Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 9 du 15 juillet 1993 - p. 24
Histoire de France
Charlemagne et en plus malentendant comme un pot
par Aramis

Ses plus ardents défenseurs ne s’y sont pas trompés, la démocratie est une chose trop fragile. Le regretté Salvador Allende ajoutait : « Et trop sérieuse pour être confiée à des militaires ». Le relâchement, il va sans dire, n’est plus de mise, car la lutte pour la survie est un combat de tous les instants. Celle-ci exige à la fois vigilance et discipline. Discipline surtout, serait-on tenté d’ajouter, car on se demande sérieusement comment la démocratie pourrait découvrir la main cachée du chef d’orchestre clandestin dans la culotte du zouave si, lui-même, n’avait pas le petit doigt sur la couture du pantalon et le reste de la main dans la braguette du chef. Cette position difficile à soutenir permet aux plus aguerris de percer à jour les complots les plus diaboliques. Tel fut le cas de la conspiration nationale-bolchevique de la Closerie des Lilas. Qui révéla l’accointance entre un écrivain engagé, assis en compagnie d’une bouteille de vodka à la place qu’occupait Lénine en ce lieu, et la dame-pipi dudit établissement, abonnée à National Hebdo. Ce travail de recherche est l’apanage du journaliste d’investigation. Parfois confondu avec le fouilleur d’excréments, son rôle social est plus gratifiant car il participe à la sauvegarde de la cohésion républicaine. Nous n’aurons que deux mots : mer-ci !

H. Plumeau et R. Jacob

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Sélectif et arbitraire sont les maîtres mots de l’enseignement dispensé sous Charlemagne. C’est-à-dire qu’il fut résolument hostile à l’éveil des classes les plus défavorisés. L’exemple le plus flagrant de cette pensée ségrégationniste subsiste encore dans les mémoires à propos des trois opérations. Avec la première, rappelons-le, nous apprenons à additionner nos différences, source d’enrichissement. Avec la seconde, en revanche, nous apprenons à soustraire les tenants de l’exclusion. Ces deux méthodes de calcul sont actuellement les seules qui soient en conformité avec la déclaration universelle des droits de l’homme. Par perfidie Charlemagne choisit le moyen le plus prompt à séparer les individus, d’où son culte insensé pour la division. Division Charlemagne qui, fort heureusement, ne toucha que les classes 41, 42 et 43. Cette troisième opération fut plus communément appelée "opération Barbarossa" (du latin barba, ae, f : barbe, et du gênois rossa : rouge, car en latin rouge se dit rubeus, a um, ce qui au fond n’a strictement aucune importance, car cette langue est depuis morte et enterrée, N. d’A.).

Cette précision inutile nous amène à condamner fermement toutes les pseudos-démonstrations néo-droitières inspirées de Kant et d’Heidegger qui, maladroitement, s’évertuent à rendre plausible la thèse selon laquelle Barberousse serait un empereur allemand et la Coccinelle une voiture du peuple.

Charlemagne avait donc la barbe rouge. Dans un dessein démagogique, afin de s’attirer la sympathie de la jeunesse, il agrémenta sa pilosité de fleurs. Certains exégètes, emportés par leur fanatisme, placent cette pratique extravagante aux sources du mouvement hippy. Il s’agit bien entendu d’une spéculation purement intellectuelle que les faits infirment. A aucun moment, en effet, Charlemagne n’obéit aux préceptes de la philosophie hippie : « Make love, not war » et « Peace and love ». Il en prit très exactement le contre-pied en refusant à son tour d’acueillir les Sarrasins qui généreusement tentaient une nouvelle fois de nous faire partager leur message d’amitié entre les peuples. Un esprit avisé tenta habilement de le conseiller pour éviter que l’irréparable se produise.

Mais aux injonctions humanitaires de Ganelon, Charlemagne fit la sourde oreille. Infirmité commune à tous les traîtres (Pétain, Maurras), elle explique la mort de son neveu Roland. Qui, élevé dans le militarisme le plus exacerbé, préféra s’époumoner en jouant du cor dans un défilé à Roncevaux, alors que, quelques kilomètres plus loin, il pouvait, sans risque aucun, faire le clown à Gavarnie.

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