Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 416 du 22 octobre 2007 - p. 6
Un grand journaliste
Seul défenseur de Baudis en 2004

Combien de fois j’ai trépigné de plaisir, je me suis, seul, gondolé, tenu les côtes, explosant d’un fou-rire incoercible, en entendant le premier quart d’heure de l’émission du mercredi ! Quelle déception (que les suppléants me pardonnent) quand ce n’était pas le patron qui, entre Gofman et "Le Marquis", tenait la barre. Ce moment nous l’attendions, avec l’éditorial du Libre Journal papier, comme le coup de gueule nécessaire et bienfaisant, rituel, contre ces choses que la plupart des journalistes se contentent d’observer à la longue-vue ou au mieux de brocarder gentiment, et que lui épinglait avec une sûreté d’entomologiste. Pour la percussion et l’efficacité, j’évoquerai Léon Bloy, qu’il aimait tant !

Vu de l’intérieur - puisque j’eus la chance d’être invité à cette émission -, je revois le personnage qui, entre deux quintes de toux suivies de rasades de son éternelle bouteille d’eau, savait prendre la balle au bond, relancer, approfondir, et faire partager ce qu’il aimait au bénéfice de son auditoire, dans un temps où les interviewers sont essentiellement des castrateurs, des boulets aux pieds, des empêcheurs de danser en rond, des pots de mélasse, des faux-culs et des éteignoirs. Lui allait toujours vers le haut, le risque et la démesure de la liberté et du courage.

A ce propos, comment ne pas rappeler sa prise de position radicale sur Dominique Baudis, qu’un mutisme général condamnait d’avance à partir de sa pitoyable et transpirante intervention télévisuelle ? Alors que rien ne l’obligeait à témoigner à décharge pour cet adversaire politique, Serge de Beketch fut le premier à affirmer haut et fort qu’il s’agissait d’une machination, d’un probable règlement de comptes (alors relayé par les télés, qui viennent de courageusement le "dénoncer" à grands cris, trois ans après ! ndlr). Et l’avenir, une nouvelle fois, donna raison à la générosité du rhinocéros !

Quand je lui parlai de mon ami Philippe Régniez qui, exilé au Paraguay, venait de créer dans des conditions bien difficiles "La Reconquête", maison d’édition en ligne (Internet, ndlr), immédiatement Serge lui offrit sa vitrine : promotion sur les ondes, recensions, quatrièmes de couverture entières de son journal (et intermédiations qui lui coûtaient au lieu de lui rapporter, ndlr). Il était immédiatement attentif, attentionné, efficace, et avait d’emblée le coeur sur la main pour tout ce qui servait la cause de la foi, de la patrie et de la lumière.

Je finirai par sa prétendue "exagération", à certains si compromettante. Pour nous ce sera toujours, éternellement « ce mot des lâches et des niais, que les hommes jetteront perpétuellement à la figure de quiconque aura l’audace de parler avec fermeté de quoi que ce soit ! » (Léon Bloy). Serge de Beketch était de ceux qui ne se tiennent pas à carreau, en toute occasion il se mouillait. Que notre Seigneur recueille cette âme à tous égard bien trempée !

Daniel Habrekorn
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