Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 409 du 2 juin 2007 - p. 3
Parlons franc
Unis comme au Front

Disons les choses clairement sans autre précaution oratoire : pas un seul candidat des mouvements de la droite patriote n’a la moindre chance d’être élu lors des prochaines Législatives. Le système du scrutin uninominal à deux tours a été mis en place pour cela et les promesses de Sarközy d’instaurer "un peu de proportionnelle" lors des élections de 2012 n’engagent, selon l’usage, que ceux qui, ne mâchons pas nos mots, sont assez bêtes pour les écouter. De cette évidence découlent pour l’électeur une certitude et une obligation impérative.

- La certitude c’est que, quel qu’il soit, l’élu du second tour ne sera pas celui que cet électeur aura choisi au premier.

- L’obligation impérative c’est, dès lors, de voter au premier tour pour le candidat le plus proche de ses idées et au second tour contre le candidat qui lui déplaît le plus.

Pour la droite nationale catholique qui représente, je l’espère et je le crois, la majorité des lecteurs du Libre Journal, le premier tour offre, sauf exception, trois possibilités : le Front National, le Mouvement National (hélas) Républicain et le Mouvement pour la France.

La raison, la simple raison interdit tout autre choix et ce serait insulter l’avenir que de porter sa voix le dimanche 10 juin, sur un représentant de l’UMP ou du Nouveau Centre pour ne pas parler, évidemment, des gangs de la gauche pourrie ou de ses porte-pots du MODEM.

Entre ces trois seuls votes possibles, la décision se fera, dans le for de chacun, en fonction de considérations personnelles : fidélité sans condition au fondateur du Front National qui, en trente-cinq ans, a su fédérer toutes les tendances de la vraie droite ; préférence donnée au MNR pour sanctionner l’abandon des valeurs fondamentales du FN qu’a entraîné l’aggiornamento voulu par le tandem Aliot-Marine ; choix du MPF parce que Philippe de Villiers est le seul homme politique français à se réclamer des valeurs catholiques.

Mais, au fond, ce choix partisan n’aura aucune importance.

Parce que c’est le résultat global des droites nationales à l’issue du premier tour des législatives qui sera examiné et commenté, au soir du 10 juin.

Et il le sera en termes de rapports de forces.

Certes, les résultats de l’extrême droite (ou de la "droite extrême" comme écrit Christiane Chombeaux du Monde dans une tentative passablement ridicule de différencier le FN et le MNR du MPF) seront examinés en détail par les chefs de ces trois partis, qui tenteront d’y lire le bilan du passé proche et le lot des jours à venir.

- Si le total des voix du FN aux législatives dépasse celui des voix de Jean-Marie Le Pen à la présidentielle, il en conclura que certains électeurs un moment endormis par les passes magnétiques de Sarközy commencent déjà à sortir de leur sommeil hypnotique.

- Si le MNR réalise un score supérieur à ses résultats en 2002, il pourra y lire une sanction de la ligne Aliot-Marine et un rejet de l’esprit de vindicte que l’on regrette de deviner, par exemple, dans la décision de susciter contre Bruno Mégret à Vitrolles la candidature humiliante du majordome de Jean-Marie Le Pen, personnage sans doute honorable mais qui est fait pour représenter la droite nationale comme Steevy pour interpréter le rôle de Holeindre dans un film sur l’histoire de la Ve République.

- Si le MPF améliore ses résultats, il faudra peut-être en inférer que l’électorat du Front n’est pas totalement convaincu de la priorité urgente mise en avant par un candidat FN du Doubs et qui est de porter au pouvoir un Front "sexuellement épanoui" (L.L.J. n° 408, p. 2).

Mais ces considérations resteront subalternes comparées à la lecture des résultats que donneront les médias et la classe politicienne. Pour ces gens-là, une seule question : la droite patriote, combien de divisions ?

- Si le nombre des suffrages des trois partis confondus est inférieur au nombre des voix obtenues au premier tour par Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers, alors c’en sera fini, et pour des années, de notre force de dissuasion. Plus rien, aucune raison, aucune réflexion, aucune inquiétude n’empêchera Sarközy de passer sans attendre aux actes pour lesquels il a été mis en place : la destruction de l’idée même de patrie française (lire pp. 4 à 11).

Plus rien ne pourra retenir l’homme qui dit « la France, son histoire, ses paysages, tout cela me laisse froid ». L’homme qui proclame « Je me sens étranger dans mon propre pays ». L’homme dont l’épouse se déclare « fière de n’avoir pas une goutte de sang français dans les veines ». Plus rien ne retiendra cet homme-là de tuer ce qui reste de race française, de patrie française, de culture française.

Dès lors, quand la menace est à ce point présente, à ce point lourde et proche, qu’importent les personnes de Le Pen, Mégret ou Villiers ? Qu’importent les rancoeurs des fidèles, les calculs des entourages, les gesticulations branchouilles des nullités ambitieuses ?

La seule chose qui compte, c’est de se compter, justement. Et de montrer à l’ennemi (je dis bien "à l’ennemi", pas "à l’adversaire" ou "au concurrent") que nous sommes assez nombreux pour ne pas rendre les armes. Que nous ne calerons pas. Que nous ne céderons pas. Que l’esprit de résistance qui nous anime sera, le moment venu, assez fort pour nous inciter à pulser dans les leçons du passé des exemples pour l’avenir.

A force de mensonges, les truqueurs de mémoire ont fait porter aux droites nationales qui n’y étaient pour rien le péché de Munich, le lâche soulagement de l’armistice, les sombres délectations de la collaboration, les délices amères de la paix dans la soumission et ils leur ont infligé l’éternelle peine collective de l’épuration.

Il est temps d’en finir avec cette crapulerie.

Si l’héroïsme consiste, comme on nous l’enseigne à longueur de célébrations, de commémorations, de repentances et d’émissions de propagande, à prendre les armes au besoin contre un régime pourtant légal, alors n’écartons plus, a priori, la possibilité pour nous Français de souche d’être chez nous, pour la sauvegarde des nôtres, des héros.

Et pour nous y préparer, seulement pour cela et pas pour le plaisir idiot et stérile d’avoir au palais Bourbon un mannequin à nos couleurs, comptons-nous le dimanche 10 juin dans les urnes : FN+MNR+MPF.

Unis comme au front.

Serge de Beketch
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