Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 416 du 22 octobre 2007 - pp. 2 et 4
Lettres de chez nous

La rédaction du Libre Journal demande pardon aux centaines de lecteurs et de personnalités dont, faute de place, faute de personnel, ou faute de temps (pour trier, dactylographier, etc.), elle ne peut publier les lettres, toutes de la plus haute qualité.

De La Madrague

Serge est parti de ce monde plein de "nuisibles". Ses qualités d’intelligence et de courage nous manqueront énormément mais son souvenir sera toujours présent par ses écrits et les enregistrements de ses fameuses émission sur Radio Courtoisie. Nous pensons à vous, à votre chagrin et à votre immense tristesse. Mais rien n’est perdu ! Dieu, là-haut, permettra de le retrouver.

Avec tristesse et beaucoup d’affection,

Bernard d’ormale

Le vrai tombeau des morts c’est le coeur des vivants ! Il restera vivant dans mon coeur. Je vous aime.

Brigitte Bardot
De "Présent"

Nos amis du quotidien national-catholique ont rendu compte de la disparition de Serge de Beketch avec plus d’éclat que tout autre titre. Lui consacrant leur "une" entière le 9 octobre (fac-similé intégral en p. 10 de ce L.J.), trois pages de Présent littéraire le 13 octobre, faisant une large place à l’équipe du L.J. (Monchaux, Olmetta, Gofman), et plusieurs autres articles de Jeanne Smits, Caroline Parmentier, Alain Sanders et Olivier Figueras. Le 17 octobre encore, Me Jacques Trémolet de Villers consacre une page complète à la mémoire de Serge, notant que « le 12 octobre, à Sainte-Odile, la cérémonie qui accompagnait son départ disait la plénitude de sa réussite. Modeste ou grandiose, petite ou grande en nombre, il est rare que la cérémonie des obsèques ne soit pas la signature authentique d’une vie. (...) Pour Serge de Beketch, la signature ressemblait à un couronnement. Tout le mouvement national était là et cette communion des clans les plus opposés prouvait que celui qui les réunissait était bien un artisan de paix. Les sourires, à la sortie, se mêlaient aux larmes et chacun éprouvait le besoin de dire son affection à son voisin. Autour du corps de celui qui s’en allait, la chaîne d’amitié resserrait les vivants comme s’ils ne voulaient plus se quitter... »

Du "Paquebot"

Serge de Beketch n’est plus. Il restait hier encore l’un des rares polémistes de notre temps veule et décadent. Fils d’un légionnaire russe mort pour la France à Dien Bien Phu, il chassait de race. Patriote que les trahisons et les bassesses infligées à la France encoléraient au rouge, il avait les emportements d’un "Roland furieux", mais aussi, dans l’intimité familiale ou amicale, des tendresses inattendues et un humour subtil. Depuis longtemps taraudé par la maladie, avec un stoïcisme chrétien, il a été jusqu’au bout du sillon. Nous n’avons pas toujours été d’accord sur les détails, nos sites d’action étant fort différents, mais toujours cependant sur l’essentiel qui nous dépassait. Au moment de s’arracher aux affections terrestres, nous sommes de tout coeur avec Danièle, Cyril et Emeric.

Jean-Marie Le Pen

Avec Serge de Beketch, la cause nationale perd un esprit acéré, d’une ironie mordante, d’une très grande culture, et d’un courage exceptionnel. Nos positions ont parfois divergé, mais l’amitié ne s’est jamais perdue. D’un total irrespect à l’égard de la dictature du prêt-à-penser et du "politiquement correct", Serge a payé très cher, devant les tribunaux de la police de la pensée, sa liberté de ton. Il avait conservé intacte une qualité précieuse : la faculté de s’indigner des travers de l’époque... Nous relirons son "Dictionnaire de la Colère" et son "Catalogue des Nuisibles" en pensant qu’il est des plumes qui valent cent épées. La France perd l’un de ses derniers grands polémistes. C’est un mot qui veut dire "combattant". Il a mené le bon combat.

