Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 5 du 2 juin 1993 - p. 23
Chers frères
Laissez-moi rigoler

A l’occasion de la journée des vocations, le secrétariat des évêques de France publie un texte du père Simon qui décrit avec réalisme une situation qualifiée de gravissime : « ... L’Eglise de France revit en quelque sorte, mais à froid, les étapes qu’elle a déjà traversées, de façon dramatique, sous la Révolution française de 1789 à 1801. Schématiquement, on peut ramener ce mouvement à trois phases : un transfert de compétence (de l’Eglise à la société civile), un retour aux cultes païens (magie, ésotérisme) et un processus de déclergification. » Puis le père Simon ajoute : « La référence à la Révolution française pourrait faire penser maintenant à un quatrième temps : celui de la Restauration. Le succès actuel de certains mouvements ouvertement traditionalistes semble confirmer cette perspective. Il y a indéniablement des vocations qui se présentent dans ces communautés. Et même dans les séminaires diocésains (...) nous rencontrons des jeunes qui tiennent ce langage de restauration. » Moyennant quoi : « Il ne faut donc pas penser que nous pourrons sortir de la crise présente des vocations par un retour pur et simple aux formes culturelles dans lesquelles s’est exprimé le catholicisme du XIXe siècle. L’Eglise n’aurait rien à gagner et elle n’accomplirait pas sa mission dans le monde si elle se liait à nouveau à un modèle théocratique, basé sur le refus explicite ou implicite des droits de l’homme, de la liberté religieuse, de la laïcité de l’Etat et de l’autonomie des réalités terrestres. Il paraît ni possible ni souhaitable de rêver d’un modèle de société dont la religion chrétienne serait de nouveau l’élément englobant. La solution à notre problème ne paraît pas devoir passer par une opposition frontale aux acquis institutionnels de la société civile et de la démocratie. » (!) Tel quel ! Je rigole... A l’évidence, l’espoir d’une restauration induit au contraire un zèle apostolique, une espérance religieuse conquérante, un abandon à la Providence propres à susciter des vocations qui puiseront leur spiritualité dans ce qui a fait la sainteté de l’Eglise du XIXe siècle.

Cette attitude est prophétique. Elle dénonce les idoles modernes : droits de l’homme et laïcité, qui stérilisent l’Eglise et dissuadent les vocations. C’est chez les "Tradis" que naissent la plupart des vocations.

Pire : ces jeunes qui veulent devenir prêtres ne sont pas tradis par tradition mais par raison.

Abbé Guy-Marie
Sommaire - Haut de page