Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 6 du 12 juin 1993 - pp. 4 à 7
Quelques nouvelles du Marigot
Ce que cache l’assassinat de René Bousquet

Le propos choquera sans doute mais, au lieu de la camisole de force qu’on lui prépare, c’est la Légion d’Honneur qu’il faudrait donner à Christian Didier, l’assassin de René Bousquet.

Son geste a sans doute fait économiser plusieurs milliards de francs à la France en mettant un point final à une opération politico-médiatique dont notre pays est la cible depuis quelques années et qui vise à faire passer les Français du statut de victimes du nazisme au statut de complices des nazis.

Les choses commencent au début des années 80.

Au lendemain de l’accession de Mitterrand au pouvoir, les médias se penchent tout soudain, et avec une unanimité troublante, sur le "passé vichyste" de notre pays. En quelques mois, radios, télé et presse écrite ne bruissent plus que d’enquêtes, de reportages, d’articles, de chroniques dressant et redressant le bilan épouvantable des "heures les plus sombres de notre histoire". Trois idées reviennent avec insistance :

Première idée : l’Epuration n’a pas vraiment eu lieu ; il faut "faire enfin le procès de Vichy" dont plusieurs anciens dignitaires occupent encore aujourd’hui des fonctions importantes.

Deuxième idée : l’Etat français n’a pas seulement collaboré avec l’occupant. Il a devancé ses exigences, notamment en ce qui concerne la politique anti-juive.

Troisième idée : la République française est comptable des crimes de l’Etat français.

Pour entretenir l’agitation, le lobby médiatique va s’autoriser les mensonges les plus flagrants avec la complicité béate de la classe médiatique, politicienne et universitaire.

Le plus impudent de ces mensonges consiste à prétendre que l’Epuration n’a pas eu lieu.

L’épuration à refaire !

Au lendemain de la libération, deux millions de Français (un actif sur huit) ont été arrêtés, jugés et condamnes ou frappés par des sanctions professionnelles officielles ou déguisées ; plus de cent cinq mille Français ont selon les chiffres du ministre de l’Intérieur socialiste de l’époque Adrien Texier, été exécutés sommairement. Cinquante mille ont été frappés de dégradation ou d’indignité nationale ; TOUS les dirigeants, ministres et hauts Fonctionnaires de Vichy ont été jugés et condamnés dans une ambiance hystérique d’expiation collective.

La Haute cour de justice a instruit cent huit affaires concernant des dignitaires du régime ; elle a prononcé cinquante-neuf condamnations, infligé dix-huit peines de mort, vingt-cinq peines de travaux forcés, quatorze dégradations nationales.

Elle ne s’est dissoute qu’en 1960, après un ultime procès contre Abel Bonnard.

Les cours de justice locales ont instruit cent quarante mille dossiers, jugé cent mille citoyens, prononcé sept mille condamnations à mort dont des dizaines de fonctionnaires, de policiers, de journalistes, d’écrivains qui ont été exécutés dans des conditions déshonorantes pour les bourreaux.

Les chambres civiques ont jugé cent quinze mille affaires, prononce cent mille condamnations à l’indignité nationale, cinquante mille peines de travaux forcés, cent vingt mille condamnations administratives.

Quarante-deux mille officiers de toutes les armées ont été jugés et condamnés, trente mille fonctionnaires, sept mille cheminots, cinq mille agents de l’EDF, trois cent trente magistrats, cent soixante-dix commissaires de police.

Ceux qui ont sauvé leur vie ont cependant perdu leur droit de vote, leur éligibilité, leurs grades, leurs décorations et, dans la plupart des cas, leurs biens meubles et immeubles.

Voilà ce qu’a été ce procès de Vichy qui "reste à faire » !