Bruno Gollnisch
D’Aix-en-Provence

Attristé par la perte d’un confrère aussi audacieux, novateur et non-conformiste que l’était Serge de Beketch, je tiens à vous dire toute ma compassion et vous assurer de mes prières. Lors de la publication de mon livre "Traversées de la France", en 2004, Serge de Beketch m’avait adressé le plus beau compliment reçu à propos de cet ouvrage : « C’est un livre très français ». Pour ça et pour tout ce qu’il a fait pour nous informer, je n’oublierai jamais le disparu.

Jean-Pierre Péroncel-Hugoz
Une même foi

Le rappel à Dieu de Serge de Beketch m’affecte profondément. Près d’un quart de siècle d’une grande amitié bâtie sur une même foi, le même amour de la France et de la Chrétienté nous unissait en effet. Quelques franches divergences toujours surmontées n’avaient fait que la renforcer. Mais au-delà de l’ami que je perds, du deuil que je partage avec son épouse Danièle, ses enfants Cyrille et Emeric et leurs familles et auquel s’associent tous les amis de l’AGRIF, du Centre Charlier, de Chrétienté-Solidarité, c’est toute la résistance nationale, la résistance du pays libre qui ressent aujourd’hui l’affliction du départ d’un de ses acteurs irremplaçables.

Serge de Beketch n’était pas passé par une moderne école de la presse alignée, il avait tout appris sur le tas. Mettant au-dessus de tout sa liberté de jugement et d’expression, il était avant tout un journaliste libre, refusant toute soumission au prêt-à-penser, au politiquement correct, à la démocratie religieuse, aux lobbies qui existent ou n’existent pas. Il était de la race des grands polémistes, sachant dans son Libre Journal de Radio Courtoisie alterner les coups de gueule sur l’actualité avec l’exquise gentillesse pour tous ses invités dans les registres les plus variés, même s’il n’en partageait pas toutes les convictions. Conteur prodigieux et homme de radio passionnant, il était en même temps un artiste de l’éditorial qu’il savait souvent ciseler avec tous les dons de son esprit et notamment son humour. La presse libre, si rare aujourd’hui, perd un homme irremplaçable au poste qu’il tenait. Il a quitté ce monde dans la foi et dans l’espérance. Nous continuons son combat.

Bernard Antony
Ndlr : la revue "Reconquête" de Bernard Antony prépare un hommage volumineux à SdB.
Chère Danièle,

Ce matin (12 octobre), je me suis rendu à ma petite église, Saint-Pierre du Gros-Caillou, pour communier avec toi. Une affreuse arthrose des genoux et du dos m’empêche de me déplacer correctement plus de 500 m, et de descendre ou monter des marches, ce qui explique pourquoi l’on m’a si peu vu dans notre famille...

Dès les deux derniers numéros du Libre Journal, j’ai bien "senti" qu’il se passait quelque chose et j’ai commencé à m’inquiéter. Hier, j’ai vu le faire-part dans Le Figaro. L’après-midi, bouleversé, j’ai allumé une flamme, j’ai pleuré. J’étais le meilleur ami de Serge (il me l’a dit), malgré les années qui nous ont séparés, lui avec qui j’ai passé tant de dizaines d’heures (et pas seulement au micro). Je ne sais si j’étais encore son meilleur ami, entouré qu’il était des milliers de personnes de sa cour. Mais il a été l’un des garçons les plus importants de ma vie, celui qui m’a confié que, depuis le jour où il t’avait épousée, il t’aimait chaque jour plus que la veille.

Danièle, depuis hier matin, à chaque instant je prie pour lui, et je lui parle. Je ne t’ai vue que quatre fois dans ma vie, mais je t’ai toujours aimée. avec mon coeur.

Roger Minne
Mon cher Gofman,

Il est évident que, vu la personnalité de Serge, vous allez avoir beaucoup de mal à faire sans lui. Non seulement pour son apport rédactionnel au Libre Journal, mais aussi par l’énorme écho qu’avait le L.J. radio, et qui motivait les lecteurs. Il va sans dire que si vous avez besoin de dessins je suis très amicalement à votre disposition (...). Et si un jour vous organisez une réunion, une soirée-spectacle, je viendrai bien sûr avec plaisir produire mon tour de caricaturiste-chansonnier. Bon courage et amitiés à tous.

Pinatel
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