Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 8 du 4 juillet 1993 - p. 24
Histoire de France
Charlemagne l’analphabête immonde
par Aramis

L’ensemble de la presse française rapporte l’incroyable nouvelle : « L’été sera chaud ! » A cela une raison essentielle : contre toute attente, que ce soit à l’Assemblée nationale ou dans le cadre des négociations du GATT, le Gouvernement n’a pas voulu inscrire avant l’automne le débat majeur pour l’avenir de la démocratie. Edouard Balladur aurait-il reculé sous la pression de certains ministres ? On le craint. Le nom de Jack Toubon est fréquemment cité depuis le 21 juin. Ce soir-là, placé sous le feu du direct par les télévisions, à l’occasion de la fête du solstice à coulisse en rut mineur, le ministre de la Culture s’est révélé incapable de se faire clairement identifier par les jeunes présents. Les plus sagaces qui l’observaient de dos ont parfois cité le nom de Gorbatchev. Car, outre la calvitie, M. Toubon partage avec l’ancien chef du Kremlin la particularité dermique de posséder un angiome. Cette tache de vin (ou naevus) se situant chez l’un, comme chez l’autre, au niveau de l’encéphale. Sur le front pour Gorby. Au sommet du dos chez Toubon. Quoi qu’il en soit, l’anonymat du ministre est total. L’été sera chaud ! En mettant fin à son mouvement de grève, le personnel de Météo-France renforce cette certitude. Très chaud même, puisque la droite s’obstine à ne pas reconnaître le plus imprescriptible des droits de l’homme : la célébrité.

H. Plumeau et R. Jacob

***

Poétesse distinguée, France Gale, veuve d’un éminent compositeur, aborde avec hardiesse en deux vers solitaires (car nous les avons isolés) toutes les données du problème qui nous occupe aujourd’hui :

Qui a eu cette idée folle
Un jour d’inventer l’école ?

Cette élégie, comparable dans sa gravité aux stances d’Amédée Limpidol ("Qui a eu cette idée folle, un jour, d’inventer les colles"), trouve son écho dans une deuxième strophe audacieuse par le rythme mélodique des sons :

C’est, ce, sacré Charlemagne !
Sa-cré Charlemagne !

Le choix, délibérément mélancolique de l’oeuvre, où le sens aigu du tragique l’emporte finalement, montre à quel point la personnalité du fils de Pépin s’est inscrite dans nos mémoires. Avant toute chose, Charlemagne est un fanatique religieux que l’on pourrait ranger dans la catégorie des intégristes lefebvristes. Violent et dur, il ordonne que tous ceux qui ne voudraient pas recevoir le baptême auraient la tête tranchée. Ce procédé inhumain accéléra à la fois les conversions mais aussi, hélas, les vocations. Cette obsession de l’ordre moral est indissociable de la France de Pépin. Charlemagne, ensuite, est un authentique impérialiste. Et, il va de soi, un tigre de papier. Par annexions successives, "Anschluss" au-delà du Rhin, "ricongiungimento" au-delà des Alpes, son royaume devint presque aussi grand que l’avait été l’Empire romain.

Charlemagne, enfin, doit être considéré comme l’initiateur de l’apartheid et de la sélection, ce qui revient au même. En effet, non seulement il entreprit une ghettoïsation systématique des jeunes en les enfermant dans des écoles ; mais encore il procéda personnellement au tri de ceux-ci. Les séparant arbitrairement en bons à droite et mauvais à gauche. Cette combinaison ignoble nous permet aujourd’hui d’affirmer que Charlemagne est bien le père d’Hitler. Ce qui, avouons-le sans crainte, renverse totalement la doctrine établie jusqu’alors et selon laquelle Pépin était considéré comme le fils d’Hitler. Dans l’état actuel de nos recherches analogiques, Le Pen, lui, ne serait que le voisin spirituel, voire le cousin spirituel de Charlemagne. La thèse de la fille spirituelle étant écartée pour l’instant par le tribunal de Nancy.

Sommaire - Haut de page