Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 327 du 8 juillet 2004 - p. 18
Foute attitude
Le naufrage des "Bleus"
préfigure celui de la France

Même les lecteurs les plus hostiles au monde de la "Planète foot" ont pu voir dans le naufrage sans gloire des Bleus dans l’Euro 2004, une sorte de préfiguration de ce qui attend la France. On a vérifié, par exemple, qu’à l’instar de ce qui se passe en mécanique, quand le "mélange" dépasse un certain pourcentage, le moteur tousse, crache et finit par casser, Avec 91 % dans l’équipe qui a opéré au Portugal, le mélange tant vanté après le "Mondial 98" était évidemment mal dosé. Avec 20 % au moins, le pays lui-même ne va pas tarder à tomber en panne.

On remarque aussi que cette équipe battue était composée de mercenaires qui, à l’étranger, touchent des salaires (sans parler des primes de match ou des parrainages publicitaires : plus de cinq millions d’euros par an, rien que pour la vedette !) à rendre ridicules les cagnottes du Loto et à donner des idées aux gosses des banlieues qui ne veulent plus travailler à l’école.

Et on a pu vérifier que ces super-salaries n’ont pas de meilleurs résultats que les PDG de l’entreprise France. Or, si le PDG de Loréal - le mieux payé des patrons français - empoche 6,57 millions par an, la plupart des boss du CAC 40 gagnent moins que les vedettes du ballon rond et du show-biz (syndicalistes, médias et bon peuple ne se scandalisant pourtant que des salaires des patrons !).

D’ailleurs, pourquoi ces mercenaires internationaux vendus au plus offrant, et n’acceptant de défendre (mal) l’industrie française du ballon rond que contre espèces trébuchantes (outre un salaire mensuel de 38 mille euros, l’entraîneur des Bleus a perçu près de 1.500.000 euros pour assurer la préparation de l’Euro) attacheraient-ils à leur nationalité de passage plus de sens que les politiciens vendus à l’euro-mondialisme et qui ne s’intéressent à la France et aux Français qu’au moment des élections ? La comparaison peut être prolongée. Loin de faire amende honorable, les battus n’ont eu qu’un mot : « On est les champions, on a gagné le Mondial 98 et l’Euro 2000 », oubliant qu’en 2002 ils avaient été ridiculisés par le très modeste Sénégal après un jeu sans panache, ni volonté de gagner. Ces nantis ravis ne font-ils pas songer à nos brillants diplômés (pas seulement énarques !) qui, leur parchemin décroché, s’imaginent avoir droit à une rente à vie dans la fonction publique ; avant une grasse retraite pendant laquelle ils pourront pantoufler.

Mieux encore : lorsque Santini, premier responsable de cette défaite sans gloire reconnaît que, dès sa prise de fonction après le catastrophique "Mondial 2002", il aurait dû avoir le courage en dépit des réactions médiatico-populaires, de mettre fin aux rentes de situation et privilèges des super-vedettes du Mondial 98 et explique « J’ai été trop bon, trop con », comment ne pas penser à Raffarin, "trop bon, trop con" pour prendre, dès son arrivée à Matignon avec sa majorité introuvable, les mesures qui s’imposaient au mépris des criailleries syndicalo-médiatico-politiques. Notamment en supprimant les privilèges, avantages acquis, subventions, etc. des barons qui dirigent réellement la France et font prospérer à leur seul avantage non pas une victoire au "Mondial" mais l’héritage du "Sauveur de la France" ou des Grands-Ancêtres-fondateurs-des-Valeurs-Républicaines. Comme si cela leur conférait on ne sait quelle supériorité sur le commun des Français, le droit de donner des leçons de patriotisme, de démocratie et la certitude d’être sélectionnés à vie pour le partage du Pouvoir entre droite gauche et gauche maladroite.

Mais finalement, le plus ahurissant en football comme en politique c’est qu’il reste des supporters-militants qui se dépensent et dépensent sans compter pour assurer des sinécures à des nantis du sport et de la politique en croyant à chaque fois que, ce coup-ci, ils feront passer l’intérêt supérieur avant leur carrière.

Simple question : quand les supporters se décideront-ils à déserter les stades, comme d’autres ont déserté les urnes ?

Jean-Claude Lahitte
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