Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 6 du 12 juin 1993 - p. 24
Histoire de France
Charles le fou
par Aramis

Par un incroyable subterfuge, René Bousquet aura donc échappé à toute condamnation pour crimes contre l’humanité. L’audace avec laquelle l’ancien secrétaire général de la police de Vichy s’est soustrait à la justice pose désormais un problème de droit. Ce que relève fort justement le député RPR Pierre Maso. Ce brillant parlementaire, président de la commission des lois de l’Assemblée, s’est en effet étonné que, comme il se devait, René Bousquet n’ait pas été exécuté à la Libération. Cette défaillance mérite d’être relevée d’autant que la justice disposait alors des moyens les plus complets mis à sa disposition pour l’exercice de sa tâche. On relève ainsi pêle-mêle le droit à la tonte des femmes, l’introduction de fer rougi dans le fondement, l’application soignée du marteau pour l’enfoncement des boîtes crâniennes et la brisure des ossements, l’arrachage à la tenaille de la dentition, le découpage savant des membres à la scie circulaire et accessoirement le peloton d’exécution proprement dit. La régression de l’esprit civique a, depuis, malheureusement singulièrement réduit l’éventail de ces instruments de défense de l’humanité. Comme l’illustre une devinette circulant dans les couloirs du Palais Bourbon : "Sado et Maso sont au RPR. Sado tombe à l’eau. Qu’est-ce qui reste ?... Maso !"

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L’événement qui va suivre mériterait d’être effacé de nos mémoires car indiscutablement il appartient aux heures les plus sombres de notre histoire. Si nous l’évoquons courageusement et sans complexe aujourd’hui, c’est avant tout pour servir aux jeunes générations afin qu’elles comprennent que de telles choses ne doivent plus se reproduire.

Après une première tentative (voir "Attali, le fléau des vieux") et un premier échec d’enrichissement mutuel des cultures, une nouvelle chance allait se présenter aux Francs. Venus de loin, plus loin que la Mer Rouge, arrivaient, à travers l’Espagne qui les avait reçus, les Sarrasins, montés sur de rapides chevaux. Leur désir d’intégration était grand et sincère. Ils l’exprimaient d’une manière simple et conviviale qui tenait en une formule : "Allah est grand et Mahomet est son prophète !"

Cette assertion laudative aurait pu, par son extrême dénuement, constituer une bonne base de négociation. D’autant plus qu’elle faisait la part belle à un élan de générosité certain de la part des Sarrasins qui se déclaraient franchement prêts à accueillir les survivants dans la religion musulmane. Cette ouverture progressive se fit à grands coups de cimeterre et aurait dû se poursuivre jusqu’à Paris et au-delà si la xénophobie et le racisme avaient été combattus comme il se doit.

Ce ne fut pas le cas. Un duc franc, prénommé Charles, flattant les plus bas instincts du peuple, institua ce qui apparaît désormais comme les sources du nazisme. Fermement persuadé que la pureté du sang franc est la condition primordiale de la durée future du peuple franc, animé de la volonté inébranlable d’assurer l’existence de la nation franque pour les siècles à venir, il décréta l’interdiction des mariages mixtes, des galettes de sarrasin et du port du tchador. Un tel projet ne pouvait germer que dans un esprit mégalomaniaque et déséquilibré. Voilà pourquoi les chercheurs de notre temps s’accordent à dire que son surnom de Martel provient bien de son état mental. Et que la justesse populaire traduit par l’expression quelque peu triviale de : "Il est complètement marteau". Entraînés par ce criminel de guerre, les Francs exterminèrent de façon effroyable les musulmans près de Poitiers.

Par un truchement insensé une petite commune du Lot porte actuellement le nom de ce personnage diabolique. Par bonheur, un ouvrage dense et argumenté édité par la municipalité socialiste détruit avec force, tout au long de ses huit pages ronéotypées, l’idée malsaine selon laquelle un tel rapprochement est concevable.

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