Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 10 du 25 juillet 1993 - p. 3
Editorial
Se servir de la France et ne pas la servir

La France vaut un million de milliards de francs. Ce patrimoine national comprend les prés et les forêts, les rivières, les lacs, les villages, les villes, les cathédrales et les musées, les routes et les voies ferrées, les usines et les fermes, les universités et les écoles, les hôpitaux, les prisons, les casernes, tout ce qui a été semé, planté, inventé, construit, mis en valeur par les hommes de notre pays.

En venant au monde, chaque enfant français se trouve donc riche de deux milliards de centimes.

Par sa seule naissance ? Non. Par les efforts, le travail, le sacrifice de ses ancêtres qui ont donné à la France leur intelligence, leur force, leur amour et parfois leur vie.

Les enfants d’étrangers nés en France n’ont aucun droit naturel à cet héritage que leurs géniteurs n’ont pas contribué à enrichir. Ils ne peuvent y prétendre qu’en contrepartie d’un acte au moins symbolique par lequel ils s’offrent à la France avec la même générosité que la France s’offre à eux.

Cet acte symbolique aurait pu être le serment d’allégeance que l’on envisagea un moment de demander aux postulants à la naturalisation, mais qui fut écarté sous la pression des lobbies cosmopolites.

Le service sous les drapeaux restait donc l’unique signe tangible de la volonté de devenir Français.

Le Conseil constitutionnel vient de l’effacer en décidant, contrairement au nouveau code de la nationalité, que les jeunes Algériens, ayant opté pour la citoyenneté française, pourraient accomplir leurs obligations militaires en Algérie.

C’est donner le droit à ces jeunes gens, et à eux seuls, de se servir de la France sans la servir.

C’est, je le répète, imposer aux Français des concitoyens qui ne seront jamais leurs compatriotes.

Il est troublant que ce soit le Conseil constitutionnel, institution née de la Révolution et présidée aujourd’hui par Robert Badinter, qui ait permis ce nouveau pas vers la destruction de notre nation.

Serge de Beketch
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