Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 7 du 23 juin 1993 - pp. 4 et 5
Quelques nouvelles du Marigot
Mouvements migratoires : chevaux de Troie dans le bloc occidental

Le capitaine Jean-Marie Curutchet, qui fut l’un des chefs de l’OAS militaire et l’un des fondateurs du CNR, restera l’une des figures les plus nobles, les plus désintéressées et les plus pures du combat pour l’Algérie française.

Un de ces hommes qui auront, un demi-siècle après le Père de Foucauld, que l’on pouvait vraiment transformer les Arabes et les Kabyles d’Algérie en citoyens français pourvu que l’on sût les arracher (ou au moins ne pas les soumettre) aux terribles pesanteurs de l’Islam.

Lors de son procès, au mois de juin 1964, assuré qu’il marchait vers la mort sur les pas du colonel Bastien-Thierry fusillé un an plus tôt, ce jeune officier, étranger à tout sentiment raciste, fit la déclaration suivante, pou tenter d’éclairer les choix d’un soldat que toute sa vie avait porté au respect scrupuleux de la loi morale et de la légalité et qui se retrouvait soudain dans la situation d’un hors-la-loi : « La renaissance de l’islam est l’un des phénomènes capitaux de ces vingt dernières années. Le but dominant mais voilé que se proposent les "croyants" est la résurrection du glorieux passé par un retour aux sources pures de la doctrine coranique ». Et il ajoutait : « Ce glorieux passé, c’est la ruée périodique des nomades vers les terres cultivées, c’est la guerre sainte sous la bannière d’un Mahadi, qui peut abandonner demain la forme brutale des chevauchées guerrières pour celles, plus subtiles, de mouvements migratoires collectifs et concertés introduisant de véritables chevaux de Troie dans le bloc occidental »...

A l’époque, on trouva sans doute incongrue l’idée que des fellahs pouilleux puissent un jour, armés de leur seul taux de fécondité, mettre en danger la civilisation marchande européenne toute tendue vers un progrès humain à base de voiture individuelle, de frigo, de cités radieuses et de vacances à la carte.

Curutchet passa pour un Cassandre, ce qui, peut-être, lui épargna le peloton d’exécution.

Trente ans plus tard, personne ne nie sérieusement la réalité de ces « mouvements migratoires collectifs et concertés introduisant de véritables chevaux de Troie dans le bloc occidental ».

Ils constituent même le sujet de préoccupation le plus urgent qui mobilise les autorités des différentes nations européennes où les communautés musulmanes pèsent d’un poids de plus en plus lourd sur l’économie et le social, bien sûr, mais aussi sur les idéologies et la politique.

En France, le laxisme en matière d’immigration, vainement dénoncé depuis vingt ans par la droite nationale comme le principal danger menaçant la sécurité, l’économie et la civilisation françaises, est aujourd’hui au centre du débat.

Du débat médiatique, s’entend.

Car sur le plan politique il n’existe sur ce sujet aucune différence de conception ou de projet entre la droite au pouvoir et la gauche d’opposition.

- A droite comme à gauche, on considère l’immigration comme une nécessité ou, au pire, une invincible fatalité.

Quand Charles Pasqua parle d’immigration zéro, l’homme "de droite" Pierre Chaunu répond comme l’homme de gauche André Comte-Sponville que « l’immigration zéro signifie en fait cent mille immigré de plus par an ».

- A droite comme à gauche, on rejette sans débat toute idée de préférence nationale.

Ce principe instauré par le Front populaire est aujourd’hui, en fait, condamné par la loi qui interdit, dans les offres d’emploi ou de logement, toute référence à la nationalité.

- A droite comme à gauche, on récuse toute référence ethnique, religieuse ou culturelle.

Un article publié par Le Figaro, sous le titre « Des immigrés aux yeux bleus », met sur le même plan les catholiques polonais assimilés depuis des décennies et les musulmans turcs venus clandestinement d’Allemagne où ils ne sont pas parvenus à s’intégrer en un demi-siècle.