Le deuxième argument ne tient guère mieux. Prétendre que Vichy a surenchéri sur les exigences des nazis est contraire à la vérité. La preuve en est dans les chiffres avancés par deux historiens-procureurs, Poliakov et Wulf, dans "Le IIIe Reich et les Juifs". Alors que pas un seul pays d’Europe n’a été capable de sauver plus de 20 % de ses ressortissants israélites, la France en a sauvé 70 %, « y compris les réfugiés étrangers ». Sur trois cent mille juifs vivant en France en 1939 (cent dix mille autochtones, soixante-dix mille naturalisés de fraîche date et cent vingt mille étrangers), quatre-vingt mille ont été déportés : 30 % de la population. Cette proportion est la plus basse de tous les pays d’Europe en guerre, à l’exception de la Bulgarie où 14 % seulement des cinquante mille Israélites ont été déportés (mais la Bulgarie, refuge traditionnel de la diaspora, avait adhéré au pacte tripartite, ce qui maintenait intacte sa souveraineté nationale).

Enfin, le projet de faire payer à la République française les "crimes" de l’Etat français se heurte à une impossibilité juridique puisque De Gaulle a eu soin, dès son avènements au pouvoir, de décréter illégitime l’Etat Français, ce qui exclut le gouvernement illégal de Vichy de la continuité historique.

Mais de tout cela, le lobby n’a cure. Contre toute vraisemblance, contre toute vérité, il va continuer à soutenir que "le procès de Vichy" n’a jamais eu lieu et qu’il faut enfin le faire en traînant la Cinquième République au banc des accusés.

En vertu du principe talmudique amélioré, selon lequel "les pères ont mangé des raisins verts et les fils du voisin de palier en ont eu les dents agacées".

Pour cela, tous les moyens sont bons.

D’abord, un petit commando sous les ordres de militants staliniens enlève Barbie réfugié en Amérique du Sud. On rouvre l’instruction. Elle donnera lieu à un grotesque psychodrame, avec ruée de faux témoins et avalanche de mensonges historiques tels que le procès se terminera en eau de boudin. En outre, ce Grand guignol se révélera inutile puisque la condamnation de Barbie, fonctionnaire du Reich, ne peut évidemment pas retomber sur l’Etat français.

Quatre autres tentatives suivent. Toutes menées par un commando politico-juridico-médiatique cornaqué par Klarsfeld.

Avec rang de ministre

Elles visent Papon, Legay, Touvier et Bousquet.

Des trois premiers, l’un est mort, l’autre disparu, le troisième un comparse.

Restait donc Bousquet en qui le lobby plaçait toutes ses espérances.

Juger Bousquet, c’était juger l’ancien secrétaire général de la Police de Vichy. C’est-à-dire un haut fonctionnaire avec rang de ministre, un représentant légal du gouvernement du maréchal Pétain, pourvu de toutes les capacités et compétences, et donc de toutes les responsabilités attachées à cette haute fonction, un homme incarnant la politique de l’Etat français. Un responsable coupable.

En outre, le dossier Bousquet était un trésor médiatique. Bel homme au sourire carnassier, le plus jeune officier de la Légion d’Honneur de France aimait à se faire photographier, aux côtés du Maréchal comme en compagnie des autorités d’occupation. On pourrait donc produire au procès des documents "accablants" établissant sans contestation possible que l’Etat français avait, par Bousquet interposé, collaboré avec diligence à la politique antijuive de Berlin.

Alors pourquoi, demandera-t-on, le lobby a-t-il perdu tant de temps avec des comparses comme Legay, Papon et Touvier plutôt que de concentrer ses efforts sur ce gros poisson ?

La raison en est simple : Bousquet était un trop gros morceau. Un redoutable parrain de la mafia qui, sans souci des apparents soubresauts politiciens, règne sans partage sur ce pays depuis au moins trois quarts de siècle.

Bousquet représentait une énorme puissance financière, médiatique, politicienne et occulte.

