Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 412 du 9 juillet 2007 - pp. 4 et 5
Le traité simplifié, un complot !
Sarkö n’aura pas attendu longtemps
pour trahir son pays de résidence...

« Toute la Constitution est là ! Il n’y manque rien ! » Europositif inconditionnel, l’ex-fidèle de Bayrou devenu sarközien Jean-Louis Bourlanges, élu européen président de la Commission des libertés civiles, de la Justice et des affaires intérieures au Parlement de Bruxelles a carrément mangé le morceau dans l’enthousiasme du moment.

Avec le nouveau traité européen "simplifié" conclu le 27 juin 2007, Sarközy a bel et bien "niqué" les Français qui, deux ans plus tôt, le dimanche 29 mai 2005, avaient à 55 % rejeté par référendum la Constitution européenne rédigée par Giscard.

Le jour même, Le Monde confirmait : « Les symboles disparaissent, le fond reste ».

En bon Français, Le Pen l’a aussitôt proclamé, cela s’appelle une forfaiture.

Et les imbéciles ou les salauds qui par naïveté, par sottise, par peur, par calcul, par intérêt ou par pure crapulerie ont contribué à porter à l’Elysée un petit escroc [...] dévoré de haine contre la France et, à cause de cela, chargé d’asservir la nation à la mafia mondialiste n’auront pas attendu longtemps de toucher leurs trente deniers.

Comme l’écrit Paul Marie Couteaux, député souverainiste français au parlement apatride : « Quelques jours après la fin du cycle électoral, privant les Français de toute expression nationale avant longtemps, le sommet n’avait d’autre but que de reprendre le texte rejeté en 2005 en le remaquillant assez pour éviter un nouveau référendum. La manoeuvre a donc réussi. »

Et ce n’est pas le maquillage plâtré sur la trogne de cette vieille catin constitutionnelle dans l’espoir de la faire passer pour une fraîche pucelle qui va changer cette réalité : Toute la Constitution est là ! Il n’y manque rien.

Comme le prévoyait la Constitution Giscard, l’union européenne dispose désormais, d’une personnalité juridique. Elle est donc un Etat souverain dont les anciens états de l’Europe ne sont plus que les composantes fédérées. C’est-à-dire contraintes de s’incliner devant la volonté du Moloch bruxellois dont personne ne voit jamais le visage.

La seule différence avec le modèle des Etats Unis d’Amérique est que cet asservissement n’est pas le produit d’une sanglante guerre civile comparable à la guerre de sécession mais le fruit d’un complot mené par des puissances ténébreuses qui ont d’abord pris soin de s’assurer de l’anonymat et de l’impunité en criminalisant toute allusion à leur vraie nature.

C’est devant cette mafia oligarchique que chaque état s’est vu contraint d’abdiquer l’essentiel de ses prérogatives soit par la trahison de son dirigeant (Sarközy pour la France) soit par son abdication devant la menace (Kaczynski en Pologne).

Désormais, l’union aura donc toutes les prérogatives d’un Etat.

Un dirigeant unique que l’on appellera Président ou de tout autre nom, mais qui sera à la botte de la World Company et dispensé de rendre des comptes aux Etats fédérés. Exactement comme Bush qui [...] ne rend aucun compte aux gouverneurs des cinquante-deux états unis.

L’union pourra imposer aux états fédérés sa propre diplomatie, fut-elle à l’opposé des intérêts de l’un des composants. Sarközy l’a cyniquement avoué, le 20 juin en qualifiant de "ministre des relations extérieures sans le nom" le "Haut Représentant pour la politique étrangère" instauré par le Traité.

Ce personnage nommé et non pas élu disposera d’ailleurs d’un "service diplomatique" et les bureaux de l’union installés actuellement dans les capitales étrangères deviendront des ambassades à part entière comme le prouvera le statut d’immunité et les privilèges diplomatiques qui leur seront accordés. Les ambassades des pays membres devenant, du coup, inutiles.

On peut, certes, s’amuser de voir le représentant de la diplomatie israélienne au quai d’Orsay qu’est Kouchner si rapidement privé du statut qu’il guignait depuis si longtemps mais le résultat, pour la France, sera le même. Et nos diplomates devront s’estimer heureux si on les laisse s’occuper avec les chicayas entre chefs de gang au Darfour pendant que les services du Haut Représentant pour la politique étrangère de l’Union traiteront des vrais problèmes avec les parrains du mondialisme.

L’Union sera du coup également maîtresse pour ce qui est des questions de défenses. L’expert Paul-Marie Couteaux a en effet remarqué que le nouveau texte renvoie explicitement au traité de Maëstricht, dont le titre V établissait que « Les Etats veillent à la conformité de leurs politiques nationales avec les positions communes » (art. J-2), et précisait que celles-ci devaient être compatibles avec « les cadres de l’OTAN ».

En clair, cette structure revient à placer l’Armée française ou ce qu’il en reste sous commandement de l’Etat major de l’OTAN.

L’union sera enfin souveraine, avant les états membres, pour ce qui relève de la politique agricole, des relations commerciales, des règles en matière douanière, des règles de la concurrence, de l’énergie, de la recherche, de la politique sociale, de la Justice pénale.

