Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 3 du 11 mai 1993 - p. 23
Chers frères
Mois de Marie

Connaissez-vous la plus belle église du Perche ? Celle de Boissy-Maugis, sur la route de Montligeon. Son curé vient de mourir, quelle tristesse ! J’aimais faire enrager le curé de la paroisse voisine dont l’église, du XIIe siècle, venait d’être entièrement restaurée par les Monuments historiques. Je lui disais : « Pour moi, la plus belle église du Perche est celle de Boissy. » - « Ah non ! quelle horreur en comparaison de nos églises du Moyen-Age ! »

N’empêche, ma préférée à moi, c’est celle de Boissy, à cause de la foi qui s’en dégage, à cause de Marie.

Quand on entre, le regard est attiré par le Christ en Croix, tout au bout, au-dessus de l’autel, et, juste au-dessous, par le Christ au Tabernacle. Cela rappelle ce que c’est qu’être chrétien : suivre le Christ, aller vers lui, vivre de lui, l’adorer, l’écouter. Mais, avancez un peu et dépassez les premiers piliers. Vous êtes alors surpris par l’abondance des statues, des bas-reliefs, des vitraux (pas géniaux, faut le dire). La Vierge Marie est représentée seize fois ! Cela rappelle que, pour suivre le Christ, aller vers lui, vivre de lui, le contempler, nous avons besoin de Marie. Parvenu à la Table de communion, que vois-je ? Dans le choeur : Notre-Dame des Victoires, l’Enfant-Jésus dans les bras, et, de part et d’autre de l’entrée du choeur, une Pietà recevant Jésus à sa descente de Croix et une Vierge glorieuse donnant le Rosaire à saint Dominique.

Là où est le Christ, là est Marie. La Vierge Marie partage tous les mystères, joyeux, douloureux et glorieux de Jésus. Ainsi est-elle présente dans nos joies et dans nos peines. Ainsi le sera-t-elle dans notre éternité. Maintenant, retournez-vous. C’est la messe : la nef est... presque pleine. Eh ! Il y a mieux ici que des statues ! Il y a les fidèles. Derrière eux, j’aperçois les vitraux évoquant la présence de Marie dans notre histoire : N-D. de Sées, N-D. de Montligeon, N-D. de Fatima... Là où sont les chrétiens - c’est-à-dire le Christ encore - là est Marie. Car la Mère de Dieu est aussi notre mère.

Catéchisme ! : « Jésus est le Fils unique de Marie. Mais la maternité spirituelle de Marie s’étend à tous les hommes qu’Il est venu sauver : Elle engendra son Fils, dont Dieu a fait l’aîné d’une multitude de frères (Ro. 8,29) » (n° 500).

Abbé Guy-Marie
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