Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 371 du 23 février 2006 - p. 13
Mise au point
par Guillaume Luyt
Identitaires, pas sécuritaires !

Au plus chaud des émeutes, certains ont pu être tentés par des mesures d’exception pour endiguer les menées de la racaille. Mais, non seulement les émeutiers ne méritaient pas une telle réponse (la riposte doit être adaptée à la menace or, dans le cas présent, la menace n’avait souvent guère plus de 15 ans), mais en plus quand on a recours aux mesures d’urgence, on ne sait jamais où ni quand ça s’arrête. Les Jeunesses Identitaires l’ont bien compris qui, dans un communiqué du 17 novembre 2005, ont affirmé clairement leur opposition « à la prolongation d’une mesure qui se veut "d’urgence" et "d’exception". Rappelons que cet état d’urgence permet d’ordonner des couvre-feux et d’autres mesures restreignant la circulation ; l’interdiction de réunions publiques ; des perquisitions de nuit et même l’assignation à résidence de certaines personnes. (...) Nous savons trop bien que les premières victimes de ce type de mesures restreignant les libertés publiques sont les honnêtes citoyens, alors que la racaille continue de pavaner dans ses zones de non-droit gagnées à la force du cocktail Molotov ! »

Estimant également que cet état d’urgence ne manquerait pas, le cas échéant, d’être utilisé « pour interdire des rassemblements identitaires ou rendre visite à des militants au beau milieu de la nuit », les JI ont rappelé que l’idéal identitaire était « un idéal de liberté » et que Les Identitaires ne militaient pas « pour voir nos quartiers quadrillés d’uniformes ». Pas question en effet de confondre les militants identitaires avec les partisans d’un quelconque « parti de l’ordre » !

Issus de la droite radicale et non de la droite bonapartiste - celle qu’incarne aujourd’hui Sarkozy, digne héritier de Pasqua -, Les Identitaires ne sauraient se satisfaire du règne de la matraque. De plus, hostiles aux idéologies(1), nous rejetons toute forme de totalitarisme... or l’État policier en est un. Si, malheureusement, nombreux sont ceux qui font leur l’adage policier voulant que « chercher à comprendre, c’est commencer à désobéir » et acceptent sans broncher toute nouvelle loi liberticide, certains de nos compatriotes ont bien compris que le tout sécuritaire se faisait avant tout aux dépens des honnêtes gens. De la même façon que le contrôle des armes et l’encadrement toujours plus strict du tir sportif n’empêchent ni les braqueurs ni les assassins de se procurer les calibres dont ils ont besoin, on peut en effet s’interroger quant à l’efficacité sur la racaille de la multiplication des caméras de surveillance ou des mesures concernant les chiens dits dangereux. De même que l’on peut douter de l’efficacité sur les terroristes présumés du contrôle automatique des véhicules aux péages ou du croisement des fichiers administratifs...

Comme le souligne judicieusement un internaute sur un forum(2) consacré aux libertés individuelles, « on peut supprimer toutes les libertés » au nom de la sécurité à outrance. C’est pourquoi, entre l’anarchie de la terreur - qu’elle soit réelle ou suggérée - et la tyrannie de l’ordre républicain - qu’il soit casqué ou cravaté -, nous refusons, nous militants identitaires, de choisir. Ou plutôt, nous repoussons cette fausse alternative, tout comme nous réfutons celle tant rebattue de la répression et de la prévention. De droite "radicale", celle qui s’attaque à la racine des maux dans une perspective privilégiant la liberté plutôt que l’égalité(3), nous optons pour l’éradication - au sens de suppression des racines - de la menace, pas pour sa gestion.

Le problème de la sécurité n’est à nos yeux un problème policier que parce que l’on refuse de s’attaquer aux racines de l’insécurité. Avez-vous entendu parler de voitures brûlées au Japon ? De menace terroriste au Chili ? De paranoïa sécuritaire en Autriche ? Non, il n’y a pas plus d’émeutiers en puissance que de terroristes en sommeil dans ces pays ! Au Japon et au Chili, comme en Autriche, l’équilibre ethnique et culturel des populations est facteur de cohésion sociale, donc de sécurité collective.

A contrario, nonobstant leur super État policier, les États-Unis n’ont évité ni les émeutes raciales de Los Angeles en 1992 ni les attentats du 11 septembre 2001. Pourquoi ? Parce que leur société multiraciale est le ferment de toutes les haines et de toutes les violences, intérieures comme extérieures.

Pour nous, la seule réponse à l’insécurité passe par la restauration d’une société où l’esprit d’appartenance à une même communauté de destin soit suffisamment fort pour que la paix civile ne soit plus un fantasme mais une évidence. Parce que nous savons que seule l’harmonie ethnique et culturelle d’un peuple garantit sa tranquillité, nous disons, avec les Jeunesses Identitaires, que : « ce n’est pas de plus de policiers que ce pays a besoin pour rétablir l’ordre, mais de moins d’immigrés ».

Tout simplement.(4)


(1) Dans le sens de systèmes de pensée prétendant s’imposer à toute communauté humaine, partout et en tout temps.
(2) www.lsijolie.net
(3) A la différence de la gauche radicale pour laquelle l’impératif d’égalité prime celui de liberté.
(4) Cet article a été publié dans la revue ID n°4 (hiver 2006). Site internet : id.novopress.info
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