Si l’on se rappelle que l’instruction publique est, sous l’appellation scandaleuse d’Education nationale déjà livrée aux mafias syndicales, si l’on ajoute que les transports sont progressivement affermés aux fonds de pension étrangers, on se demande à quoi servira de maintenir et d’entretenir un président de la république sans pouvoir, un gouvernement croupion et près de mille députés et sénateurs occupés à voter des lois qui seront sans effet si l’Union en décide ainsi.

Ces dispositions sont si exorbitantes que la Grande-Bretagne, l’Irlande et le Danemark ont exigé et obtenu d’en être dispensés.

Sarközy, lui, a accepté d’y soumettre la France.

Enfin, tous les pays, sauf la Grande-Bretagne, seront soumis à la fameuse Charte des droits fondamentaux qui permet à tout citoyen de saisir la Justice "fédérale" de plaintes contre l’Etat dont il est le ressortissant et qui supprime, de fait, toute possibilité pour un état d’exercer sa souveraineté dans les domaines dits des "droits de l’Homme".

Ce qui revient à terme, à contraindre la France, au besoin par la force, à légaliser l’adoption des enfants par les couples homosexuels ou le regroupement familial sans limites.

Ce véritable coup d’état des forces apatrides et vagabondes va très loin sous le masque d’un traité simplifié et réduit.

Ainsi, si les symboles de l’Union, drapeau, hymne et devise ne sont pas mentionnés, ce n’est pas parce que le principe en est abandonné, c’est simplement parce qu’ils ont déjà été adoptés par le conseil des ministres européen et s’imposent sans qu’il soit besoin de les rappeler.

De même les rédacteurs du traité simplifié n’ont pas jugé nécessaire de mentionner la supériorité de la norme européenne sur la loi nationale. Toutes les juridictions françaises l’admettent et lui subordonnent les principes et dispositions constitutionnels nationaux chaque fois qu’ils entrent en contradiction avec elle.

Quant au principe de "concurrence libre et non faussée" dont l’Escrozy prétend qu’il a disparu du Traité, il figure dans un protocole additionnel comme un "instrument politique majeur".

Tout cela est le résultat d’un complot mis en route dès le lendemain du "Non" au référendum. Le lundi 6 juin 2005, le ministre français des affaires européennes d’alors, Catherine Colonna, avait proclamé officiellement contre toute évidence que la France avait montré son désir de voir le processus de ratification se poursuivre.

C’était le premier anneau d’une chaîne de mensonges et de trahisons que Sarközy a achevé de forger en deux ans et qu’il a passée au cou des Français dès qu’il a été mis en position de le faire.

Ce traité imposé au peuple français contre sa volonté souveraine exprimée par voie référendaire constitue, répétons-le, une forfaiture.

Et à ce propos, il est tout de même troublant que le mot lui-même de forfaiture ait disparu de la Constitution française comme du code pénal. A l’insu de la plupart des observateurs.

Il faut donc se rabattre sur un autre vocable : "haute trahison".

L’article 68 de la constitution l’emploie mais d’une telle manière que l’effet en est pratiquement annulé. Cet article stipule en effet que : « Le président de la République n’est responsable des actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions qu’en cas de haute trahison. Il ne peut être mis en accusation que par les deux assemblées parlementaires statuant par un vote identique au scrutin public et à la majorité absolue des membres les composant : il est jugé par la Haute Cour de justice. »

Mais là encore, toutes les précautions ont été prises pour priver cet article terrible de tout effet.

Premièrement : les rédacteurs ont tout simplement oublié de définir la "haute trahison" préférant laisser la Haute Cour apprécier souverainement ce que recouvre cette notion. Seul Jean Gicquel, ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature, a proposé de qualifier ainsi « un manquement grave du chef de l’Etat aux devoirs de sa charge, tels qu’ils sont énoncés à l’article 5 de la Constitution, ou, si l’on veut, en cas de violation manifeste de la Constitution ».

Or cet article 5 prévoit que « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’Etat. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités. »

On voit le piège : comment poursuivre le chef de l’Etat pour haute trahison au motif qu’il n’a pas défendu, voire qu’il a bradé "la continuité de l’Etat et l’indépendance nationale dont il est le garant" si, justement, il a agi au nom du "respect des traités" qu’il a mission d’imposer ?

Ce qui est précisément le cas avec le traité constitutionnel européen destructeur de l’indépendance nationale.

A supposer donc que les députés et sénateurs aient le courage d’entamer une telle procédure, elle se heurterait à cette contradiction interne.

L’affaire est, on le voit, ficelée par un inextricable noeud gordien.

Sauf, bien sûr, à imaginer un nouvel Alexandre qui d’un coup d’épée... Après tout, c’est bien la plus républicaine de toutes les constitutions française, celle de 1793, qui proclamait dans son article 3 : « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple le plus sacré des devoirs » ; et c’est bien Saint Thomas, le docteur angélique, qui légitima le droit de résistance à l’oppression et même le tyrannicide pour peu que le chef de l’Etat soit "déposé" par la volonté du peuple qui l’a institué.

Si Sarközy réconcilie l’Antiquité, l’Eglise et la Révolution, il aura bien mérité de se reposer...

Igor Veroff
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