Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 327 du 8 juillet 2004 - p. 20
C’est à lire
Ecrits prophétiques d’un penseur fasciste

Collectée par un des meilleurs connaisseurs de la pensée évolienne, cette série d’articles parus entre 1933 et 1970 met en lumière l’extraordinaire originalité de la pensée de Julius Evola, écrivain et essayiste fasciste qui fut probablement l’un des plus grands esprits de son temps.

Ses analyses et réflexions restent, un demi-siècle après leur première publication, d’une stupéfiante actualité.

Paru en 1939 le chapitre "anachronismes philocommunistes" apporte, par exemple, des lumières fort utiles sur la tentation "rouge-brun" non parce que, voilà quelques années, un petit groupe de délateurs de basse police inventa, pour épurer les rangs du gang, de prétendues "passerelles" entre l’extrême droite et l’extrême gauche mais parce qu’aujourd’hui, on voit se développer notamment autour de la question du Moyen orient ou de l’Imperium américain, des pensées et des modes d’action sinon complices du moins connivents entre certaines organisations nationalistes radicales et les vieux débris de la gauche ultra.

Evola démontre l’absurdité idéologique de ces rapprochements et leur danger pratique.

Autre démonstration virtuose : celle de l’imposture du "quatrième état" d’ailleurs liée a la précédente.

Les travaux d’Evola lui-même, de Vazzani, de Guénon, de Berl, de Dumézil ayant identifié, dans l’histoire des systèmes sociaux, un phénomène d’involution des civilisations et des mentalités sur le modèle des quatre castes aryennes (le pouvoir religieux des origines s’effaçant devant le pouvoir des aristocraties guerrières lesquelles seront remplacées par le pouvoir économique de la bourgeoisie-Tiers-Etat elle-même chassée par la plèbe à la faveur de mouvements de révolte des masses) certains ont pu en conclure qu’une parenté d’origine voire de nature existait entre le marxisme et le fascisme.

Là, encore, Evola ridiculise cette faribole. Et, montre au passage que la proximité est bien plus grande entre d’une part marxisme et capitalisme, qui sont des idéologies avant toutes fondées sur les réalités économiques et, d’autre part, fascisme et tradition, qui sont des modes d’action basés sur des primats humains et sociaux.

Troisième exemple : un chapitre assez drôle au fond sur la psychanalyse de la contestation dans lequel le penseur met en évidence le mensonge de la prétendue "lutte contre la nature paternelle de l’état autoritaire" et établit qu’en fait, les démocraties modernes sont avant tout des structures femelles qui accouchent en quelque sorte de leurs propres contestataires eux-mêmes en proie à des phénomènes d’hystérie subversive.

Un livre qui rassemble en somme les textes les plus denses et les plus prophétiques que l’on puisse trouver sur des questions politiques fondamentales et constitue donc une lecture indispensable pour tout jeune militant nationaliste (et pour quelques vieux aussi...).

Serge de Beketch
"Phénoménologie de la subversion" par Julius Evola, Editions L’Homme libre - 26, rue des Rigoles, 75020 Paris. 20 teuros franco.
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