Son pouvoir financier, c’est celui de la Banque d’Indochine, de la Banque commerciale africaine, du lobby du caoutchouc et des phosphates et de dix autres sociétés où il occupe des postes d’administrateur ou de directeur. De ces postes aux appellations désuètes mais qui représentent un pouvoir plus réel que bien des strapontins électoraux, il embauche les amis, verse des jetons de présence, offre des voyages d’étude, prend sous son aile les enfants et les protégés des ministres, finance discrètement les campagnes électorales. Dont celles de Mitterrand.

Son pouvoir politique, c’est celui du jeune fonctionnaire propulsé dans la carrière par son protecteur Roger Salengro, le ministre-héros de la légende dorée du socialisme. C’est celui de l’héritier des frères Sarraut, caïds de la politique française d’avant- et d’après-guerre (la légende faisait de Bousquet le fils secret d’Albert Sarraut, président de l’Assemblée de l’Union française). C’est le pouvoir du radicalisme qui, pendant plus d’un demi-siècle, a mis la France en tutelle. Monopolisant les postes, les sinécures, les prébendes, les réseaux ; entassant les fichiers, multipliant les obligés.

Son pouvoir médiatique, c’est celui de la presse de province, du quotidien radical La Dépêche du Midi, fondé par ses "pères spirituels", qui constitue quasiment la seule source de nouvelles pour un quart du territoire français et qu’il contrôle grâce à ses liens avec la veuve du fondateur, Evelyne Baylet. Le fils de cette dernière, baptisé "le veau sous la mère" et protégé avec une tendresse quasi paternelle par Bousquet, deviendra ministre de Mitterrand, ce qui établit l’étendue du pouvoir politicien de l’ancien secrétaire de la Police de Vichy.

Pour mémoire : La Dépêche du Midi, quotidien radical, franc-maçon et anticatholique sous contrôle de Bousquet-le-déporteur-de-Juifs n’a jamais cessé de mener contre le Front national une guerre incessante, recourant à tous les moyens : censure, diffamation, mensonge, trucages.

Hautes protections

Son pouvoir occulte, Bousquet le tient de la franc-maçonnerie à laquelle il appartient dans les hauts grades. Cela lui vaut la protection de ses "frères" et tout particulièrement d’Henri Noguères, haut dignitaire maçonnique et président de la Haute cour devant laquelle, en juin 1949, l’ancien fournisseur des camps de la mort sera, le jour même de sa condamnation pour collaboration, relevé de toute peine pour "services rendus à la Résistance".

Voilà l’homme auquel le lobby a décidé de s’attaquer.

On comprend que Bousquet ait considéré Klarsfeld avec un mépris de fer : « On vit dans une époque où n’importe qui peut poursuivre n’importe qui en justice... » disait-il à ceux qui lui demandaient son sentiment sur les tentatives de le faire inculper. Jamais il n’a pris soin de se cacher. Il se savait invulnérable parce que protégé par le président de la République.

Mais le lobby, constatant l’inanité de ses efforts, n a pas pour autant abandonné sa proie. L’enjeu était trop important. Il a donc tout simplement menacé Mitterrand en personne.

A ce moment, en effet, Klarsfeld écrit dans le magazine juif Passages : « Il y a une volonté, au-delà de la magistrature, de ne pas voir aboutir le procès Bousquet. C’est une volonté politique, c’est une volonté de François Mitterrand [...] à partir du moment où le Président se met en travers du chemin d’un dossier qui nous tient a coeur, j’ai réagi... »

En clair : si vous persistez à protéger Bousquet, nous lançons contre vous une campagne qui vous abattra.

Le pétard "L’Oréal" a alors été mis à feu.

Sous prétexte d’un différend professionnel entre un citoyen israélo-français et la firme de cosmétiques qui l’avait licencié pour ne pas déplaire à sa clientèle arabe, les médias ont rappelé, comme par mégarde, les origines de l’Oréal. Fondée par Eugène Schueller, financier de la "Cagoule", organisation clandestine anticommuniste d’avant-guerre qui eut recours au terrorisme et dont la plupart des dirigeants se retrouvèrent à Vichy, cette colossale multinationale française employa Mitterrand immédiatement après la guerre.

