Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 10 du 25 juillet 1993 - p. 24
Histoire de France
Une belle bande de tarés
par Aramis

Hommage tardif, mais hommage tout de même, Léo Ferré vient de se faire décerner le titre de plus grand poète du XXe siècle. Désormais, Brel et Brassens sont relégués respectivement aux deuxième et troisième rang. Léo conservera-t-il le titre ? Là est la question puisqu’une inconnue demeure avec Charles Trenet. (Rassurons au passage les admirateurs du "fou chantant", l’inconnue n’est pas une créature du sexe, leur vedette n’a pas viré de bord, selon l’expression chère à Georges Brassens, plaisancier sétois). Léo Ferré est donc récompensé. Mais au prix de quelles compromissions s’interrogeront les vrais libertaires. Ils auront raison. Certes, il est regrettable, en cette occasion, d’émettre quelques suspicions. Mais force est de dire que Léo avait abandonné le terrain des luttes sociales. Nul, en effet, ne l’a revu, arpentant le pavé de Paris au volant de sa Jag’Van den Plas depuis plus de vingt ans. Est-ce une preuve suffisante ? Assurément non, mais un faisceau de présomptions que conforte son retour précipité à Monaco, capitale s’il en est de l’arrogance bourgeoise et capitaliste. L’inquiétude se fait plus grande encore quand l’on sait que Léo Ferré choisit à dessein le quatorze juillet pour abandonner définitivement l’antienne anarchiste du "Ni Dieu ni maître !" d’un "ni fleurs, ni couronnes" qui n’a, il faut le dire, ni queue ni tête.

H. Plumeau et R. Jacob

***

Les descendants de Charlemagne ne furent pas plus dignes que ceux de Clovis. Sans être grand clerc, il fallait s’y attendre. Le fils de Charlemagne s’appelait Louis. On le surnomma le Débonnaire, ce qui, entre nous, était une manière polie de dire crétin, gland, lopette. Il ne sut se faire obéir de personne. Aussi des révoltes éclatèrent et le désordre se mit partout, comme sous Giscard et Mitterrand qui, eux, ne sont pourtant pas idiots puisqu’on les a élus au suffrage universel. A sa mort, ce fut pire encore. Ses trois fils, qui étaient plus stupides que leur père, se battirent comme des chiffonniers pour se partager l’Empire. La France fut donnée au plus bête, un garçon frappé d’un mal alors incurable, la calvitie. Ce handicap explique le nom dont on l’affubla : Charles le Chauve. A l’instar de Charles de Gaulle qui engendra le gaullisme, Charles le Chauve suscita le chauvinisme, expression qui restera gravée à jamais dans la mémoire collective comme la forme primitive de la xénophobie la plus éhontée. A part cela, il était incapable, comme son père. Cette dégénérescence héréditaire, antiparlementaire et décentralisée se poursuivit avec son successeur qu’affectait une tare supplémentaire, la surcharge pondérale qui fit qu’on le nomma, de façon tout aussi affligeante que ses prédécesseurs : Charles le Gros. Après lui, ce fut un imbécile notoire, Charles le Simple qui acheva, il en était grand temps, la lignée carolingienne dont on peut dire qu’elle éleva les tares congénitales au sommet de l’Etat. Tandis que la France passait des mains du chauve au gros, puis du gros au simple (notons ici l’immense supériorité de la démocratie qui, à l’inverse de la lenteur despotique, offre, grâce au scrutin majoritaire, la possibilité de gagner un temps fort précieux en élisant d’un seul coup un gros abruti sans un poil sur le caillou ! Ce sont là des économies dont le peuple souverain peut légitimement être fier). Un personnage douteux allait percer.

Ce démagogue était, bien entendu, d’extrême droite. Il se rendit célèbre sous le nom de Robert le Fort. Les hommes et les femmes de progrès retiendront, eux, qu’il était le fils du boucher de Dreux.

Ce qui en dit déjà long sur l’individu, si l’on se souvient que Barbie fut le Boucher de Lyon et Jean-Pierre Stirbois l’élu de Dreux. Né Capet, Robert le Fort se fit le champion du front du refus lors du débarquement sur les plages de Normandie. Mais il ne put empêcher la libération des pays de Caux, de Bray, d’Ouche, d’Auge et des collines du Perche, qui s’inscrivait naturellement dans le sens de l’Histoire.

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