Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 2 du 30 avril 1993 - p. 24
Histoire de France
Attali le fléau des vieux
par Aramis

Le premier chapitre de l’Histoire de France onusienne consacrée aux Gaulaves a suscité un abondant courrier et soulevé de très nombreuses interrogations. En premier lieu, il convient de saluer le souci humanitaire manifesté au travers de l’immense majorité des les reçues. Ainsi M. Diakité M’Bow de Trégastel remarque-t-il : « Participant à la vie sociale, économique et culturelle française depuis plus de trois ans, j’ai, grâce à vous, Missiés les professeurs-patrons, compris ce que présentement je subodorais il y a beaucoup, beaucoup de sacs de pluie quant à l’origine tribale et cruelle du monde occidental. » Inversement, M. Merluchon, docteur à Chevilly-Larue, nous accable, mais il est le seul dans ce cas : « Vercingétozévicz s’appelait en réalité Vercingétorix et il ne s’est pas pendu comme vous l’affirmez ; il a été étranglé dans sa cellule. » Objectons à ce propos ce que la démarche scientifique commande : Premièrement, l’abolition de la peine de mort est indissociable de toute démocratie puisque l’on y célèbre la Liberté le 14e jour des calendes de juillet. Deuxièmement, lavez-vous les oreilles et cessez de proférer des âneries telles que Clio est la muse de l’histoire ! Chacun sait qu’il s’agit d’une voiture de petite cylindrée. Aux autres, merci.

H Plumeau et R. Jacob

***

La révolte gaulave matée, la paix et les droits de l’homme retrouvés, la Gaulavie connut toutes sortes de bienfaits. Les Gaulaves, qui vivaient alors dans des huttes en bois, apprirent à construire de belles maisons de maçon. « Aedificamus ad multos annos ! » proclamaient les promoteurs. La Gaulavie se couvrit ainsi de monuments tous plus beaux les uns que les autres : colonnade de Burenus, pyramide du Museum, amphithéâtre de l’Ergastule, etc. Tant de richesse et d’abondance faisait rêver les autres peuples. Epris du désir de s’intégrer dans cette société fondée sur l’égalité et la solidarité, les exclus (externi populi) ne tardèrent pas à affluer en deçà et au-delà des frontières : Vandales, Mozabites, Bambaras, Dileurs, d’autres encore. Il en venait de tous côtés et de toutes races. Ce qui fit dire à un personnage grave, mais sans accent : « C’est une chance pour la Gaulavie ! » Les Gaulaves ne surent, hélas, saisir la délicatesse du message. Petits bourgeois frileux, ils se groupèrent dans les villes, reléguant les exclus dans les banlieues. Cet égoïsme forcené, et pour tout dire gaulachouillard, ouvrit une période sombre et désolée faite d’incompréhension et de rejet de l’autre. De toutes les tribus étrangères présentes dans les cités-ghettos, la plus puissante était celle des Uns. On les appelait ainsi parce qu’il s’affirmaient eux-mêmes comme les possesseurs exclusifs de l’antériorité. Venus du fin fond de l’Orient, ils avaient la peau bistre, de grandes oreilles et chevauchaient de petites montures à 16 soupapes : les "Gétéhi". Leur chef se nommait Attali, surnommé "le fléau des vieux" car il avait projeté de supprimer tous les Gaulaves âgés, devenus, par la force des choses, coûteux car improductifs. Pétri d’humanisme et de bon sens, ce précurseur de l’économie socialiste à visage humain était cependant fort dépensier. « La où il passe, l’herbe ne repousse plus ! » éructaient les extrémistes gaulaves. Les scribes et l’ensemble de la classe politique condamnèrent ce dérapage verbal, indigne du débat démocratique.

De leur côté, les jeunes défavorisés des grands ensembles, victime de l’échec scolaire, s’indignèrent : « Si l’herbe ai r’pousse pu kesskon va fumé, pitin d’ta rasse ! »

Abandonné par ses troupes, Attali se mit à boire. Mal lui en prit, car c’est en suivant la route des vins qu’il atteignit la Champagne. Là, en effet, il se heurta à une manifestation paysanne qui exigeait que l’herbe repousse dans les champs catalauniques. Ce combat corporatiste d’arrière-garde provoqua la fuite d’Attali. Retardant de plusieurs années toute forme d’enrichissement mutuel de nos différences.

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