Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 1 du 21 avril 1993 - p. 10
Histoire de France
Vercingétozévicz et Yul César
par Aramis

AVERTISSEMENT

Fallait-il oser ? Telle est la question que se posaient les auteurs avant la rédaction de cette histoire de France onusienne racontée aux enfants. Aujourd’hui après les multiples succès des opérations humanitaires qui jalonnent les deux dernières décennies, la réponse est sans appel, comme le confirme le professeur Gaston Ropiteau(1) : "Le temps est venu de rompre avec la vision réactionnaire et primale qui voudrait que l’histoire de l’humanité, depuis la fin des temps géologiques, soit le fruit d’une violence profonde venue du fond des âges. Les campagnes telles qu’un bateau pour le Viêt-Nam, un Halftrack pour l’Irak, du riz pour la Somalie, etc...  nous ont démontré le contraire".

Forts de ce principe, nous avons classé chronologiquement les événements ; associant étroitement le processus de distribution des secours, les conditions de sécurité, les éléments du règlement politique et de la nécessaire réconciliation.

Aucune idéologie ne préside dans le choix des faits, c’est une vision aussi complète qu’objective qui est donnée.

Les auteurs : H. Plumeau et R. Jacob


(1) titulaire de la chaire de tolérance à l’université de Vierzon
***

Il y a très très longtemps, bien avant Raymond Barre, la France s’appelait la Gaulavie. Ses habitants s’appelaient les Gaulaves. Ils portaient des moustaches et ne craignaient qu’une chose : c’est que le ciel leur tombe sur la tête ! En un mot ils étaient naïf car même l’abbé Pierre ne croit plus en ces choses là ! Leurs prêtres s’appelaient des druides. Ils cueillaient le gui dans les arbres. C’est en souvenir des druides que l’on dit encore aujourd’hui : "Laisse béton Guy, j’ai les boules !"

Les Gaulaves enfin étaient très batailleurs et très méchants. D’ailleurs ils étaient aussi blonds. Ce qui n’empêchait pas la Gaulavie d’être une mosaïque ethnique où les peuples s’entredéchiraient. D’autant que les Gaulaves refusaient de rendre l’Alsace-Lorraine aux Germains venus de l’autre côté du Rhin.

Rien dans la logique de cette guerre barbare ne permettait d’espérer la paix. Surtout que les Gaulaves étaient très divisés. Ainsi la perspective d’une Gaulavie laïque, démocratique, respectueuse des droits fondamentaux de l’homme ne pouvait naturellement éclore.

Tout ceci se passait sous le regard hébété des peuples du monde et dans l’indifférence à peine dissimulée de la communauté internationale. Les risques d’extension du conflit étaient pourtant évidents.

Jugeant cette situation contraire au nouvel ordre mondial qui s’instaurait depuis Rome, Yul César décida d’un plan de règlement en trois points (veni, vidi, vinci) afin de mettre un terme à la barbarie. Seul un engagement massif et résolu pouvait en effet offrir un autre avenir aux femmes et aux hommes de ce pays martyr.

Mais cette arrivée salutaire des légions romaines, toutes casquées de bleu, ne fut pas acceptée par la minorité nationaliste, égocentrique et stupide qui, regroupée autour de son chef, le dictateur sanguinaire et paranoïaque Vercingétozévicz, poursuivait la guerre civile.

Par bonheur César, grâce aux catapultes, s’assura rapidement la maîtrise des airs, contraignant les milices gaulaves à se retrancher dans le camp d’Alésia. L’application stricte et immédiate de l’embargo international fit le reste. Vercingétozévicz, malgré de tonitruantes déclarations sur le détournement des vivres des convois humanitaires, fut désarmé et arrêté pour crime contre l’humanité. Six ans plus tard, alors que s’achevait l’instruction de son procès pour génocide, purification ethnique et refus du port du casque obligatoire, Vercingétozévicz se pendait dans sa cellule romaine. Le monstre assoiffé de sang disparaissait dans l’indifférence de la démocratie retrouvée.

(à suivre)

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