Le futur président de la République dirigeait alors Votre Beauté, magazine féminin de la société du cagoulard Schueller. Il était en contact professionnel, politique et amical avec le ban et l’arrière-ban de la collaboration. Pas celle qui avait été décimée par les pelotons de l’Epuration. Non. Celle qui, à coups de liasses de gros billets, était sortie sans dommage de cette période difficile.

L’avertissement de Passages était clair : ou Mitterrand lâchait Bousquet ou il plongeait dans un maelström de révélations sur son passé de porteur de la Francisque.

Comme d’habitude, le sphinx a décidé d’attendre. De laisser du temps au temps. Et il a eu raison puisque Christian Didier, un redoutable agité du bocal qui, depuis quinze ans, ne pense qu’à faire parler de lui pour trouver un éditeur à ses élucubrations mystiques, a mis fin au débat et "éteint l’action de la justice".

Au fond, que voulaient donc ces vengeurs qui, un demi-siècle après, prétendaient ouvrir, au travers d’un débris octogénaire du radical-socialisme franc-maçon et collaborationniste, le procès de la France tout entière ?

Il faut savoir que, depuis la fin de la guerre, l’Allemagne verse en moyenne quatre cent millions de dollars par an à Israël au titre de la réparation des dommages de guerre. En 1995, ces versements cesseront.

Israël a tenté d’imposer à l’Allemagne de l’Est le relais de cette contribution. Sous le régime communiste, le régime de Potsdam, qui n’avait pas de relations diplomatiques avec l’Etat hébreux, faisait la sourde oreille. Depuis la réunification, les autorités allemandes soutiennent que la RFA a payé pour les deux Allemagnes.

L’espoir israélien de faire financer par l’Ancien Reich l’implantation des Israélites soviétiques dans les territoires occupés s’est donc effondré.

Faire payer la France

Il fallait donc trouver un nouveau bailleur de fonds qui se substitue aux Allemands.

C’est ce qui a décidé la mise en branle de la campagne de diffamation et de sidération contre la France réputée complice des nazis hier et antisémite aujourd’hui. D’où l’opération menée sur deux front : celui de l’histoire, avec le matraquage médiatique et cérémoniel incessant des "années les plus sombres" ; celui de l’actualité, avec le mensonge de l’inflation antisémite, des attentats racistes, le montage de Carpentras, etc.

Dans une telle ambiance, la France ne pouvait plus différer le procès de son passé. Bousquet jugé, c’est l’Etat français qui était condamné.

Et, "moralement", aux yeux de la communauté internationale, la République française était obligée de réparer les crimes de l’Etat français comme l’Allemagne fédérale avait payé pour des crimes du IIIe Reich.

Aujourd’hui, les quatre balles tirées par un paranoïaque ont mis fin à ce beau rêve.

Bousquet ne sera pas jugé.

L’Etat français ne sera pas condamné. La République ne pourra pas être mise à l’amende,

Au pire, les vengeurs pourront punir Mitterrand en faisant médiatiser par leurs relais habituels le dossier complet de son passé que seul le Crapouiliot avait publié jusqu’ici dans un silence total.

Mais cette punition restera sans bénéfice pour personne.

On comprend mieux, dès lors, l’incongru concert de lamentations qui a accueilli l’exécution de la bête immonde. Klarsfeld : « un événement navrant », le CRIF : « les familles sont désolées de cet acte contraire à leur intérêt », le MRAP : « seuls se réjouiront les révisionnistes », Me Quentin : « c’est la consternation », l’Union des étudiants juifs de France : « nous regrettons... »

Et l’on mesure le sens caché de l’appel incroyable du grand rabbin Sitruk qui, au mépris de toutes les règles en usage dans les pays civilisés où la mort éteint l’action de la justice, appelle de ses voeux : « un procès posthume ».

Avec dommages et intérêts, bien entendu.

Serge de Beketch
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