Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 416 du 22 octobre 2007 - p. 16
L’imprécateur mystique !

Fidèle auditeur des émissions de Serge de Beketch sur Radio Courtoisie, depuis les origines, en 1987, je n’ai fait réellement sa connaissance qu’au début de l’année 1996. En effet, entre l’âge de seize et vingt ans, j’avais admiré sa belle voix, ses saintes colères et l’intelligence de ses propos. Puis, quelques années s’écoulèrent et je trouvais que la qualité, de ses émissions, baissait. Je n’aimais pas le côté « entre-nous » et sa revendication satisfaite d’appartenir à « la famille », comme il qualifiait instinctivement l’extrême droite. Le ronron convenu du ghetto me déplaisait. Un conformisme chassait l’autre, J’observais un paradoxe surprenant : Beketch devenait le pilier d’un milieu politico-religieux auquel il ne ressemblait pas. Mon exaspération croissait. J’en venais alors à ne plus l’écouter sur les ondes.

Animant une émission mensuelle le samedi, je me concentrais sur celle-ci. Jusqu’au jour où, écoutant de nouveau la sienne, je fus conquis comme au premier jour. Son entretien avec Jean-Marie Le Pen était remarquable. Les questions fusaient avec une subtilité et une humanité qui rendaient l’échange supérieur.

Serge de Beketch n’avait rien abandonné de son inspiration, de son audace et de sa liberté d’esprit. Je lui écrivais aussitôt, en lui racontant mon cheminement vers lui. Quelques jours plus tard, je lui téléphonais au Libre Journal pour connaître son sentiment. Sa voix était virile et fluide ! Il me fit part de la bonne réception de ma lettre qui l’avait amusé. Puis, nous échangeâmes quelques propos peu louangeurs a l’égard du système et des médias.

Une semaine plus tard, nous déjeunions ensemble. Il venait de commencer sa chimiothérapie ! Nous parlâmes du catholicisme, et de l’islam, de la monarchie traditionnelle et du nationalisme de Maurras, mais aussi d’Evola et du fascisme, du Front National et de Le Pen. Nous constatâmes nos désaccords sur quelques points. Tant mieux ! Ce serait l’occasion de se revoir ! Il me fit également la proposition de collaborer à son Libre Journal. Ce que je fis par intermittence, mais sans jamais discontinuer.

Durant plus de dix ans, nous nous sommes vus régulièrement. J’ai appris à connaître celui que j’appelais désormais Serge, voir Sergio. Ce barde courageux et généreux ! Ce fou de Dickens et de Tolkien ! Cet imprécateur mystique possédant l’oeil du coeur ! Un jour - lorsque la place le permettra - il faudra évoquer le Beketch tellurique tendu vers le Ciel, conjuguant à merveille le naturel et le surnaturel. Pour l’heure, ne doutons pas que dans sa demeure céleste, il nous regarde tout en poursuivant son dialogue avec les anges. A Dieu Serge !

Arnaud Guyot-Jeannin
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