trouve que je suis né à une drôle d’époque, dit Paul, on massacre tous les jours des foetus dans le ventre de leurs mères, pire que ce que faisait le docteur Mengele, et on marie les homosexuels !

- Attends, dit l’oncle Antoine, il y a trois guignols qui ont joué au mariage, cela ne veut pas dire que la loi l’autorise. En revanche, c’est vrai, la loi autorise l’avortement.

- Comment peut-on faire cela ? dit Colombe, on peut les tuer tout vivants si profond dans les entrailles de la mère sans tuer la mère ?

- La preuve, dit Godolias, tous les jours la preuve.

- Qu’est-ce que c’est que le docteur Manguélé ?

- Mengele, Colombe. C’était un médecin qui, dans un camp de concentration, a fait des expériences sur les femmes enceintes. On a été bien plus loin que lui et sur une fantastique échelle dans les pays dits civilisés. On tue maintenant les petits bébés avec des moyens raffinés, du genre solutions salées qu’on injecte pour les empoisonner. On les déchire aussi parfois en morceaux...

- Oh, tais-toi, tais-toi ! dit Colombe qui devient tout pâle, on ne fait pas cela ?

- Si. On ne peut pas tuer sans faire un petit peu mal ! Réfléchis. Un petit peu beaucoup !

- Non, je ne veux pas réfléchir là-dessus, je m’évanouirais !

- La plupart des Français ne veulent pas réfléchir là-dessus. Ils ne s’évanouissent pas. On a remplacé le mot "avortement" par les initiales I.V.G. : interruption volontaire de grossesse. Ça fait plus propre. Il y a des apôtres courageux comme le docteur Dor qui s’élèvent contre cette loi affreuse, mais ils sont trop peu.

- Je sais, dit Colombe, j’ai envoyé 10 zeuros pour la revue du docteur Dor "S.O.S. tout-petits"(1) à l’intention de maman pour la Fête des Mères. Qu’est-ce que je peux faire de plus ? Je n’ai que treize ans et je n’ai pas encore l’âge de me présenter aux élections !

Godolias rit. Il a choisi une autre voie, sa soutane en témoigne. Si tous les prêtres étaient comme lui, il y aurait peut-être moins d’avortements, et l’on ne trouverait pas normal les mariages entre homosexuels. Mais certains hommes d’Eglise empruntent parfois des chemins mal fréquentés.

- Le docteur Mengele était un amateur au petit pied, profère l’oncle Antoine, à côté des avortements où l’on tue tous les jours paisiblement des petites créatures humaines vermeilles et encore translucides comme des roses de Jéricho, comme des fleurs des fonds sous-marins, comme...

- Te voilà bien lyrique, oncle Antoine !

- Il a raison, dit Godolias, un petit foetus sous le coeur de sa mère est beau comme une fleur de magnolia, il se déplie tous les jours avec une grâce de pétales. On le sait par les instruments d’investigation comme l’I.R.M. Et c’est cette beauté pure, cette intelligence en formation, cette sensibilité déjà acquise que l’on interrompt brutalement et que l’on jette dans des crématoires, en toute conscience, car on en sait davantage qu’on ne l’a jamais su, sur le développement foetal. Notre époque est une époque de grands criminels. Beaucoup de tribus dites sauvages, sont plus respectueuses que nous de la grossesse, il faut bien le dire.


- Et pratiquent-elles le mariage homosexuel ?

- Je n’en sais pas tant, mais cela m’étonnerait.

- Ça se saurait, dit Paul.

- Je ne suis pas ethnologue, dit l’oncle Antoine, mais pour nos arrière-petits-enfants, nous serons peut-être une drôle de tribu.

- J’ai vu, dit pensivement Godolias, j’ai vu il y a quelque temps des petits enfants de huit à dix ans, jouer à l’avortement

- A l’I.V.G., Godolias !

- A l’avortement, dis-je, avec une poupée du type Barbie qui avait un minuscule bébé dans une logette au milieu du ventre. Ils riaient beaucoup.

- Pas vous je parie ?

- En effet, pas moi.

***

Lavons-nous de toute cette boue, dit Godolias, êtes-vous toujours plongée dans les visions d’Anne-Catherine Emmerich, ma chère onfont ?

(La chère enfant selon la prononciation godoliesque, c’est moi, soixan... heu, enfin un certain âge le huit décembre prochain ; soit le jour de l’Immaculée Conception, j’y tiens beaucoup).

Bien sûr que j’y suis plongée : il y a dans ces livres des traits de feu, des incendies et des aurores. On me dit qu’il existe aussi une "Vie de Anne-Catherine Emmerich" en trois volumes, comme les "Visions". Il faut absolument que je lise cela. J’ai été profondément émue à plusieurs reprises de l’enfance du Christ, et notamment lors de la vision de la circoncision, au cours de laquelle la Sainte Vierge s’était réfugiée en larmes dans le fond de la grotte. Toute la nuit suivante, les souffrances de l’enfant Jésus, dit Anne-Catherine, furent grandes et il pleura beaucoup. Joseph et la Vierge le promenèrent tour à tour sur leurs bras pour le calmer.

Quelle fraîcheur que ces visions ! Quelle force aussi. Je ne saurais trop les recommander à ceux qui, blasés, me disent : "Je ne sais plus quoi lire".


(1) Dr L. Perrel - "La Promenade" - 53290 Cossé-L.V. - Tél. : 02 43 98 80 47.
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