Les principes confusionnistes, métisseurs et mondialistes assénés, au besoin par voie de justice, depuis un demi-siècle par la gauche laïque, franc-maçonne et droits-de-l’hommienne sont devenus la base obligatoire de tout débat sur l’immigration.

Ce qui ramène ledit débat à sa seule et médiocre dimension électoraliste.

La droite tente, par des mesures d’esbroufe sans effet réel sur l’immigration, d’apaiser des électeurs excédés par les effets pervers de l’immigration.

La gauche essaie, par le vacarme, de rameuter autour des "droits de l’homme" un électorat écoeuré par l’échec du socialisme et la corruption des élus.

Le tout dans une ambiance de terrorisme médiatique et d’incantations lamentatoires qui relève de la manipulation mentale.

Tous les journaux bien pensants, quels que soient leurs supposés a priori politiques, traitent sur le même ton de la situation des immigrés clandestins.

Dans France Soir, c’est le drame du « chômeur sénégalais » sans papier. Dans Le Figaro, c’est « Léopold le Zaïrois » qui « compte sur ses compatriotes déjà en place pour lui trouver un logement », au moins un lit. Dans Le Parisien, c’est Fatima qui vit le cauchemar de l’expulsion et n’ose plus prendre le métro de peur d’être contrôlée. Dans Libération, c’est une autre Fatima, fille de harki ballottée par la sottise administrative, qui voit son cas, navrant mais unique, abusivement généralisé. Partout, c’est le « designer » Sven Gupta, immigré indien devenu l’une des stars de la décoration, qui voit, lui aussi, son cas atypique transformé en exemple d’intégration.

La méthode est constante : personnaliser l’immigré clandestin, insister sur le caractère inhumain de l’expulsion, monter en épingle bavures ou réussites marginales, nier à longueur de colonne tout lien entre immigration clandestine et délinquance.

A l’inverse, Pasqua est donné comme l’incarnation de « l’état policier répressif », le « champion des plus inavouables fantasmes sécuritaires », « flirtant volontiers avec l’extrême droite » mais jouant en même temps au « dernier rempart contre l’extrême droite [...] comme, après la Nuit de Cristal, Goebbels eut le culot de présenter le régime nazi comme le dernier rempart contre les extrémistes nazis » (Globe).

Ces vitupérations ne sont pas innocentes. Par leur excès même, elles dédouanent en fait Pasqua, gros nounours inoffensif que la propagande de gauche s’amuse a travestir en croquemitaine, alors qu’il donne à ses ennemis toutes les garanties : nommant, ici, le prêtre défroqué socialiste Jean-Claude Barreau, là, l’architecte gauchiste Castro, ailleurs, le représentant autodésigné de la communauté israélite Gaubert, affirmant un jour que sa police a ordre de « contrôler aussi les blonds et les blancs » (à "7 sur 7") et appelant de manière quasi obsessionnelle "l’intégration" comme panacée de l’invasion.

Un tel tintamarre médiatique a l’avantage évident d’épargner à la droite au pouvoir tout débat de politique générale. La contestation par Séguin de la politique Balladur a d’ailleurs été immédiatement étouffée par la médiatisation outrancière des protestations de Simone Veil et Méhaignerie contre un amendement évidemment provocateur sur les contrôles d’identité.

Quant à la gauche d’opposition, ce vieux cheval de bataille lui évite de s’enfoncer dans une impossible défense de son bilan.

L’importance de l’enjeu donne la mesure de l’indécence de cet aveuglement.

Mais les choses peuvent-elles encore changer ?...

C’est le même Curutchet, qui voilà trente ans annonçait le cheval de Troie de l’immigration, qui aujourd’hui, dans un livre passionnant(1), émet le pronostic suivant : « En marche vers le chaos, nous avons déjà atteint un stade de dissolution tel qu’il ne paraît plus possible d’en sortir autrement que par un cataclysme ».

Serge de Beketch

(1) "La lumière de la liberté", Trédaniel éditeur
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