Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 8 du 4 juillet 1993 - p. 3
Editorial
Zombies, fauves et barbares

L’émission "SOS profs battus" est le réquisitoire le plus violent qui ait été prononcé depuis longtemps à la télévision contre la société française, civilisation à l’agonie qui livre aux fauves et aux barbares leur lot de proies à dévorer et de martyrs à sacrifier. Ici, les martyrs sont les enseignants et les bêtes immondes sont les jeunes qu’une prof, en proie à une sorte de délire mystique pour lequel on la traite par la psychiatrie, accusera d’être « possédés ».

Humiliés, insultés, battus, mutilés, volés, leurs familles et leurs biens menacés, des "profs" tentent désespérément de trouver une explication plus rationnelle à leur malheur. Vieux réflexe marxiste, ils incriminent la société « qui concentre les immigrés dans des ghettos pour ne pas avoir à s’en occuper, laissant à la drogue et aux armes à feu le soin d’anéantir, comme aux Etats-Unis, les plus excités ». Analyse primaire que contredisent, en France sociale-démocrate, les centaines de milliards lourds dilapidés en expertises, assistantes sociales, grands travaux de réhabilitation et construction de collèges aussi vite saccagés qu’édifiés.

Ces jeux du cirque, ce déferlement des barbares dans l’Empire (les "rodéos" en voiture et le modèle afro-américain célébré par Lang et les médias) évoquent irrésistiblement la décadence romaine que la « saine réaction populaire » naguère évoquée par Pie XII suffirait à endiguer.

Mais les Français n’ont plus la force de réagir.

Ils redoutent plus encore d’être traités de racistes que de se faire voler ou tuer.

Terrés comme des zombies, ils ne craignent rien tant que d’être arrachés au sommeil hypnotique qui constitue leur ultime défense, dérisoire et mortelle, contre les agressions du monde.

A ceux qui croient encore la résistance possible, il ne restera bientôt plus, contre les possédés, que l’exorcisme de la prière.

Nicolas Bonnal
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